‹ La science et les lettres en OrientChapitre 24 sur 68 · SW · texte numérisé non relu

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fois à différents personnages par les historiens de l'antiquité et du moyen âge.

Firdousi reprend ensuite l’histoircdes rois de l’Iran, en racontant la mort de Minoutdicher, qui, sur son lit de mort, adresse <i son fils Noudcr un discours où se trouve cette phrase mélancolique : « J’ai fondé beaucoup de villes et beaucoup de forteresses, et maintenant je suis dans un tel état, que tu dirais que je n’ai pas vécu, et le nombre des années passées est effacé de mon souvenir. Quand un arbre ne porte que des feuilles et des fruits amers, sa mort vaut mieux que sa vie. »

Noudcr, le nouveau roi, mécontenta les grands et le peuple : « les paysans formèrent des armées, dit Firdousi, et les braves demandèrent pour eux-mémes le pouvoir. » Dans sa détresse, Noudcr appelle Sam à son secours. D'autre part, les grands s'adressant au vieux guerrier, lui disent : « Si Sam le brave voulait s'asseoir sur le trône, quel mal y aurait-il? » Mais Sam repousse les offres des grands vassaux. L’esprit d'insurrection qui se manifestait quelquefois parmi le bas peuple et les chefs militaires contre le souverain, et le dévouement religieux pour le sang de Feridoun qui protégeait sa famille, sont vivement empreints et contrastent énergiquement dans ce curieux passage.

D’autres dangers menacent le roi. Pescheng, chef des Touraniens, et son fils Afrasiab, se préparent à venger Selm et Tour; en d’autres termes, les nations

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larlares ou scythiques s'apprêtent à fondre sur la

Perse.

Dans celle guerre, !e roi d'Iran est fait prisonnier, puis mis à mort par Afrasiab. Celui-ci pose sur sa tète la couronne de Djemscliid, et prend la place du roi dans le pays d'Iran. La tradition ne pouvait exprimer plus clairement le fait d’une conquête de la Perse par les populations du nord, comme elle en a subi un si grand nombre depuis les temps héroïques d’Afrasiab jusqu'aux temps les plus récents.

Cette guerre ramène Ilustem sur la scène. Firdousi raconte d’abord comment ce héros se procure une monture digne du cavalier ; il fait passer devant lui des troupes de chevaux. « Mais chaque cheval que Ilustem attira vers lui, et sur le dos duquel il posa la main, plia sous son effort, et toucha de son ventre la terre. » Enfin parait un poulain d'une grande vigueur ; Ruslem « fit voler son lacet royal, et prit soudain dans sa main la tête du poulain pommelé. La mère accourut comme un éléphant furieux, et voulut lui arracher la tête avec ses dents; mais Ilustem rugit comme un lion sauvage, et la jument fut étonnée de sa voix. Il lui donna avec la main un coup sur la tête et la nuque, et fit rouler son corps tremblant. »

Par le conseil de sou père Zal, Rustem va chercher Kei-Kobad pour le placer sur le trône de Feridoun.

A Kei-Kobad succède Kei-Kaous, le roi aux projets téméraires, aux rêves insensés. II entreprend dans

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son orgueil l’expédilion du Mazcndcran. Le Mazenderan est l'Hircnnic des Grecs. Ce nom, à physionomie sauvage, est celui de la province la plus fertile et la plus riante de la Perse. On. y recueille le coton et la canne 5 sucre, et une chanson locale, conservée par Firdousi, célèbre ainsi la gracieuse nature du Mazenderan : « La rose ne cesse de fleurir dans ses jardins, et la tulipe et l’hyacinthe croissent dans ses montagnes. L’air y est doux, la terre y est peinte de fleurs. Il n’y a ni froid ni chaleur ; il y règne un printemps éternel. Le rossignol qui chante dans ses jardins, la biche qui erre dans ses vallées, ne se lassent pas de voler et de courir. »

C’est contre cette espèce de paradis que le roi entreprend une guerre funeste. Les enchanteurs et les divs (mauvaises puissances) qui habitent le Mazcnderan, font prisonnier Kaous avec son armée. Kaous appelle à son secours l’invincible Rustem. Celui-ci rencontre sur son chemin sept aventures. Tandis qu’il dort, un lion veut le dévorer ; mais Raksch, le terrible coursier, foule aux pieds le lion et le déchire. Au moment de mourir de soif dans le désert, le héros est sauvé par un bélier qui lui indique une source. Rustem combat et met à mort un dragon avec l’aide du fidèle Raksch, qui l’a réveillé trois fois, comme Bayard réveille Renaud en frappant du pied son écu. Une magicienne lente de séduire Rustem ; mais il prononce le nom de Dieu, et elle devient noire et hideuse. C’est

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le type des enchanteresses de la famille d’Alcine. Après plusieurs autres rencontres, Rustem arrive à la cavernedu div blanc, défenseur terrible du Mazenderan. Le trouvant endormi, le héros se garde bien de le tuer dans son sommeil; mais il lcveille par un cri, elle combat commence. Rustem et son ennemi s'arrachent l’un à l'autre des lambeaux de chair, le sol est pétri de leur sang. Enfin Rustem enfonce son poignard dans le cœur du div, dont le sang versé sur les yeux de Kaous rend à ce monarque la vue, que les enchantements lui avaient ravie.

Kaous alors, secondé par Rustem, combat le roi du Mazenderan, et Rustem le perce de sa lance. Eti ce moment, grâce à son art magique, ce roi se change en un quartier de rocher; mais Rustem ne se laisse pas tromper par cette ruse de guerre. Il saisit la lourde pierre que nul dans l’armée n’avait pu mouvoir, la porte devant la tente de Kaous, et force par ses menaces l’enchanteur à paraître sous sa forme naturelle. Enfin, il obtient que l’investiture du Mazenderan sera donnée à Aulad, guerrier indigène qu’il protège. Celte investiture accordée à un chef du pays conquis est peut-être le trait le plus historique de cette expédition dans le Mazenderan, qui doit avoir un fondement réel, mais qu’en raison même de sa célébrité, l’imagination des peuples et la crédulité des siècles ont surchargée de fables et de légendes merveilleuses.

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