‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 104 sur 356 · D'arcuiac. Rapport, page · texte numérisé non relu

D'arcuiac. Rapport, page

de bons fossiles et, de la plupart des autres, de mauvais fossiles *; ils ont, en même temps, mis en lumière le rôle des faciès, l'influence de riiabitat, sur la nature des animaux renfermés dans un terrain : la faune pouvant se trouver beaucoup plus analogue entre deux niveaux d'âge diiïérent formés dans les mêmes conditions qu'entre deux niveaux d'âge identique déposés dans des conditions différentes (l'un, par exemple, vaseux ; l'autre, sableux) ; enfin, ils ont montré le caractère local de ces transformations, ici retardées, là avancées brusquement, par des phénomènes généraux, que nous essayons aujourd'hui de démêler : ils ont eu ainsi pour résultat premier d'introduire, dans ce procédé qui semblait autrefois si simple, une complexité telle qu'elle l'eût peutêtre faitabandonner, ou du moins reléguer au second plan, si on l'avait envisagée dès la première heure.

En résumé, on recherche aujourd'hui, comme caractéristiques d'un étage, les animaux, dontlôvolution paraît avoir été : 4° rapide (animaux impressionnables) ; 2° générale (animaux de haute mer, ou du moins marins).

Je reviendrai bientôt sur ces restrictions imposées aux principes généraux de la stratigraphie paléontologique, quand j'aurai montré les restrictions semblables, imposées également à la stratigraphie tectonique et j'essayerai alors de résumer cette question si importante sous la forme d'un tableau^; il me suffira ici d'indiquer quelques résultats principaux.

Tout d'abord, je viens de faire remarquer tout à l'heure à quel point la rapidité de variation différait suivant les espèces. L'un des perfectionnements principaux de la paléontologie a été de reconnaître peu à peu quelles étaient, dès lors, les espèces utiles à envisager, celles, au contraire, beaucoup plus nombreuses, que l'on devait considérer comme négligeables. Il est, d'ailleurs, probable que le nombre de celles-ci teudra à diminuer à mesure que les organismes fossiles seront mieux connus : les variations, quoique moins sensibles, devant néanmoins exister. Démontrer en paléontologie la variabilité d'une espèce, jusquelà considérée comme invariable, équivaut à trouver en chimie un nouveau moyen d'analyse.

Parmi les animaux, qui se sont modifiés le plus rapidement, dont r « extension verticale » dans la série des étages géologiques super-

1. Les êtres semblent, en moyenne, d'autant plus variables qu'ils sont plus compliqués (c'est-à-dire qu'ils ont plus d'organes et de fonctions correspondantes susceptibles d'être modifiés), d'autant plus permanents qu'ils sont plus simples. On est ainsi conduit à penser que l'évolution a dû être d'abord extrêmement lente et se précipiter ensuite peu à peu en raison même de ses propres progrès.

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