‹ La science et la conscienceChapitre 1 sur 11 · LIBRAIRIE DE LA BIBLIOTHÈQUE DEMOCRATIQUB 9, PLACE DES VICTOIRES · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE DE LA BIBLIOTHÈQUE DEMOCRATIQUB 9, PLACE DES VICTOIRES

LOUIS VIARDOT

Après un voyage en Espagne, à /vingt ans^ Louis Viardot abandonna le barreau pour la littérature.

Il écrivit d'abord au Globe, au National, au Siècle. De 1838 à 1840, il fut directeur du Théâtre Italien^ et un an plus tard il fonda la Revue indépendante avec Pierre Leroux et George Sand. Puis commencèrent à travers l'Europe des voyages artistiques qui lui donnèrent les plus riches sujets d'études.

On cite parmi ses œuvres principales (1): les Musées d'Europe, les Merveilles de la peinture.

(1) Antres ouyrages de M. L. Viaïdûi \ S«>ﻫwcr% ^*. choâse. — Les JésuUei jugii par le» to\»^ \ft^ ^^^^^'^^^^^ ^papet.^ CommerU il faut encourauer \e» aT\*>^«î*^>

VI LOUIS VIARDOT

les Merveilles de la sculpture, une Histoire des Arabes et des Mores d* Espagne, et un volume de mélanges sur l'Espagne et les Beaui-Àrts.

Entre autres recueils périodiques^ la Revue des Deux Mondes, la Liberté de penser, la Berne de Paris ont publié de lui des articles nombreux. Enfin il est auteur de traductions estimées:

Don Quichotte, des Nouvelles de Cervantes, Y Histoire du soulèvement d*Espagne,ei enfin des iVouvêlles choisies de Nicolas Gogol^de Pouchkine et d'Ivan Tourgueneff.

« De même que nous nommons homme libre celui qui s'appartient^ qui n'a pas de maître, de même la philosophie^ seule entre toutes les sciences, a le droit de se nommer libre. y> (Abistote, Métaph,, L. I.)

C'est l'épigraphe qui convient le mieux à ce nouveau travail : La Science et la Conscience, livre d'érudition et de bonne foi dans lequel^ en toute liberté^ Louis Viardot a cherché avec les plus illustres philosophes la vérité sur ces grands problèmes : la création, la Providence^ la vie future.

Victor POUPIN.

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Il nous est arrivé quelquefois d'effleurer, en causant, les grandes questions de la philoso** pMe.

Ce n'est pas une bonne manière. Les cau' séries sont forcément coupées d'interruptions, de digressions, de demandes et de réponses. On perd sans cesse le fil de la pensée et du raisonnement.

Je voudrais prendre et garder un moment la parole pour résumer en quelques i^lLt«&<^*& mes opinions sur ces s\j4^\».?ÊS\fôSi ^^^ x^ats.

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des réflexions d*une vie longue, honnête et studieuse. Ce n'est pas ma faute si ces réflexions ont démoli, pierre par pierre, tout l'édifice des croyances communes où je m'étais longtemps abrité, et m'ont réduit, comme Montaigne, à. n'avoir pour reposer ma tête que <x l'aureiller du doubte». Loin de professer l'incrédulité, je cherche, d'un cœur sincère> à me justifier d'être incrédule; me hâtant d'ajouter, avec le Vicaire Savoyard de J.-J. Rousseau : « Je n'enseigne pas mon sentiment, je l'expose ».

Dans cette exposition , je vous promets de ressembler à ces petits ruisseaux dont parle Voltaire « qui sont transparents parce qu'ils sont peu profonds ». Je ne suis, hélas! qu'un ^ «philosophe imprémédité et fortuit ». En un mot, c'est une simple causerie que je vous demande encore; seulement, l'un des causeurs parlera seul et sans être interrompu.

N'allez pas vous étonner d'y entendre beaucoup de noms propres, d'y lire beaucoup de citations. 11 yen aura trop Je le sais, et c'est

• une faute grave contre l'art d'écrire. On me reprochera d'être \m de ceux « qui se tapissent soubsl'umbre estrangière », comme traduit Montaigne; et encore « que i'ay seule-

jjjenû faict icy un amas de fleurs estrangiè-

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