‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 106 sur 356 · Voir plus loin page 244, les figures · texte numérisé non relu

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2. On trouvera une intéressante discussion de la méthode stratigraphiquc dans l'introduction du mémoire de M. de Grossouvre sur la craie supérieure (1901). Plusieurs des exemples cités plus loin lui sont empruntés.

sans savoir ce qui se passe entre elles, on serait probablement conduit à des assimilations tout à fait inexactes.

Inversement, il est tout aussi dangereux d'établir une différence d'âge entre deux terrains, comme on l'a fait trop souvent autrefois, parce qu'ils présentent un faciès différent. C'est un des faits les plus évidents sur toutes nos côtes, un des plus faciles à constater chaque jour, que la précipitation simultanée, môme à faible distance, de dépôts (argiles, sables, galets, calcaires, etc.), n'ayant aucun rapport physique apparent les uns avec les autres, contenant des animaux très divers et, cependant, rigoureusement contemporains.

Dans de pareils cas, on peut employer le principe suivant dû à Bayan * :

« Si, en deux points différents, une succession de trois couches comprend deux assises extrêmes identiques, il y a beaucoup de chances pour que l'assise intermédiaire soit elle-même identique, quel que soit son faciès (calcaire dans un cas, grès dans l'autre). »

Un autre principe, énoncé par M. Rutot^ quoique rentrant déjà dans la tectonique, peut être également retenu :

« L'ensemble des sédiments déposés pendant un affaissement lent et prolongé peut être considéré comme se composant d'une succession de tranches superposées plus ou moins obliques, dépendant de l'inclinaison du fond et de l'abondance des dépôts. Chacune de ces tranches comprend trois zones successives du rivage vers le large : d'abord graveleuse, puis sableuse, puis argileuse, qui sont pourtant contemporaines. »

Enfin il y a lieu d'envisager, en stratigraphie, le cas très particulier des terrains, qui, au lieu de s'être formés par dépôt dans un bassin de sédimentation marin ou lacustre, se sont produits par un entraînement alluvionnel ou glaciaire le long d'un cours d'eau ou d'une moraine, par une altération chimique superficielle, par une action éolienne, etc.. : c'est-à-dire que leur allure est directement en rapport avec la topographie accidentée d'un continent émergé. Les problèmes compliqués qu'entraîne cette considération se posent rarement pour des étages anciens, parce que de telles formations continentales, qui sont les premières détruites par les érosions, n'y subsistent guère. Mais ils présentent un intérêt tout particulier quand il s'agit d'établir un ordre de succession stratigraphique dans la période de temps très voisine de nous, qui constitue le pléistocène (57 à 59) : période, pour laquelle nos autres instruments chronologiques, fondés sur la stratigra-

1. Sur le jui'ossique supérieur (I87i; Bull. Soc. géol., 3" sér., t. If, p. 317).

2. RuTOT. Le phénomène de la sédimentation manne (1883; Bull, musée Royal d'histoire naturelle de Belgique, t. II).

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