‹ La science et les lettres en OrientChapitre 24 sur 101 · TRAVAUX DE M. E. BURNOUF · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE M. E. BURNOUF

J’ai tâché de lever en partie le voile qui, pour un grand nombre d esprits, couvre encore les procédés d’une langue peu connue, et de montrer, parles heureuses tentatives deM. A. Rémusat, le parti qu on pouvait tirer d’une littérature immense et à peine effleurée ; je vais exposer d’autres progrès des lettres orientales. Je rendais compte alors des travaux d un homme illustre qui venait de descendre dans la tombe. Il m’est doux de reprendre cette tâche en m’occupant des recherches d’un jeune contemporain qui a devant lui un long avenir. Pour ceux à qui d’autres occupations ne permettent pas de pousser ces belles

1 [Cet article a paru en 1836 dans la Revue des Deux Mondes. Eugène Burnou! est mort le 27 mai 1852, à Paris.]

"'(les aussi loin qu'ils le voudraient, mais qui sesenen attires vers elles par un attrait invincible, et en suivent les progrès avec un intérêt toujours vif bien qu'ancien déjà, c'est un plaisir et presque un 'levoir d en signaler les résultats, de les arracher des hauteurs ténébreuses où s'élabore la science loin des regards profanes, et do les montrer à tous dégagés de appareil mystérieux qui les enveloppe. Comme il tant un drogman aux Orientaux pour se faire entendre des Européens, il en faut un aux orientalistes pour

communiquer avec le public ; je m'efforcerai d'être ce drogman.

Le vaste et mystérieux Orient sollicite et attire à lui de plus en plus les intelligences. Il semble que de nos jours l’esprit européen se sente à 1 étroit sur ce terrain de 1 Occident, où sans doute il reste beaucoup d’aspects à découvrir, mais dont on a fait le tour, dont on a remué tout le sol et battu tous les sentiers. A mesure qu’on s’est élevé à considérer les destinées humaines dans leur ensemble, il est devenu impossible de se contenter de cette histoire universelle dont le théâtre n’est pas le tiers du monde, de cette histoire ancienne qui commence au moment où s’achèvent les destinées des empires d’Orient. On s’est senti pris du . besoin de remonter le courant du grand fleuve humain ; on s’est mis en marche comme Alexandre, suivant les traditions musulmanes, pour aller voir le lieu où le soleil se lève.

antiquités de la perse En effet, tout conduit vers l’Orient, parce que tout en vient : l’homme et le soleil, les langues et les peuples, les religions et les philosophies, les contes populaires et les traditions sacrées, les objets précieux et les fléaux. Vous occupez-vous de l’antiquité classique, il se trouve que la langue grecque et la langue latine ont une sœur aînée sur les bords du Gange. Étudiez-vous la mythologie d’Homère et de Virgile, vous êtes conduits à examiner la question de 1 origine orientale de ces mylhologies. Vous.enfoncez-vous dans les antiquités germaniques, là encore, dans la grammaire des Irlandais ou des Goths, dans la cosmogonie Scandinave, dans 1 épopée allemande, vous tiouvez d'incontestables analogies avec la Perse ou avec l’Inde; vous êtes rejetés des bords du Danube et de la Baltique au centre de l’Asie. Vous livrez-vous à la recherche des antiquités chrétiennes, il faut remonter au delà, il faut connaître le judaïsme duquel le christianisme est sorti; il faut comparer le développement religieux qui a produit la civilisation de 1 Europe, avec d’autres développements religieux plus anciens et aussi considérables, qui ont produit, à l’autre extrémité du monde, d’autres civilisations. Et il n’y aurait pas besoin d’évoquer de si grands objets, il suffirait de vouloir faire l’histoire de ce qui sert à notre nourriture, à notre habillement, à nos plaisirs. La pêche, la noix, le thé, le café, le coton, la soie, les perles, les parfums, les échecs, les caries, le verre, nous viennent

I,W LA SCIENCE EN OIIIENT

Je la Perse, de l'Inde, de l’Arabie, de la Chine, de la

Pbemme. Ainsi les détails de la vie commune, aussi

"en que les Plus hautes explorations de la pensée nous ramènent à l’Orient.

E" oulre’ les études orientales ont en ce moment un charme particulier. 11 en est d’elles comme il en ota.t au quinzième siècle de l’élude de l’antiquité Chaque jour on fait un pas de plus dans une région inconnue qui découvre par degré ses perspectives attrayantes par leur immensité même. En fouillant le mcux sol de 1 Orient, chaque jour on découvre un précieux débris du passé. De séculaires ténèbres embrassent encore foute la contrée. Seulement on voit s’avancer ça et là quelques hardis investigateurs, et les (lambeaux qu’ils portent se mouvoir de loin dans la nuit. Quelques reflets de ces lueurs aventureuses et isolées éclairent un point, puis un autre, et ainsi le jour se fait peu à peu au sein de cette obscurité. Mais, surtout pour le haut Orient, ce n’est encore que l’aube d’un jour que nous ne verrons point, heureux si nous parvenons à découvrir et à indiquer de quel côté naîtra l’aurore.

Ce qui est à craindre, c’est qu’en posant le pied dans cette région encore presque inconnue, on n’éprouve une sorte de vertige et d’éblouissement, et qu au lieu de prendre, pour y pénétrer, la grande T oute de 1 étude, on ne s’y élance de plein saut par un bond de l’imagination. On a déjà fait en Allemagne

ANTIQUITÉS DE LA PERSE

plus d’un système sur l’Inde, la Chine, la Perse, et les monuments capitaux de la littérature de ces trois pavs ne sont pas encore traduits complètement. Quelques-uns ne sont pas imprimés; quelques-uns meme n’existent pas en Europe. Il est donc besoin de beaucoup de patience et de lenteur. Il faut prendre les choses où elles en sont, pour les faire avancer véritablement.

Les travaux de M. E. Burnouf, auxquels cet article est consacré, offrent une preuve éclatante des avantages delà méthode que je recommande ici. Si nous savons un jour quelque chose de précis sur Zoroastre, nous le devrons au soin scrupuleux qu’a apporté M. E. Burnou f à se rendre compte par une analyse approfondie de tous les éléments de la langue de Zoroastre; car, avant de connaître sa doctrine, il fallait connaître sa langue.

Le nom de Zoroastre est du petit nombre de noms orientaux qui ont été célèbres chez les anciens , mais celte célébrité ne peut rien nous apprendre de précis sur ce personnage et sur la réforme religieuse dont il fut l’auteur. Les anciens nous disent bien que la î eli- "ion des Perses consistait dans le culte du feu et la

croyance aux deux principes. Mais à peu de chose près, c’est tout ce qu’ils nous apprennent de cette relio-ion ; or, nous connaîtrions fort mal la religion juive, si nous ne la connaissions que d’après Tacite.

C’est dans les livres sacrés attribués à Zoroastre qu’il faut chercher sa doctrine. Je dis attribués ; car il me semble évident qu’une partie au moins de ces

LA SCIENCE EN ORIENT livres n a pas pu être rédigée par lui. Il me paraît impossible de supposer que Zoroastre soit l’auteur de prières, d invocations, qui lui sont adressées, telles que celle-ci :

« 0 toi qui es donné en ce monde, donné contre les devas, Zoroastre, pur, maître de pureté, si je t’ai blessé, soit en pensée, soit en parole, soit en action, que ce soit volontairement, que ce soit involontairement, j adresse de nouveau celte louange en ton honneur, » etc.

b est comme si l’on pensait que Marie eût composé les litanies de la Vierge. Mais s’ils ne sont pas entièrement de Zoroastre, ces livres contiennent certainement sa doctrine.

Quoi qu’il en soit, ces livres, ou plutôt les fragments de ces livres qui subsistent aujourd’hui, sont écrits dans une langue qui ne se parle plus. C’est la langue zende, ancien idiome de la Perse, analogue au sanskrit, et duquel le persan moderne est dérivé. Pour arriver a savoir quelque chose de la religion de Zoroastre, il fallait d’abord trouver les livres zends, puis apprendre le zend pour les lire. [Deux Français se sont partagé 1 honneur de celte double conquête : Anquetil- Dupei î on a rapporté dans le siècle dernier, après mille fatigues, les textes zends, et, de nos jours, un jeune savant, que l’Europe a placé au premier rang de la philologie orientale, M. E. Burnouf, a commencé à retrouver la langue zende, et, par celte langue, la pensée de

ANTIQUITÉS DE LA PERSE

Zoroastre. Ce fait est trop important pour que le lecteur ne nous permette pas cl entrer à ce sujet dans quelques détails.

Après la conquête de la Perse par les Musulmans, la religion de Zoroastre ne fut pas complètement anéantie. Un certain nombre de ses sectateurs demeura dans leKirman ; un autre se porta, cent ans après 1 invasion musulmane, à Orrnus sur le golfe Persique, puis, après diverses tentatives d’établissements, finit par se réfugier sur la côte occidentale de 1 Inde, dans le Guzarate. Là vit encore un débris de l’ancienne religion de Zoroastre; la, les Parsis ou Guèbres ont conservé sa loi et son culte, à travers toutes les révolutions de l’Inde, durant mille ans, depuis le huitième siècle jusqu’à nos jours.

Avec le temps, les Parsis de l’Inde avaient perdu les livres de Zoroastre. Ces livres leur furent rendus à la fin du quatorzième siècle par un destour ou prêtre qui les leur apporta de la Perse, où ils s’étaient conservés.

Le texte original, écrit en langue zende dans l’ancien idiome de la Perse et de Zoroastre, était accompagné d'une traduction en langue pehlvie.Le pehlvi n’est encore qu'imparfailement connu ; on sait seulement que, dans ceLte langue, les éléments sémitiques abondent, c'est-à-dire des éléments qui appartiennent à une tout autre famille de langues que le zend et. le sanskrit, à la famille de l’hébreu et de l’arabe. Le

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pelilvi paraît avoir succédé en Perse au zend, cl pré cédé le persan moderne.

Aujourd’hui les Parsis de l’Inde entendent beaucoup mieux le pehlvi que le zend, et c’est dans la traduction pehlvie qu’ils étudient en général les livres de Zoroastre, originairement écrits en zend. Ce qu’ils en ont conservé ne constitue, selon eux, que la vingtième partie de la totalité primitive; ce sont plusieurs fragments, principalement liturgiques; c’est un lambeau de l’ancien rituel persan.

Si nous possédons cette partie des ouvrages attribués a Zoroaslre, nous le devons, comme je l’ai dit, au courage et à la persévérance admirable d’un Français qui eut 1 héroïsme de la science. On ne peut, en parlant de Zoroastre, refuser quelques lignes à celui qui, au péril de sa vie, a mis la France en possession de ce monument et de celte langue, dont, avec une autre sorte de courage non moins rare, M. E. Burnoufa entrepris de pénétrer et d’éclaircir le mystère.

En 1754, un jeune homme de vingt-deux ans, sans foi tune, sans autre ambition que celle du savoir, conçut la pensée d’aller en Orient chercher les livres de Zoioastie, dont plusieurs avaient déjà été apportés en Angletene, et les Védas de 1 Inde, dont personne en Euiope ne connaissait autre chose que le nom F Dénué de toute ressource, le jeune Anquetil imagina,

1 Voyez Ahquetil-Duperron, discours préliminaire du Zencl-Avesla.

ANTIQUITÉS DE LA PERSE pour passer aux Indes, de s’enrôler comme soldat dans la troupe qu’on envoyait à Pondichéry, et qui était le rebut de l’armée française. 11 partit de Paris pendant l’hiver, avec les recrues qui s’acheminaient vers le port de Lorient, emportant une Bible hébraïque, Montaigne, Charron, un étui de mathématiques, deux chemises, deux mouchoirs et une paire de bas. Arrivé à Lorient, on lui remit son engagement de la part du ministre. Tjauchés de son zélé, quelques savants, au nombre desquels était l’abbé Barthélemy, avaient obtenu pour lui une pension de 500 livres et son passage à Pondichéry.

Aux Indes, Anquetil eut à lutter contre tous les genres de difficultés et d’obstacles. Quand il présenta sa lettre de recommandation au gouverneur des établissements français, en lui expliquant le plan qu’il avait formé, celui-ci lui répondit sans le regarder : « Il faut voir... », et il mit la lettre dans sa poche. Le début n’était pas encourageant.

Anquetil n’avait alors qu’une idée bien confuse de l’objet de ses recherches. 11 flottait entre les Yédas et les livres de Zoroastre, qu’il voulait également recueillir et rapporter dans sa patrie. Sans guide, sans direction, sans argent, ne sachant pas plus le sanskrit que lezend, n’ayant pour trésor et pour appui qu’une volonté inébranlable et un enthousiasme passionné, il s’était jeté dans cette quête aventureuse comme ces chevaliers de roman qui allaient au bout du monde

LA SCIENCE EN ORIENT conquérir un empire inconnu, ou une princesse qu’ils n 'avaient vue qu’en songe. Après avoir lutté contre des maladies qui le réduisirent plusieurs fois à la dernière extrémité, contre les séductions que son âge, sa ligure, les mœurs et le climat de l’Inde multipliaient sous ses pas, Anquetil vil encore ses plans traversés pot les désastres de la guerre ; enfin la calomnie et 1 ou liage vinrent assaillir celui qui, dévoué à son pays, au milieu des préoccupations de l’élude, avait risqué sa vie pour aller, de son propre mouvement, chercher auprès du nabab des secours pour Chandernagor attaqué. blessé de soupçons insensés, il part seul, à pied, de Chandernagor pour Pondichéry, avec le paquet qu il avait en quittant Paris, ses deux chemises, sa Bible et son Montaigne ; il part pour faire quatre cents lieues du nord au sud, à travers un pays par où jamais Européen n’avait passé, comptant faire ensuite à peu près autant de chemin du sud au nord, pour aller à Surate trouver les disciples et les livres de Zoroastre.

A Surate, de nouvelles difficultés l’attendaient auprès des destours ou prêtres parsis. Ils lui donnèrent d abord des textes incomplets et mutilés pour le texte véritable de Zoroastre. Jamais il ne put tirer d’eux une connaissance un peu approfondie du zend, et M. E. Burnouf en a plus appris à lui tout seul sans sortir de Paris et sans autre secours que sa sagacité, et des inductions tirées delà comparaison des langues,

antiquités de la perse qu’Anquetil à Surate, parmi les Parsis, malgré les leçons du fameux mobed Darab. Plusieurs fois malade ,et, pendant une convalescence, frappé en plein jour de trois coups depée et de deux coups de sabre, Anquetil poursuivit ses études et ses recherches avec une ardeur que rien ne put ralentir. Enfin, il partit pour l’Europe, emportant la portion des livres de Zoroastre que les Guèbres ont conservée, après en avoir fait, à l’aide de l'interprétation des prêtres et docteurs parsis de Surate, une traduction sur laquelle je reviendrai. Le vaisseau qui portait toutes ces richesses fut au moment de périr, et, après la traversée la plus pénible, Anquetil débarqua en Angleterre, prisonnier de guerre. Enfin, le 15 mars 1762, il déposa à la Bibliothèque royale le texte zend de Zoroastre, conquis au prix de tant de périls. C est ce texte que M. Burnouf a publié dans son entier, et dont il a commencé à déchiffrer et à commenter une partie.

La traduction d’ Anquetil, qui parut en 1771, était loin, comme on le verra dans la suite de cet article, d’être complètement satisfaisante. Mais telle qu’elle était, sa publication, et surtout l’acquisition des textes donnés par Anquetil à la Bibliothèque royale, était un immense service rendu aux lettres orientales. Celui a qui on en avait l'obligation, pour récompense de ses peines, de ses dangers, de son courage, fut persillé dans une petite brochure, du reste assez spirituelle, écrite en français par un homme duquel on eût dû

attendre plus de gravité, par le célèbre W. Joncs

CalcrUtl I !ePU,S f°ndateUr C,e ^ S0dété a«que de

La lettre de W. Jones à Anquetil-Duperron est un modelé de celte fatuité tranchante qui dédaigne ce

place d'lgn0T’ 0t trouve t°uj°urs une épigramme à la Place d une bonne raison. Malheureusement elle est

en général, très-piquante, et plusieurs pages de cet opuscule, dont un Anglais estl'auteur, semblent écrites par Voltaire. Voltaire est cité plusieurs fois avec élo*o dans cette lettre, ce qui, au reste, d’après son usage, ■■>01 ai! une raison de plus de la lui attribuer. Du reste’ '

J 6 nC pr0Uve Pas Plus contre Anquetil-Duperron et 'oroastre, que les plaisanteries de Voltaire, parfaitement amusantes, mais portant parfaitement à faux ne prouvent contre Moïse ou Shakspeare.

Au heu de railler agréablement la bizarrerie de certaines formules liturgiques des livres de Zoroastre,

‘ Burnoufa cherché à comprendre ces livres antiques : il a commencé loyalement par les publier • il a tmt lithographier le texte zend pour qu’on pût le comparer avec la traduction d’Anquetil, appelant ainsi les efforts des philologues sur ces textes précieux, les premiers textes zends un peu considérables qu’on ait publiés. Puis lui-même s’est mis à l’œuvre; il a choisi açna, ou Livre du Sacrifice, et a commencé à le

1 W. Jone’ s Works, t. X.

ira

ANTIQUITÉS DE LA PERSE

traduire. Cette traduction d’un livre écrit dans une langue dont on ne possédait ni grammaire ni dictionnaire, ne pouvait être qu un laborieux déchilfrement , aussi ’il en est déjà résulté, pour l’interprétation du premier chapitre seulement, deux volumes in-quai to, mais les bases d’une étude nouvelle sont jetées, l’élude du zend est constituée scientifiquement, et l’on peut espérer de connaître un jour la doctrine de Zoroastre, dont jusqu’ici on a beaucoup parlé.

Voici avec quels secours M. E. Burnouf a abordé la traduction de l’Yaçna :

Le texte zend, publié par lui ;

La traduction d’Anquetil, faite d’après les interprétations que lui avaient données, en persan moderne, ses maîtres de Surate, qui se servaient eux-mêmes d'une version pehlvie.

Cette traduction est donc de la quatrième main.

Enfin une version sanskrite barbare, datant du quinzième siècle , et dont l’auteur est un certain Nerioseng, faite de même, non sur le texte zend, mais sur la version pehlvie.

Mais le plus utile auxiliairede M.E. Burnouf, dans sa courageuse entreprise, a été incontestablement l’analogie, l’induction tirée de la comparaison des langues de la famille à laquelle le zend appartient, et en particulier du sanskrit. M. E. Burnouf est doué au plus haut degré de cette sagacité ingénieuse qui démêle les secrets de la formation intime des langues, et découvre

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