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PRÉFACE XI

certains phénomènes, dans lesquels il y a opposition entre Tnlililc et la valeur, peuvent être facilement expliqués par le jeu des capitaux fixes et des capitaux circulants, et ne peuvent l'être que par lui.

C'est la solution du problème posé par la réduction du ccrût des éléments constitutifs de la valeur en même temps que par l'augmentation de la valeur globale des capitaux, comme indice du progrès économique.

Une importante partie de ce volume est consacrée à la monnaie et aux prix. J'ai montré, d'une manière objective, le rôle de la monnaie, et j'espère avoir dissipé les obscurités au milieu desquelles se sont débattus jusqu'ici tant d'hommes éminents qui ont traité ces sujets.

Au point de vue du travail et des salaires, j'arrive aux mêmes résultats qu'il y a vingt-cinq ans ; les faits qui se sont manifestés depuis n'ont fait que les confirmer, en même temps que démentir les affirmations socialistes, comme « la loi d'airain des salaires » de Lasalle.

J'ai expliqué le sophisme de la « plus-value » de Karl Marx de manière qu'une étude de quelques minutes puisse le faire saisir complètement.

J'avais, dès la première édition de ce livre, montré que les crises commerciales et financières, loin d'avoir pour cause un excès de production, avaient pour cause un excès de consommation. Cette explication a été confirmée de nouveau par la crise de 1907.

J'ai démontré la fausseté des théories sur le commerce international. Il ne se fait pas entre nations, il se fait entre individus ; les lignes de douane seules le distinguent du commerce national. En réalité, il n'y a qu'un commerce.

Quoique théorique, mon ouvrage est trop intimement lié aux faits pour ne pas traiter des questions d'application, telles que les divers systèmes modernes du salaire.

XIT PREFACn

.T'ai oonsncré un chapitre an grand ouvrage de M. Bœhm Bawerk sur l'intérêt du capital : et j'ai parlé aussi de quelques autres thèses de scolastique économique. Pour en fixer l'importance, il faut les connaître.

J'ai cherché à aller au fond de toutes les questions soulevées et je ne me suis pas contenté d'explications éclectiques et flottantes qui, en réalité, n'expliquent rien. Tout lecteur attentif de ce volume est certain de connaître les problèmes complexes que pose la Science Economique.

Mon livre n'est pas un manuel destiné à faciliter les examens. Toutefois l'étudiant y trouvera l'exposé de toutes les théories, les faits décisifs qui les condamnent ou les appuient ; mais en examinant les diverses solutions, je ne me suis pas occupé des opinions qui peuvent être agréables ou désagréables à tel ou tel maître.

Dans cet ouvrage de critique et d'exposition, je n'ai pas imité les auteurs de traités et de cours d'économie politique qui donnent une petite recette pour chaque question et qui mêlent le droit administratif, les finances, la philanthropie et la théologie. Mon but a été de dégager les lois inductives qui expriment les rapports constants et généraux des phénomènes économiques.

Elles frappent de sanctions implacables et immédiates quiconque essaye de les violer par ignorance ou par parti pris.

L'homme, essayant de simplifier ses motifs d'action, finit toujours, qu'il en ait conscience ou non, par se décider d'après quelque formule. L'objet du chercheur, c'est de remplacer les formules fausses par des formules exactes.

Yves Guyot.

Novomlire 1911. Rédacteur en chef

du Journal des Economisiez.

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