‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 120 sur 145 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Copernic, au xve siècle, en renouvelant le système de Pythagore, avait renversé toutes les idées admises jusque-là sur la mécanique céleste. Les voyages de Magellan confirmèrent sa théorie en démontrant la sphéricité de la terre. Christophe Colomb remarque la déclinaison de l’aiguille aimantée; Fracastor reconnaît le principe de la décomposition du mouvement; Maurolico, le mécanisme de la vision ; Porta imagine la chambre obscure ; Gilbert avance les connaissances acquises relatives au magnétisme et à l’électricité, et Dominis donne une première théorie du phénomène de l’arc-en-ciel.

Tous les progrès que nous venons d’énumérer dans la marche des sciences physiques avaient été préparés dès la seconde moitié du xvie siècle. Les mathématiques surtout, ainsi que l’astronomie, avaient pris un élan en rapport avec le nombre et l’importance des découvertes maritimes, favorisé d’autre part par les perfectionnements de l’optique dus à Galilée. Vers la fin de la même période, Georges Peurbach, secondé par Jean Muller, de Kœnigsberg, plus connu sous le non de Regiomontanus (traduction latine du nom de sa ville natale), s’appliquait à l’étude et au développement des sciences mathématiques. Peurbach traduisit d’abord YAlmageste 1 de Ptolémée sur une version arabe; mais plus tard il apprit le grec pour la comparer à l’original. Il enrichit la trigonométrie de plusieurs propositions nouvelles, il inventa le

i C’est le nom arabe d’un ouvrage dans lequel l’astronome Ptolémée, d’Alexandrie (125 ans avant Jésus-Christ), réunit toutes les notions astronomiques des anciens et un catalogue de 1022 étoiles. Le texte grec n’en fut découvert qu’au xve siècle , et imprimé à Bâle en 1538.

carré géométrique, il écrivit les Théoriques des planètes et laissa une table des éclipses. Malheureusement, il mourut encore jeune, à l’âge de trente-huit ans (1461).

Regiomontanus fut le meilleur élève et le successeur de Peurbach. Après avoir professé les mathématiques à Vienne, il alla en Italie pour puiser aux sources de la science antique. Il enseigna l’astronomie à Padoue, et fut appelé à Rome par le pape Sixte IV. Il avait travaillé avec son maître à la traduction de VAlmageste. Il traduisit également les Coniques d’Apollonius, les Sphériques de Ménélaüs, les Pneumatiques

d’Héron et les ouvrages d’Archimède. Il professait le

système du mouvement de la terre, et fut en cela le véritable précurseur de Copernic. Regiomontanus calcula la position et les aspects des planètes pour un grand nombre d’années. Il s’occupa des poids et mesures, de la conduite des eaux, et des miroirs ardents. Il exécuta plusieurs ouvrages remarquables de mécanique, entre autres un astrarium ou planétaire, destiné à représenter les mouvements des corps célestes à l’aide de rouages et de cadres. Il mourut à Rome à l’âge de quarante ans. Avant lui Georges de Trébisonde avait donné aussi une traduction de YAlmageste, dans laquelle Regiomontanus avait relevé quelques erreurs, et l’on a dit que les fds de Georges s’en étaient vengés en l’empoisonnant.

Bernard Walther, de Nuremberg, fut le disciple de Regiomontanus. Comme il était fort riche, il faisait les frais des recherches et des expériences de son maître, et il les continua après la mort de celui-ci. Walther observa le premier les effets de la réfraction astronomique. Il fit servir le perfectionnement des

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