‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 103 sur 356 · CHAI». VI. — PALÉONTOLOGIE STRATIGRAPHIQIIE · texte numérisé non relu

CHAI». VI. — PALÉONTOLOGIE STRATIGRAPHIQIIE

comble et simultanément sur loule la Terre, celle entreprise énorme apparaissait presque facile. C'est ainsi que fut obtenue, par exemple, en 1828, l'échelle géologique de de Humboldl, insérée par Cuvier dans ses « Révolutions du Globe » et dont je reparlerai tout à l'heure. C'est ainsi également que fut établie, en 1849, la série de d'Orbigny, demeurée la base de toutes nos études modernes. C'est encore de même, à des variantes près, qu'ont été déterminées les séries les plus récentes, aux subdivisions de plus en plus multipliées.

Cependant, dès que les études de stratigraphie paléontologique perdirent leur caractère tout à fait local du début et commencèrent à porter sur toute la surface de la Terre, en poursuivant partout une précision de plus en plus grande, on rencontra, dans la pratique, des difficultés inattendues, qui tenaient, à la fois, à la nature des choses mômes et au principe inexact adopté comme point de départ; on s'aperçut alors que l'application de la paléontologie à la stratigraphie ne pouvait se faire, en quelque sorte mécaniquement, automatiquement, comme on l'avait espéré en commençant.

Ainsi, le premier procédé, employé par Deshayes et Ch. Lyell à l'occasion des terrains tertiaires, réduisait cette application à une simple opération d'arithmétique-, il consistait « à déterminer le nombre des espèces de mollusques encore vivantes dans les mers actuelles, que renfermait la faune connue d'une couche donnée; on jugeait alors celle-ci d'autant plus ancienne que le chiffre de ces espèces était moins élevé'».

Plus tard, une série d'autres procédés analogues furent également fondés sur la faune entière d'un terrain : tous les fossiles étant considérés comme à peu près d'égale valeur.

C'était partir implicitement de cette hypothèse première que tous les êtres avaient été renouvelés en même temps, ou, si l'on veut, s'étaient modifiés simultanément; c'était donc nier ce principe, aujourd'hui regardé comme fondamental, que la qualité des fossiles importe beaucoup plus que leur nombre ; c'était enfin méconnaître l'évidente nécessité, si l'on veut échapper à des confusions inexplicables, de ne pas adopter à la fois plusieurs étalons de mesure indépendants, que l'on suppose gratuitement reliés les uns aux autres.

Les progrès de la paléontologie straligraphique ont consisté à montrer, au contraire, la rapidité d'évolution extrêmement différente des diverses espèces, qui fait, suivant une remarque de M. Douvillé, de certains fossiles très impressionnables, très rapidement transformés,

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