‹ La science du ménage [microforme]Chapitre 19 sur 33 · FR I Ne RE NN EN Cu ver os · texte numérisé non relu

FR I Ne RE NN EN Cu ver os

“ N’est-il pas vrai, ajoute un homme d'esprit que c’est un supplice épouvantable que de se savoir entre les griffes d’un être méchant, moqueur, qui, vous le supposez à bon droit, va porter ailleurs tout ce qu’il voit chez vous, que Vous nourrissez, que vous payez, et que vous ne pouvez souvent renvoyer, tant tous ceux qui viennent le trouvent complaisant et aimable ? ” 48. Autre genre de tyrannie, moins pénible mais plus triste.

Ecoutez cette conversation surprise dans une cuisine entre la domestique de la maison et la

domestique d’une dame étrangère qui, venue en visite, causait à cette heure dans le salon.

—Ma maîtresse n’a pas de caprices, disait la fille de la maison, répondant sans doute à une question de la domestique étrangère.

— Allons, allons, reprit l’autre avec un fin sourire, vous ne me ferez Jamais croire que votre demoiselle, quand, par exemple, sa :oiffu. re n'est pas à son gré, ou que la robe apportée par la couturière ne fait pas bien ressortir sa taille, ou qu'elle n’a pas assez brillé dans la soirée de la veille, parce qu’une autre était plus élégante qu’elle, ou qu’enfin, ayant mai dormi, ses yeux sont rouges et gonflés, vous ne me ferez jamais croire qu’elle ne s’en prend pas à vous et qu’elle n’est pas d’une humeur massacrante.

— D'abord, mademoiselle se coiffe toute seule ; elle fait ses robes elle-même ou les fait travailler sous ses yeux ; elle va peu aux soirées, et ensuite je ne lui ai Jamais vu les yeux gros.

Si elle a des peines, et je sais qu’elle en a, je vous assure qu'elle sait bien ne pas les changer en mauvaise humeur ; elle est avec nous habituellement souriante, #

—Mais c'est une “merveille que votre maftresse ! |

— Une merveille, non ; Une sainte, oui.

—La mienne n’en est pas encore là. Elle est bonne au fond, généreuse, prodigue même à ses heures, mais étourdie, mais capricieuse personne n’a pu rester deux ans avec elle.

Elle vous donne souvent dix ordres à la fois,

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et les uns, s’il vous plaît, contredisent complètement les autres.

—-Comment faites-vous alors ?

—Ma foi, je n’en exécute aucun. Croyezvous qu'elle se souvient elle-même de cette kyrielle de commandements ?

Et si, en me voyant, elle se rappelle ce quel: le m'a dit, elle entre en fureur, me donne toutes les épithètes imaginables, prétend que jamais elle n’a été si mal servie, et promet de me

chasser à la première occasion.

—Et alors ?

— Alors je laisse passer tranquillement l'orage ; je tâche de trouver quelque nouvelle bien réjouissante, je glisse un mot, et si ma maîtresse prête l'oreille, ce qui arrive d’ordinaire, je suis sauvée; nous nous mettons à jaser et on nous prendrait pour deux camarades.

Oh ! je sais bien ce qu’elle ne repousse jamais, allez: un petit compliment habilement ménagé, une comparaison à son avantage entre elle et quelques unes des jeunes dames qu’elle fréquente, un mot de fine médisance, un mystère que je lui laisse entrevoir, un lèger scandale que je raconte,

TL y a, à l'usage des femmes de chambre un peu habiles, tant de moyens de dominer une jeune fille vaniteuse !

—Mais savez-vous que c’est affreux cela !

CC LL En EE OS OT EC Te ....

Oui, c’est affreux ! Certes, elle est bien coupabie cette domestique qui abuse de l’ascendant que les petites passions de sa maîtresse

lui ont laissé prendre ; mais la moîtresse peutelle être sans remords ?

Oh ! par intérêt pour vous, soyez vertueuses et rendez vertueuses celles qui vous entourent,

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