L'ESPACE
min de fer à faibles pentes et ne faisant pas de circuits prononcés, iO 000 kilogrammes.
Continuons : En 1840, les voitures de roulage pour le transport des marchandises faisaient tranquillement 3 à 4 kilomètres par heure. Marchant pendant huit heures, elles arrivaient à faire de 38 à 30 kilomètres par jour. Le roulage accéléré, il est vrai, ayant des relais, accomplissait des trajets de 65 à 70 kilomètres.
Les frais de construction des routes en empierrement pouvaient être évalués en moyenne à 20 000 francs par kilomètre, les largeurs étant de 10 à 12 mètres entre les fossés. L'entretien annuel de la même longueur était de 500 francs.
L'établissement des grandes lignes de chemin de fer a coûté, en France, 503 000 francs par kilomètre. Une locomotive à marchandises, comme TEngerth, coûte 100000 francs. Mus cette locomotive traîne 44 wagons, chargés chacun de 10 tonnes de marchandises, à une vitesse de 30 kilomètres à rheure. Elle accomplit donc en une heure un trajet plus long que le roulage ordinaire en un jour, soit en deux heures un
^et presque aussi long que le roulage accéléré, soit en vingtquatre heures un trajet qui aurait exigé vingt-quatre jours du premier et douze du second ! Il faut ajouter aux 440 000 kilogrammes traînés par la locomotive les 62 000 kilogrammes de on propre poids.
Cette locomotive, qui peut faire 300 000 kilomètres sans être hors de service, consomme pour traîner cette charge 16 kilogrammes de houille en été et 18 en hiver par kilomètre. La dépense, y compris le personnel, les frais de régie, le corn* bustible, l'huile, la graisse, le suif, les chiffons, l'eau, l'éclairage, l'entretien des machines et des tenders, s'élève en moyenne à 1 fr. 10.
Examinons ces faits. L'homme ne pourrait porter que 30 ou 40 kilogrammes au maximum. Le cheval en porte 100 : trois fois plus. Ce cheval a coûté un élevage, un entretien, de la nourriture ; mais ces avances sont remboursées par le travail
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du cheval, qui remplace dans la proportion indiquée ci-dessu celui de Thomme. Il est vrai que, pour obtenir ce résultai l'homme a d'abord dû faire une avance d'efforts.
Plus tard l'homme peut faire une avance plus considérable il n'élève pas seulement le cheval, il fait une route; pendai qu'il fait cette route, il faut qu*il mange ; il faut donc qu'il a mis en réserve des capitaux circulants, qu'il puisse consomme pendant qu'il établit ce capital fixe. Il convertit ses alimenl en route ; mais l'homme sait ce qu'il fait. Une fois ses alimenl convertis en route, il pourra tirer un bien plus grand parti d son premier capital fixe : le cheval ; celui-ci, au lieu de porte 100 kilogrammes, en traînera 1 000. Effort de l'homme d moins en moins grand pour un effet utile de plus en plus granc
D'une manière plus ou moins inconsciente l'homme cou tinue ce système. Il arrive à jeter 500 000 francs par kilom^ tre pour établir des routes qui ne coûtaient auparavant qu 20 000 francs. Ces 500 000 francs représentent^ pour la plu grande partie, la consommation de houille, de fer, d'alimentj capitaux circulants qui sont devenus des talus, des terrass( ments, des tunnels, des rails. L'avance des efforts est si énorm qu'elle paraît folle! et cependant, rien de plus raisonnabli puisqu'elle a diminué proportionnellement l'effort de l'homme Avec une quantité de travail finie, il supprime une quantit indéfinie de travail.
Nous voyons là encore la confirmation de cette loi :
Le progrès indtistriel consiste à obtenir le rapport inven maximum entre la consommation des capitaïUB circulants et. i rendement des capitaux fixes.
Les capitaux circulants ontjune tendance constante à se convet tir en capitaux fixes.