‹ La science et les lettres en OrientChapitre 88 sur 101 · LE 11 A M A V .V N A · texte numérisé non relu

LE 11 A M A V .V N A

sur le premier plan, et, sous ce rapport aussi, ce poëme est d’un grand intérêt. L’idée religieuse a traversé dans l’Inde plusieurs phases analogues à celles qu’elle a traversées dans la mythologie grecque et dans la mythologie du Nord

D’abord se présente une époque primitive durant laquelle domine l’adoration des forces de la nature. C’est la religion des Védas. Un culte naïl est rendu, par des tribus de pâtres cl d’agriculteurs, à la lumière, à l’eau, à la terre, à l’aurore. Çà et là on voit, dans les Védas, certaines forces physiques et certains phénomènes de la nature qui commencent à se personnifier, qui passent à la forme humaine. Ainsi se prépare l’Olympe, composé de dieux, de déesses et de génies, qui sera l’Olympe de l’épopée indienne. Plus lard, la tendance spéculative, naturelle à l’esprit de ce peuple, introduira dans la mythologie un panthéisme, ou plutôt un idéalisme philosophique1 2,

1 Ces rapports n’onl rien qui doive beaucoup étonner depuis qu’il a été si bien établi que les Indiens, les Grecs et les peuples germaniques pailaient pour ainsi dire des dialectes d'une même langue. La mythologie Scandinave offre quelques autres trails de ressemblance avec la mythologie hindoue. Sans sortir du Bàmàyana , on y voit les dieux épouvantés par le géant Ravana, comme dans YEdda les Ases tremblent devant les mauvaises puissances qui doivent les dévorer. Les montras sont des espèces de runes. (Comparez avec le llcwa-mal, discouru sti/ilime d'Odin, ce qui est dit dans le llamaijana de Selilegel, xiv, 12,) Sita subit l’épreuve du feu, comme l’épouse de Sigfrid dans YEdda.

- Le passage dans lequel Casyapa dit à Vichnou : « O seigneur! je vois dans ton corps tout l’univers, » ce qui est panthéiste, ne &

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Cl celle lliéorie de V illusion , qui réduit loule exis- Icnce ù l’essence absolue, cl ne voit dans loulce quia forme, couleur, étendue, dans (oui ce qui peut être senti ou perçu, qu un néant, apparence trompeuse de l’être inaccessible. Ces doctrines, développées avec un grand déploiement de fantaisie dans des poèmes moitié légendaires cl moitié métaphysiques appelés Pouranas , ne figurent pas encore dans la vaste épopée du Rânulyana. La mythologie indienne s’y montre dans un état intermédiaire entre l’adoration primitive de la nature et les raffinements ultérieurs de la philosophie. Les dieux ne sont plus des forces physiques ; ils ne sont pas encore des abstractions métaphysiques; ils soûl des personnes divines à forme humaine. Cet âge de la mythologie indienne correspond à l’àgc de la mythologie homérique. C’est le point du développement religieux qui convient à l’épopée. A l’épopée il ne faut ni le culte des fleuves, des montagnes ou des astres, ni l’adoration de l’impalpable, de l’insaisissable, de l’abstrait; l’un est trop simple, l’autre est trop subtil pour l’imagination. L’homme ne se prend qu’à ce qui lui ressemble; des dieux humains, personnels, éprouvant nos affections, participant à nos faiblesses, type agrandi et idéalisé de notre espèce, voilà les dieux de

trouve pas dans l’édition du Bengale, cl M. Schlegel, bien que l’ayant admis dans son texte, le regarde comme une interpolai, on. Ic. encoit l’édition du Bengale parait plus ancienne.

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