‹ La science et les lettres en OrientChapitre 31 sur 68 · LE SCHAH-NAMEH · texte numérisé non relu

LE SCHAH-NAMEH

nno profonde barbarie. A Paris, quelques moines écrivaient en mauvais latin des jn-oses rimées, et pendant ce temps vivait dans la ville de Thous, aujourd’hui détruite, celui qui devait être un des plus grands poètes de l’univers.

Né d’une famille de dihkans , Firdousi semblait voué par sa naissance au culte des traditions nationales; une éducation littéraire, la connaissance de l’arabe, celle du pehlwi, rare alors dans la Perse orientale, le préparèrent aux compositions et aux succès poétiques. De bonne heure il s’était exercé à composer des chants héroïques, et il avait environ trente ans quand mourut Dakiki, celui que le sultan Mahmoud avait chargé de mettre en vers l'ancien Livre (les Rois, écrit en pehlwi par Danischwer. Firdousi éprouvait un ardent désir de continuer cette œuvre interrompue. Lui-même nous a raconté avec naïveté l’agitation que lui causait ce noble désir, et le bonheur qu’il éprouva dès qu’il se sentit en mesure de le réaliser. « Je désirais obtenir ce livre (celui de Danischwer) pour le traduire dans ma langue; je le demandais à un grand nombre d'hommes, craignant que, si ma vie n’était pas longue, je ne fusse obligé de le laisser à un autre.... Ainsi se passa quelque temps pendant lequel je ne fis part à personne de mon plan, car je ne vis personne qui fût digne de me servir de confident

par! ; M. Molli, par un calcul trcs-liahfle. l’a fixée à l'an Ô20 de l'hégire.

dans cette entreprise. » Bientôt il obtint le trésor qu'il convoitait, n J'avais, ajoute-t-il, dans nia ville, un ami qui m'était dévoué; lu aurais dit qu’il était dans la môme peau que moi. Il me dit : « C’est un beau « plan, et ton pied te conduira au bonheur. Je t’ap- « porterai ce livre pehlwi ; ne t'endors pas, tu as de « la jeunesse et le don de la parole ; tu sais faire un « récit héroïque. Raconte donc de nouveau le Livre « des Rois, et cherche par lui de la gloire auprès des « grands. » Puis il apporta devant moi ce livre, et ma Irislesse se convertit en joie. »

Appelé à la cour de Gaznin, on ne sait pas trop bien à quelle occasion, notre poète eut d'abord quelque peine à triompher de la jalousie de ses rivaux et à fixer l'attention du sultan. Enfin, un quatrain improvisé par ordre sur un favori de Mahmoud fit pour . l’Homère persan ce que n’avait point fait la portion de son grand ouvrage qu’il avait déjà exécutée ; dès ce moment, bien en cour, le poète de Thous reçut, de la bouche môme du souverain, le surnom de Firdousi, Paradisiaque, parce qu'il avait converti l'assemblée en paradis; bientôt après, il fut chargé officiellement par Mahmoud d'accomplir la grande œuvre nationale du Schah-Nameh. Le prince entoura le poêle de tous les secours et de toutes les facilités qu'il pouvait désirer; il lui fit préparer un appartement attenant au palais et qui avait une porte de communication avec le jardin privé du roi. Les murs de son appariement furent

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