TEOU-NGO
Seigneur, nous sommes maintenant dans cette saison de l’année où les hommes supportent avec peine le poids d’une chaleur excessive; eh bien! si je suis innocente, le ciel fera tomber par gros flocons, dès que j’aurai cessé de vivre, une neige épaisse et froide, qui couvrira le cadavre de Teou-ngo.
(Elle chante.)
« Vous dites que la chaleur est brûlante et que le ciel enflammé ne saurait laisser tomber un seul flocon. Mais n’avez-vous pas entendu parler de la neige que lleou-yeou fit voler dans le sixième mois? Si réellement je suis remplie d’une indignation qui bouillonne comme le feu, je veux qu’elle fasse voler dans l’air, comme de légers flocons, les fleurs de l’eau glacée ; je veux que ces fleurs • enveloppent mon cadavre, afin qu’on n’ait pas besoin d'un char couvert d’une étoffe unie, ni de chevaux blancs pour le transporter dans une sépulture déserte. »
l’exécuteur, élevant l’étendard.
D’où vient donc cette étrange coïncidence? Le ciel s’obscurcit. (On entend le vent qui souille. ) Voilà Un vent glacial !
TEOU-NGO, elle chante.
« Nuages qui flottez dans l’air, à cause de moi obscurcissez le ciel ! Vents puissants, à cause de moi
LA SCIENCE EN ORIENT
descendez en tourbillons! Oh! fasse le ciel que me trois prédictions s’accomplissent. »
(L’exéculeur frappe Teou-ngo,)