‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 145 sur 145 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

son écriture de droite à gauche, et que Galilée luimême insérait dans son Nuncius sidereus certaines phrases tout à fait inintelligibles, cette obscurité volontaire se retrouve dans beaucoup d’autres écrits de l’époque : dans les lettres ( Epistolæ ) de Reuchlin , dans les Colloques et YEncomium d’Érasme, dans Y Utopie de Thomas Morus, dans la Satire Ménippée, dans le roman de Cervantes, et dans le livre où Rabelais déguisait sous des formes grotesques des allusions dont le sens, lorsqu’elles en avaient un, n’était compris que par ceux qui avaient intérêt à le découvrir ou à le supposer.

Lorsque la société éprouve une secousse violente , et que, par la force des événements, elle entre dans une phase nouvelle, tous les éléments dont elle se compose obéissent tour à tour à l’impulsion générale. Tantôt, comme ces inondations qui fertilisent le sol qu’elles ont d’abord dévasté, ces grandes commotions impriment à l’esprit public un élan vigoureux et fécond qui élève le niveau de l’intelligence et du savoir; tantôt un de ces éléments tend à dominer et à s’accroître, tandis que d’autres s’affaiblissent ou s’effacent. C’est à la raison publique, à la sagacité des gens d’étude, de pondérer tous ces éléments, de les compléter l’un par 1 autre

et de les faire tourner au perfectionnement moral de

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