LIVRE IX
I. Le but de -la science est le rejet de l'erreur et la découverte de la vérité. La vérité ne doit jamais être subordonnée aux conséquences que tels ou tels systèmes philosophiques, religieux ou politiques peuvent en tirer.
L'induction est la constatation des rapports des faits entre eux. Toute science est constituée par induction. La déduction est la conséquence d'une généralisation considérée comme évidente.
La loi naturelle est un rapport constaté entre des phénomènes déterminés . La vérité d'une loi naturelle est prouvée par la certitude de sa sanction.
IL Partout l'homme est l'homme : tous les hommes ont des besoins uniformes parce qu'ils ont les mêmes organes.
La recherche de Vutilité se traduit par des phénomènes objectifs : ce sont ces phénomènes qu'étudie la science économique.
Est utilité tout ce qui peut concourir à la satisfaction des besoins de l'homme.
III. L'homme désire avoir le maximum de satisfaction avec le minimum d'effort.
L'intérêt individuel est le principal agent de la civilisation productive.
La Science économique considère l'homme au point de vue économique et non aux autres points de vue.
Uhomnie économique est une abstraction comme l'homme moyen.
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IV. Le progrès est en raison inverse de l'action coercitive de rtiomme sur l'homme et en raison directe de l'action de l'homme sur les choses.
La civilisation industrielle est basée sur la division du travail et sur Véchange.
L'échange implique la propriété.
La valeur est le rapport de l'utilité possédée par un individu ou un groupe aux besoins et au pouvoir d'achat d'un ou de plusieurs autres individus.
La Science économique a pour objet de déterminer les lois générales et immuables conformément auxquelles se font les échanges et s'établissent les valeurs.
Rien n'est gratuit tout se patje.
V. La richesse est la quantité relative des utilités possédées par un indiviu ou un groupe d'individus.
La propriété est la faculté exclusive pour un individu ou un groupe d'individus, d'user et de disposer d'utilités déterminées.
La propriété est une, .son objet seul varie.
La loi ne crée pas la propriété, elle la garantit et en détermine les modes.
Le mot capital comprend toutes les utilités faisant fonction économique.
Le capital d'un individu est l'ensemble des utilités possédées par lui.
Le capital fixe est toute utilité dont le produit ne change pas l'identité.
Le capital circulant est toute utilité dont le produit change l'identité.
Capitaux fixes : sol ; mines ; constructions ; outillage ; navires ; voitures ; animaux servant à l'exploitation ; ustensiles de ménage ; meubles ; objets d'art.
Capitaux circulants : matières premières ; marchandises destinées au commerce ; monnaie.
Le capital subjectif est la capacité productive de chaque personne. Il est un capital fixe.
Le capital objectif se compose de toutes les autres utilités faisant fonction économique.
VI. L'homme ne produit pas ce dont il a besoin, mais ce dont les autres ont besoin.
Toute production est obligatoirement altruiste. h'échange est l'acte par lequel deux ou plusieurs individus acquièrent réciproquement des utilités. Chacun
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attribuera à la chose qu'il acquiert une plus grande valeur qu'à la chose qu'il cède.
Sans échange, il n'y a pas de valeur.
VII. La valeur a pour fondement des éléments objectifs. Le prix de revient est le fondement objectif de l'offre. Le pouvoir d'achat est le fondement objectif de la demande. Le producteur peut réduire presque indéfiniment son prop,t sur chaque unité produite s'il peut augmenter indéfiniment ses débouchés.
L'utilité est subjective : mais elle peut avoir des effets objectifs, comme le prouve la régularité de certaines consommations.
Ce n'est pas le prix de revient qui fixe le cours, c'est le prix d'achat.
Du côté de l'offre, l'étiage du cours est déterminé par les marchandises dont le prix de revient est le moins onéreux.
Le prix de la concurrence est toujours le plus bas, c'est-à-dire celui qui règle le plus grand nombre d'échanges.
VIII. Le progrès économique a pour résultat de diminuer le prÇx de revient et d'augmenter le pouvoir d'achat. li réduit le fondement objectif de l'offre et augmente le fondement objectif de la demande.
Les valeurs ne se mesurent que par des valeurs, et toutes les valeurs sont variables.
Elles sont régies par une loi : la loi de l'offre et de la demande. L'offre est le désir pour un individu, en échange des utilités qu'il possède, de se procurer des utilités d'une autre nature.
La demande est le désir, joint aux moyens d'achat, de se procurer une utilité déterminée.
La valeur d'une utilité est en raison inverse de l'offre et en raison directe de la demande.
IX. L'homme s'efforce d'obtenir : 1° Une appropriation d'agents naturels destinés à augmenter la satisfaction de ses besoins et à diminuer ses efforts ;
2° Une appropriation d'agents naturels destinés à rendre postérieurement plus facile la satisfaction de ses besoins.
Pour un produit égal, l'outil laisse un effort disponible proportiormel à sa puissance.
L'outil, une fois produit, peut être reproduit indéfini-
ment, et lui-même sert, directement ou indirectement, à sa reproduction.
Le progrès industriel consiste à obtenir le rapport inverse le plus grand possible entre la consommation des capitaux circulants et le rendement des capitaux fixes.
La multiplication des capitaux circulants est en raison de la puissance des capitaux fixes.
Les capitaux circulants, sauf la monnaie, ont une tendance constante à se convertir en capitaux fixes.