XVI. Le commerce est la pratique de rechange
Il concentre les marchandises éparpillées et les répartit entre ceux qui en ont besoin.
Plus les occupations sont divisées, plus le travail de chacun est puissant, plus les débouchés sont nombreux et plus l'échange est nécessaire.
C'est le commerce qui ouvre les débouchés.
Le commerce n'est international que là où il est arrêté par des droits de douane. Il n\j a qu'un commerce.
XVII. Les crises commerciales et financières sont produites non par un excès de production, mais par un excès de consommation.
La cause objective des crises est la destruction de capitaux par des guerres ou des gaspillages et l'absorption, dans des capitaux fixes, de capitaux circulants qui ne retrouveront leur pouvoir d'achat qu'après leur amortissement.
XVIII. Les moyens de transport, en ayant pour résultat de donner aux capitaux circulants une plus-value sur les lieux de production et une moins-value sur les lieux de consommation, en nivellent les prix.
Ils provoquent dans chaque région la production pour laquelle elle est la plus propre et lui font abandonner les productions pour lesquelles elle a moins d'aptitude.
De là, par conséquent, une augmentation de puissance utile, donc de valeur pour les capitaux fixes ; une diminution de prix pour les capitaux circulants, puisque ceux-ci sont produits ou amenés à moins de frais.
Ils ouvrent un débouché aux capitaux circulants non identiques, et ils donnent aux capitaux fixes une plus grande puissance d'utilité en leur apportant des matières premières et en en remportant les produits.
L'égalité de prix des capitaux identiques et la valeur des capitaux fixes sont en raison de la puissance des instruments de transport.
XIX. Le taux de Vintérêt représente ]e prix du temps, exactement comme le taux du transport représente le prix de Vespace.
L'élévation du prix des valeurs mobilières, actions, obligations, est une des formes de la plus-value des capitaux fixes.
l.A SCIENCE ECONOMIQUE
L'abaissement du taux est une preuve de Tabondance des capitaux circulants.
Le prix du crédit est en raison inverse de l'abondance et de la facilité de circulation des capitaux circulants.
Le progrès économique est en raison directe de la valeur du capital pxe, de la valeur totale du revenu, et en raison inverse du taux de Vintérêt.
XX. L'homme est un capital fixe obéissant à la loi de la valeur relative des capitaux fixes et des capitaux circulants.
La valeur de Vhomme est en raison de la puissance de l'outil. Sa valeur augmente en raison de l'abondance des capitaux circulants et de la puissance des capitaux fixes.
Le prix de la main-d'œuvre, soit le coefficient résultant de la division du produit du travail quotidien par le salaire, est à peu de choses près le même partout.
La valeur de Vhomme est en raison directe de Vabondance et du bon marché des capitaux circulants, de la valeur, de la puissance et du total du revenu des capitaux fixes et en raison inverse du taux du revenu.
Le salaire est la sécurité du présent substituée à l'aléa de l'avenir. C'est un marché à forfait.
L'intérêt de l'industriel est que les salariés soient incités à recevoir de plus hauts salaires, si son prix de revient est diminué dans une proportion qui lui permette d'étendre ses débouchés et d'espérer un renouvellement plus rapide de son capital circulant.
La grève du salarié est un accaparement de la marchandise-travail. Elle est insignifiante contre la grève du consommateur.
Le bénéfice ne vient ni du capital ni du travail ; il vient de la direction de l'entreprise.
XXI. La population du monde s'est beaucoup plus développée dans le xix« siècle que dans les siècles précédents.
Le développement de la population est limité, dans les groupes aisés, par l'obstacle préventif et, dans les groupes pauvres par l'obstacle répressif. Le taux de la natalité est en diminution dans tous les groupes avancés en évolution.
XXII. Tous les systèmes qui ont pour but d'augmenter la valeur par des moyens factices ont pour résultat de
remplacer la concurrence économique par la concurrence politique.
Ils essaient de modeler la civilisation industrielle sur le type de la civilisation guerrière.