‹ La science et les lettres en OrientChapitre 86 sur 101 · I.r. P, A MA VA N · texte numérisé non relu

I.r. P, A MA VA N

ÎCd

Kama , il n’y a lion de plus grand que d'obéir à un père. » Rama exhorte le sien à tenir religieusement celle promesse dont lui-même est victime, et, en donnant ce conseil désintéressé, il songe encore à ne pas sortir de l’attitude d’un tils soumis. « C’est un avis que je te donne, ù mon père! dit-il, ce n’est pas une leçon. a Voilà une réserve et une mesure de langage bien délicate qui relève singulièrement, ce me semble, l’héroïsme du sacrifice.

Ce que l’affection fraternelle a de plus vif éclate dans les impétueux discours d’un jeune frère de Rama, qui est prêt à combattre les hommes et les dieux, pourvu que Rama soit élevé au trône. « Dis-moi quel ennemi je dois frapper, » s’écrie-t-il. Puis, ramené par son magnanime frère à des sentiments plus doux, le jeune homme reprend avec une tendresse charmante : « Et moi aussi j’habiterai dans les forêts, attentif à l’obéir; moi aussi j’abandonnerai cette cité que tu abandonnes, car sans toi il me serait pénible de vivre même dans le ciel. Si lu m’aimes, ô noble frère ! ne me défends pas de le suivre; tandis que lu iras dans la solitude errant de foret en forêt, je t’apporterai des fleurs et de doux fruits, je serai ton compagnon et Ion esclave. »

Quant aux rapports des époux, ils sont indiqués dans le Râmâ yana d une manière très-précise. Le mari est le dieu de la femme et son asyle ; la femme participe à la félicité ou au malheur qui, dans la suite

Page 1