‹ La science économique (volume 2)Chapitre 80 sur 196 · DE COMMERCE DE NEW-TORK · texte numérisé non relu

DE COMMERCE DE NEW-TORK

Bœuf, Ib

Houille; tonne

Coton» Ib

Fer, tonn

Cuir

Froment

Pour l'ensemble des marchandises

doll.

Anu6e8

doll.

Pour 100.

(Voir le graphique 17.)

Bai

sse % d(

0 4 Fonte

ts prix c

de ftr

le 1873 à 0 2 écossais <

fc

Charbon

Cuivre

Etain

Fronr^ent

Farine

Bo

tuf infér

eur

Coton

Bœuf l?qu

Laine

Sucre

Café

Poivre

Salpêtre

Graph. 16.

Graph. 17. — Valeur des capitaux circulante sur le marché de New- York.

Cependant partout, en France comme en Angleterre, les prix des capitaux circulants auraient du augmenter, car la consommation s'est accrue dans une proportion considérable. J'emprunte les chiffres suivants à M. de Foville '.

IMPORTANCE COMPARATIVE DE LA CONSOMMATION INDIVIDUELLE EN FRANGE, EN 1820 ET EN 1870.

Valeur des quantités consommées par tète

en 1820 en 1820 en 1870 en 18:0>

au prix au prix au prix au prix

de 1870. de 1870. de 1820. de 1820.

fr. fr. fr, fr.

!• Alimentation végétale 47 05 C3 55 20 «/o 56 86 68% 77 1*

2» Alimentation animale 24 35 45 52 37% 33 57 157% 62 64

3» Boissons indigènes 12 3) 23 » 83% 22 60 226% 40 !(►

4» Denré38 diverses. 8 22 5 17 100% 24 61 88O/0 15 61

Alimentation totale. 91 96 137 24 49% 137 64 112% 195 47

Maintenant, retournons la question. Allons au Mexique, la • Moyens de transport, p. 336.

Js

plupart des capitaux circulants seront chers, la plupart des capitaux fixes sans valeur, à commencer par le sol. Allons dans les Indes, nous trouverons le même phénomène. Allons partout où rindustrie agricole et Tinduslrie manufacturière ne sont pas développées, nous constaterons le même fait, qui confirme la loi que nous avons formulée sur le rapport des valeurs des capitaux fixes et des capitaux circulants, et qui en même temps donne la solution de la prétendue contradiction économique signalée par J.-B, Say et commentée par Proudhon.

a La richesse d'un pays étant composée de la valeur des choses possédées^ comment se peut-il qu'une nation soit d'autant plus riche que les choses y sont à plus bas prix ? •

D'après ce que nous venons de voir, il y a là une confusion de mots : les choses ne se mesurent que par les choses, les valeurs par les valeurs ; il ne peut y avoir une hausse générale ni une baisse générale dans un pays : par conséquent, il est faux de dire qu'une nation est d'autant plus riche que les choses y sont à plus bas prix. Il faut dire : que « certaines choses ». Or quelles choses? Nous renvoyons aux lois que nous avons formulées dans le livre précédent.: le progrès industriel consistant à augmenter sans cesse les utilités contenues dans les capitaux fixes, et à économiser la consommation des capitaux circulants (matières premières) en augmentant la production des capitaux circulants (produits), il en résulte que la valeur des capitaux circulants baisse et la valeur des capitaux fixes augmente.

Le problème posé par J.-B. Say reçoit donc la solution suivante :

La richesse d'une nation est en raison directe de la valeur de ses capitaïuc fixes, et en raison inverse de la valeur de ses capitaux circulants *.

1 J'ai exposé cette formule au congrès de rAssociation pour Tavancemeut des sciences *. L'Économiste français Ta discutée; M. Leroy- Beaulieu reconaait qu'au fond elle est juste ; seulement une nouvelle

* 14 août 1880.

171 LA SCIENCE ÉCONOUIQUE.

théorie ne peut jamais ètra acceptée immédiatement, tout entière, dans son intégrité. Il faut bien qu'on proteste un peu contre elle. M. Leroy-Beaulieu dit : « Il se pourrait fort bien que la rente de la terre, par suite de la concurrence des pays neufs, baissât d'un tiers ou de moitié dans le vieux monde, sans que la société y rétrogra* dàt, sans que la nation même fût devenue moins riche. » Je ne saurais être de Tavis de M. Leroy-Beanlieu ; et tous les propriétaires fonciers trouveront qu*il prend bien facilement èon parti de la diminution de la valeur de la terre. Le lendemain du jour où elle aurait lieu, conserveraient-ils le même pouvoir d achat que la veille? Si cet événement se produisait, il serait la confirmation complète de ma thèse. Pourquoi la valeur de la terre diminuerait-elie? Parce que les pays neufs pourraient produire du blé, de la viande, etc., à plus bas prix. Donc, il y aurait baisse de la valeur des capitaux circulants. En même temps, pour eux, il y aurait hausse de la valeur des capitaux fixes. Si ce mouvement provoquait dans le vieux monde une baisse de la valeur des capitaux fixes, ce serait la preuve que leurs propriétaires n'ont pas su, ou n'ont pas pu, leur donner une nouvelle utilisation leur permettant de lutter contre la concurrence extérieure. Alors ce serait la ruine pour eux ; et Ton ne pourrait pas dire que la nation ne serait pas devenue moins riche.

M. Leroy-Beaulieu ajoute : « H est tout à fait abusif de dire que la richesse de la nation est en raison inverse de la valeur de ses capitaux circulants ; tout au moins faudrait-il ajouter ce correctif: de la valeur des unités composant son capital circulant.» La méthode dont je me suis servi pour faire cette démonstration suffit, je crois, pour dissiper toute équivoque à cet égard. C'est le prix des unités que j'ai comparé, et non le prix de la totalité du capital circulant d'un pays. Si j'avais eu la pensée que semble me prêter M. Leroy- Beaulieu, je me serais servi non du pluriel, mais du singulier auquel il a recours pour arriver à établir une équivoque qui ne peut exister que grâce à cette substitution de nombre.

Le numéro de décembre 1880 du Journal des Économistes contient également une critique de M. Clément sur cette question. M. Clément a pu commettre quelques erreurs à la simple audition d'une communication. C'est sur ces erreurs que portent ses critiques. J'espère qu'en lisant ce chapitre, il reconnaîtra qu'ellejs sont sans foude- *ûent. {Note de la première édition.)

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