‹ La science et les lettres en OrientChapitre 29 sur 68 · I. L S Cil A Il -.NAM K II · texte numérisé non relu

I. L S Cil A Il -.NAM K II

wer fut puisé comme celui de Nourschivan (huis lu tradition orale, aidée tout au plus de quelques manuscrits dont la même tradition était la source.

Ce Danischwer appartenait, dit Firdousi, à une famille de Dihkans , c’est-à-dire, comme l'a montré M. Molli avec beaucoup de sagacité, il appartenait à l'aristocratie territoriale qui possédait le sol avant la conquête musulmane. « Les familles qui la composaient, dit M. Mohl, devaient rechercher curieusement les traditions de leurs localités et de leurs aïeux; car '

une grande partie d'entre elles se rattachaient aux anciennes maisons royales ou princières de l’empire persan, dont les hauts faits formaient la matière de ces traditions. » On conçoit, d’après cela, pourquoi Danischwer avait mis un si grand intérêt à faire sa collection, il s’agissait de la gloire héréditaire des chefs militaires ou pehlwans , dont il était un des plus illustres. Voilà donc le sujet du Livre (les Rois; c elait le recueil des antiquités poétiques de la l’erse, transmis de génération en génération, arrivé jusqu'à l’époque fatale où devait s'accomplir la destruction de la monarchie persane. Il faut qu’il traverse encore trois siècles, et trois siècles de domination étrangère, avant de tomber dans les mains du grand poêle qui le mettra en œuvre sans l’altérer.

Le recueil de Danischwer, épargné, mais rejeté par Omar « comme un mélange de bon et de mauvais qu'on ne pouvait approuver, » méprisé par les inu-

sulmans zélés, parce qu'il conlenail des futilités dangereuses et analliématisées parle prophète, fut pourtant traduit en arabe, dans le second siècle de l’hégire, par un Guèbre converti à l'islamisme, mais dont la conversion fut suspecte. L'attachement à des souvenirs qui se rapportaient au temps d’ignorance 1 supposait presque nécessairement une certaine tiédeur d'orthodoxie, et plus tard Firdousi, malgré les professions de foi musulmane dont son livre est semé, ne put échapper lui-môme à quelques soupçons sur la pureté de ses opinions religieuses.

Mais ce fut surtout dans le nord de la l’erse, loin du centre de la domination des kalifes, que se conserva le mieux le goût des antiques traditions du pays. Plusieurs des chefs dont la puissance s’éleva dans ces contrées au-dessus du kalifat, s’efforcèrent de ranimer dans un but politique le vieil esprit local de leurs principautés pour l'opposer à l'autorité des kalifes. Lette résurrection de l'ancienne nationalité, soulevée dans un intérêt d’ambition particulière contre la domination arabe, amena dans le nord de la l’erse une suite de tentatives littéraires, dont la plus brillante produisit le Livre des Rois, de Firdousi. Je vais laisser parler ici M. Mohl; je ne veux pas priver le lecteur d'un morceau historique également remarquable par la netteté des vues et la fermeté du style.

1 C'est ainsi que les musulmans appellent le temps qui a précédé la venue de Mahomet.

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