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pas ici des prétentions du culte sivuïle et de quelques triomphes de ce culte sur celui de Braluna ?
Dans un autre passage du Vichnou-Purûna se montre un vague souvenir d'une religion en dehors du brahmanisme, une religion de la nature, qui semble avoir été professée par les habitants des campagnes, et qui était peut-être un reste de l’ancien culte indigène, réfugié dans les lieux écartés, parmi les tribus nomades; un paganisme indien, dans le sens étymologique du molr paganica numina. Le dieu Krichna, parlant au nom des pasteurs parmi lesquels il habite, dit 1 : « Les esprits de ces montagnes parcourent, dit-on, les bois sous la forme qu’il leur plaît de choisir, ou, sous leur forme naturelle, se joueïil au bord de leurs abimes. S’ils sont mécontents de quelque habitant de la forêt, transformés en lion ou en bête de proie, ils le mettent à mort. C'est pourquoi nous devons adorer les montagnes et offrir des sacrifices aux troupeaux. Qu avonsnous à démêler avec Indra (le dieu du ciel)? Les troupeaux et les montagnes, voilà nos dieux ; laissons les brahmanes faire l’adoration parla prière. «Enfin, on peut voir une trace d’ancienne rivalité entre le culte de Vichnou et le culte de Siva dans la destruction de Bénarès, ville de tout temps, et encore aujourd'hui, sivaïte, que consume le disque enflammé de Vichnou. Ces indications sont peu positives ; mais, quand il s’agit
1 I islmit-l'itrtlna, |iag. 325
d'un pays où l’histoire manque presque entièrement, on est heureux de trouver quelques documents précieux de la tradition conservée par les Pouranas.
Tout émane de Vichnou dans le poème composé pour glorifier sa puissance, même l'ennemi de la religion orthodoxe, le grand hérésiarque, le grand réformateur, le Bouddha. Le Bouddha n’est autre chose qu'une forme illusoire émanée de Vichnou et envoyée par lui sur la terre pour égarer les ennemis des dieux D'autres hérétiques venus après le Bouddha avouent hardiment ici le scandale de leurs doctrines, selon lesquelles les brahmanes ne sont dignes d'aucun respect, et qui proclament qu’il n'y a point de texte divin ou révélé. On voit que le rationalisme a pénétré aussi dans le brahmanisme à la suite de la réforme.
Le principal intérêt qu'ont les Pouranas, c’est de présenter au milieu du désordre, de l'incohérence, de la bizarrerie, qui les caractérisent, un tableau frappant des idées et de l'imagination hindoues. Plus ils sont composés d'éléments hétérogènes, plus ils sont curieux à cet égard ; car la variété môme des matières qu'ils renferment rend plus complet l’enseignement qu’ils peuvent fournir. Je vais tâcher de tirer de ce chaos quelques passages propres à faire connaître le génie religieux, métaphysique, moral et social des Hindous.
1 VithuH-l'uràM, par 357 et stuv.