L. loi morale
Nous avons subi des expériences assez dures peur que nous ayons quelque conscience des prodigieuses erreurs que nous avons commises dans la manière d'envisager et de calculer nos intérêts. Nous nous apercevons que les solutions pacifiques valent mieux que les solutions violentes; que les coups ne sont pas des raisons, el que les guerres étrangères et les guerres civiles coûtent cher, traînent à leur suite des malheurs certains et des bénéfices aléatoires.
A l'intérieur, le gros problème dont la France est en train d'élaborer la solution, c'est la substitution des moyens pacifiques aux moyens révolutionnaires, de l'évolution à la révolution.
Les désirs des travailleurs, mal définis jusqu'à présent, commencent à se transformer eu opinions qu'on peut discuter et saisir ; les capitalistes commencent à comprendre qu'il faut examiner leurs réclamations. Enfin, tout le monde se rend
' Laloi morale? Qutd? Il taudrait mettre cette locution au pluriel.
compte qu'une aation ne saurait être puissante si elle se dévore elle-même et si son gouvernement se donne pour politique de se fortifier en affaiblissant les individus.
Une des grandes forces des Anglais, c'est que leurs travailleurs savent que, dans un temps donné, par le libre jeu de leurs institutions, ils peuvent obtenir les réformes qu'ils réclament. A plus forte raison, la même conviction doit-elle exister en France, pays de suffrage universel.
Nos hommes d'État sont timides et ont peur d'encourir la responsabilité des réformes, parce qu'ils ne se sentent pas poussés par une opinion publique, ayant une perception nette de sa volonté. C'est cette opinion que tous les hommes qui ont de l'initiative et foi dans une idée doivent s'attacher à former.
Bentham a rendu un immense service à l'Angleterre en lui traçant un programme très net, qu'elle a suivi à travers des phases diverses, que développent et que soutiennent encore ses plus éminents penseurs. Il faut de même que la France adopte un plan de conduite, se donne un idéal d'action dont elle ne doit pas se laisser détourner par les événements quotidiens de la politique ; et ce programme peut se résumer ainsi : substitution, à la civilisation guerrière et sacerdotale, de la civilisation scientifique et productive.
Je reproduis ici les principales lois et conclusions formulées au cours de cet exposé de la Science économique, espérant qu'ainsi réunies et groupées elles présentent un ensemble dont les parties se tiennent et se relient.
I. L'économie politique est une science. Elle a pour instrument la méthode inductive.
II. Est besoin tout désir. Est utilité tout ce qui peut concourir à la satisfaction des besoins de Thomme. L'utilité est un phénomène essentiellement subjectif.
L'utilité n'existe que par l'appropriation des agents naturels*
La richesse est la possession des utilités.
L'homme s'approprie des utilités par son propre effort ou par l'échange.
Le travail ne représente pas la richesse, mais la pauvreté,, car il est l'effort pour se procurer Futilité.
Le progrès économique consiste à obtenir avec un minimum d'effort un maximum d'utilité dans un minimum de temps.
L'échange est le rapport des utilités entre elles.
Tout obstacle à ce rapport, ayant pour résultat d'augmenter l'effort nécessaire à l'individu pour se procurer celles qu'il désire, est un appauvrissement.
III. La valeur est le rapport de l'utilité possédée par un individu aux besoins d'un autre individu.
IV. La science économique étudie les lois qui régissent les efforts de l'homme à la recherche de l'utile.
Elle est la science de la valeur.
V. L'homme, dans sa lutte contre la nature, tend à obtenir : 1® Une appropriation d'agents naturels destinés à augmenter
la satisfaction de ses besoins et à diminuer ses efforts ;
»( ,U BCIBNOB teoffaHioiiB.
2> Une appropriation d'agenti utunls dettinés à TCndre postérisaromeiit plus tusS.i la utùfUtion de sea beacrin^.
Eat nUriU Vuit agei^ i^atarel afqwoprié pu i'honnw.
Tonte utilitd eat oa eaf&ài '
lA capital d'un indindn ert l'enaeinble des utiHtàa poasMées par.lui.
Le capital fi» eat louta otOité Sont le prod^ ne cliaDge pas l'idenlilé.
Le capital drealài^ iwt tonte ul^Iité dont la jirpdi^t.eliaiige liacntjté. ' ^^
Ou aulremeal : ^H
l,e capital fixe produit de l'utilité sans se transformer.^^
Le capital circulaol ne peut produire de l'utilité qu'en se transformant.
Ou plus simplement encore :
Le capital fixe, c'est l'aulil.
Le capital circnlanl, c'est la matière première et le proiluit.
CAPITAL Fin.
Sol;
Voilures;
Mines;
Animnui servant b Ter-
ploitatioa;
Uitsusiles de minage;
Outillages;
Meubles;
Navires ;
Objets d'art.