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voir que la moitié des peines et des récompenses réservées pour les hommes. Dans son indulgence insultante, la législation du Coran réduit aussi de moitié la pénalité qu’elle inllige en ce monde aux esclaves. L’assimilation est remarquable, et nous voilà bien loin de la galanterie chevaleresque.
En revanche, plusieurs portions du Livre des Rois offrent les rapports les plus frappants avec la principale des traditions héroïques conservées dans YEdda et les Niebelungen. On ne doit pas beaucoup s’en étonner. Dans la famille des langues indo-germaniques la branche persane et la branche germanique se tiennent de près. Parmi les idiomes parlés par cette famille de peuples, les langues germaniques se rapprochent plus qu’aucune autre de l’ancienne langue de la Perse. C’est l'opinion de M. Eugène Burnouf, qui, avec une si admirable sagacité, a retrouvé celte langue. L'idée fondamentale delà religion persane, l’idée de la lutte du bien et du mal, représentés, l’un par les puissances de lumière, l'autre par les puissances de ténèbres, celte idée est la base de la mythologie Scandinave. Enfin, en parcourant les histoires racontées dans le Schuh-Nameh, j'ai déjà rencontré plusieurs analogies frappantes entre quelques-unes de ces histoires et des événements retracés par la poésie germanique du moyen âge. Je vais reprendre les traits principaux de ce rapprochement.
Le combat de Rustem et de Zohrab offre la plus
:.(iO LA SCIENCE EN ORIENT
grande ressemblance avec le combat d'Hildebrand et de son fils Hadebrant, tel qu’il se trouve dans la WUkina-Satja, dans les clianls populaires du Danemark’ et sous une forme plus ancienne dans le précieux fragment de Cassel ’.
Le combat d’un guerrier et d’un dragon, qui est le point de départ des récits accumulés autour du héros germanique Sigurd ou Sigcfrid, se reproduit plusieurs fois dans le Schali-Nnmeh. J'ai signalé entre la mort de ce personnage du Nord et celle de Rustem des rapports vraiment extraordinaires, et qui s’étendent jusqu'à des circonstances minutieuses et telles qu'on ne les invente guère deux fois. On pourrait poursuivre la ressemblance des deux traditions dans de nombreux détails. L’épreuve amicale que font de leur force réciproque Isfendiar et Rustem, en se serrant chacun la main de manière à ce que le sang ruisselle sous les ongles, ressemble à la lutte de Brunhilde et de Sigefrid, dans le récit de laquelle des expressions analogues sont employées ; et de môme que la vaillante reine d'Islande attache avec sa ceinture les pieds elles mains de l’époux qu’elle juge indigne d'elle, dans un poème du cycle persan, la fille de Rustem, « mariée à Guis, l'un des plus braves des Iraniens, lie son mari avec sa ceinture et le jette sous son siège. » Remarquez (pie c’est surtout dans ce qui concerne Ruslem que
1 J. Grimm, Die Iteyde ælteste, etc.; les deux plus ancieus monuments de la poésie allemande.