EPILOGUE
laire. Toutes les grandes écoles étaient pourvues de bibliothèques, de collections et d’instruments de recherches; les professions savantes, mieux définies, pouvaient se développer sans sortir du cadre naturel de leurs attributions; enfin les voyages et les découvertes maritimes avaient prodigieusement enrichi la géographie, l’ethnographie, l’histoire naturelle, changé l’ordre du mouvement commercial, étendu les relations de peuple à peuple, et une sorte d’unité intellectuelle s’était définitivement établie entre toutes les nations européennes.
Ce réveil général de la pensée s’était étendu presque en môme temps à tous les éléments de la civilisation. Mais les sciences ainsi que les beaux-arts en
avaient surtout ressenti l’heureuse influence. On re-
trouve jusque dans la littérature de l’époque les mêmes tendances et le même esprit. Mais il était encore si délicat d’énoncer ouvertement certaines vérités, que l’on ne se décidait parfois à les émettre qu’en les enveloppant de voiles et de mystère. De même que les alchimistes et les astrologues employaient un langage bizarre et énigmatique pour mieux cacher le secret de leurs opérations, que Paracelse (comme plus tard Georges Stahl), dans ses écrits, entremêlait à dessein plusieurs idiomes anciens ou modernes, que Léonard de Vinci renversait