‹ La science et les lettres en OrientChapitre 35 sur 101 · L.V SCIENCE EN ORIENT · texte numérisé non relu

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fleuve Jaune, n’est point mort et reparaît sous le costume d'un prêtre de Bouddha. C’est lui qui, dans la pagode du Sable-dO’r, reçoit ses vieux parents sans en êlie reconnu. Ceux-ci, toujours occupés de leur fils qu ils noient avoir perdu, demandent en le nommant qu’on récite pour lui des prières expiatoires, « afin qu’il passe du purgatoire dans le séjour des immortels. » Le prétendu prêtre de Bouddha reconnaît son pèio et sa mère, et bientôt apres retrouve son épouse qu un pieux et tendre motif amenait aussi dans la pagode; puis son fils, devenu mandarin, arrive au même lieu, conduisant prisonnier le criminel Tchinhou. hntin le gouverneur de la province vient au nom de l’empereur annoncer la punition du coupable. — Ainsi se termine heureusement ce drame compliqué sur lequel le bouddhisme a mis assez fortement son empreinte.

C’est à la porte d’un couvent bouddhiste que les vieillards retrouvent leur petit-fils; c’est dans un temple bouddhique et sous le costume d’un prêtre de celte religion qu’ils reconnaissent leur fils. Une puissance surnaturelle semble amener tous les personnages à la pagode du Sable-iï Or, où les attend l’accomplissement de leur destinée. Il est remarquable que cette pièce, plus dévote que toutes les autres, soit l’ouvrage d’une courtisane.

C’est une courtisane qui est l’héroïne d’un autre drame traduit par M. Bazin. Elle se nomme Tchang-

DU THÉÂTRE CHINOIS iu-ngo. Un riche négociant est au moment de la prendre pour seconde femme, à la grande mortification de son épouse légitime. Il n est pas facile, poui le pauvre homme, de mettre d’accord les prétentions de ces deux dames. Elles commencent, en vraies Chinoises, par se piquer sur l'étiquette. Tchang-iu-ngo fait ses conditions d’avance : « Je veux maintenant présenter mes hommages à votre femme légitime; je lui témoignerai mon respect par quatre salutations; elle devra recevoir la première assise, se lever a la seconde, et me rendre la troisième et la quatrième. » L épouse légitime, n’ayant pas les mêmes idées sur les devoirs de la politesse envers la demoiselle, reste sur sa chaise. De là des injures et des coups. Enfin la bonne dame suffoque de colère et expire bientôt. La nouvelle épouse s’enfuit avec un misérable qui croit avoir noyé le pauvre mari. Un général achète 1 enfant de celui-ci à la nourrice qui 1 a sauvé, pour la somme d une once (7 francs 50 centimes). Au bout de treize ans, son père adoptif se décide à l’éclairer sur son origine ; car, dit-il, si je ne le fais pas aujourd’hui, dans quel siècle d’existence pourrai-je lui révéler ce secret si pénible : Je ri ai pas de descendants? Il apprend donc au jeune homme son histoire, et ce dernier finit par retrouver son père ; la reconnaissance se fait au moyen d’une romance que chante lanourrice et qui contient les aventures delà famille. Les deux coupables retrouvés et sur le point d’être punis se poignardent. En somme, celte compo-

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Sillon est Ja plus médiocre du recueil. La vente de l’entant offre seule quelque intérêt.

11 n’en est pas de même du Ressentiment de Teoungo : cette pièce offre quelques passages d’un pathétique qui ne manque pas d’une certaine grandeur. La malheureuse Teou-ngo est condamnée à mort pour un ciimc dont elle n est point coupable. Au moment de son supplice, elles adresse au procureur- criminel qui assiste à l’exécution.

« Seigneur! j’ai une grâce à demander àvolre excellence; si elle daigne me l'accorder, je mourrai sans regret.

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