‹ La science et les lettres en OrientChapitre 59 sur 101 · LE SCHAH-NAME1I · texte numérisé non relu

LE SCHAH-NAME1I

il se manifesla une réaelion persane, d’abord sourde, et bientôt ouverte. La plus grande partie des anciennes familles persanes avaient conservé leurs propriétés foncières, et avec elles leur influence héréditaire, qui ne pouvait que gagner au relâchement de l’autorité centrale. Les gouverneurs des provinces orientales commencèrent à devenir plus indépendants de Bagdad ; on parlait persan à leur cour, et ce que la domination du pehlwi n'avait pas fait, la domination d une langue tout à fait étrangère, comme l’arabe, le fit : elle provoqua la création d’une littérature persane. Toutes les cours se remplirent de poètes persans, et les princes encouragèrent de tout leur pouvoir ce mouvement littéraire, soit qu’ils fussent eux-mêmes entraînés par un instinct aveugle vers cette manifestation de l’esprit national, soit que la protection qu’ils lui accordèrent fût le résultat d’un calcul politique. Ce qui pourrait faire admettre cette dernière supposition, c’est que ces princes étaient les premiers à rechercher les traditions nationales, dont la popularité devait leui ètie d’un si grand secours contre la suprématie politique des kalifes, et que cette politique fut suivie avec une ténacité remarquable par toutes les dynasties qui se succédèrent. »

M. Mohl poursuit dans le détail la preuve de ce qu’il a énoncé d’une manière générale. Il voit Jacoub Leis, le fondateur de la famille des Soffarides, de potier et de voleur devenu maître de la Perse, faire traduire

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