‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 112 sur 356 · CIIAP. VI. — RESTRICTIONS AUX PRINCIPES FONDAMENTAUX · texte numérisé non relu

CIIAP. VI. — RESTRICTIONS AUX PRINCIPES FONDAMENTAUX

i\. Quand deux couches déterminées en comprennent une troisième dans une région et que, dans une autre région voisine, la couche intermédiaire manque, cette lacune correspond à un phénomène, qui a, soit empêché cette couche de se produire, soit détruit ses bancs après leur dépôt.

là. Quand une couche, ou un système de couches, est superposé obliquement sur une autre couche, ou un autre système de couches (discordance), il s'est produit, dans l'intervalle des deux dépôts, un phénomène, qui a déplacé le système inférieur de sa position primitivement horizontale.

13. Il y a eu, dans l'histoire de la Terre, un certain nombre de périodes distinctes, séparées par autant de cataclysmes, qui ont anéanti chaque fois toute la faune antérieurement existante, et débuté par une création nou velle.

du faciès. En pratique, il faut retenir que la faune est fonction à la fois de l'âge et du faciès.

11. La couche intermédiaire peut n'être qu'un représentant local, et synchronique du bas do la couche supérieure, ou du haut de la couche inférieure, ou même un faciès latéral des deux à la fois. La lacune lithologique n'implique pas la lacune sédime n taire.

M. La nécessité est loin d'être absolue: elle n'existe pas pour tous les dépôts littoraux un peu troublés à mélanges de sédiments vaseux et argileux, pour les dépôts de deltas, pour tous les sédiments où intervient un phénomène fluviatil, etc. En pratique, ces cas « de fausse stratification » sont du reste faciles à reconnaître.

13. Ce principe, admis par Cuvier, puis par dOrbigny (1852) nous paraît inexact : il n'a jamais dû y avoir destruction, mais déplacement, ni création nouvelle.mais transformation par évolution. Les brusques changements de faune, que nous croyons toujours constater à cerla*«»es dates caractéristiques, sont attfib aables à d'autres causes.

14. Les séparations entre les grandes périodes géologiques (telles que le jurassique et le crétacique, le crétacique et l'éogène, l'éogène et le néogène) sont marquées par des mouvements généraux delà mer, caractérisés par des transgressions de dépôts marins sur les continents antérieureuicct émergés.

14. Ces mouvements sont tous plus ou moins localisés; il a dû y avoir, presque toujours, simplement bascule; la mer s'est reportée d'un point à un autre : la transgression d'une région paraît le plus souvent concomitante d'une régression ailleurs. En outre, ces mouvements sont très loin d'être instantanés et partant simultanés, mais se sont étendus sur de très longues périodes. Ils sont, à la fois, fonction de l'espace et du temps.

IV. — Conclusions relatives à la chronologie des sédiments. Tableau chronologique par étages.

L'établissement de la chronologie sédimentaire pourrait, à la rigueur, être considéré comme un résultat définitif de la géologie et bien des géologues, en effet, l'envisagent comme tel ; dans la pratique, cette chronologie occupe la plus grande partie des traités de géologie et sa connaissance ou son application constituent, pour les étudiants, le principal travail. Si j'avais adopté cette opinion, j'aurais dû la rejeter, dans la seconde partie du volume, où seront traités les résultats géologiques et lui attribuer moi-même une place importante. Mais elle ne me paraît être qu'un instrument professionnel, une sorte de cylindre enregistreur à repères inégalement distants, destiné à inscrire à leur place des faits de tous genres et dont les détails de mécanisme importent peu, si Ion veut connaître la Science géologique plutôt que la pratique. Cependant il est impossible de comprendre une discussion géologique quelconque, il est même difficile d'exposer les résultats fondamentaux de la science, si on ne connaît pas au moins les noms, par lesquels on est convenu de désigner les grandes périodes de l'histoire terrestre et leur numéro d'ordre dans la série. C'est pourquoi j'ai cru devoir reproduire ici, sans commentaire (page 222 bis), un tableau, déjà publié ailleurs S qui résume la classification la plus récente des étages géologiques, proposée en 1892 par MM. Munier-Chalmas et de Lapparent, et rappelle (entre parenthèses) certaines dénominations anciennes (culm, keuper, etc.) encore très usitées.

Cette classification a été, on le conçoit aisément, précédée par beaucoup d'autres, qui, chacune à leur tour, ont représenté, sous une forme extrêmement condensée, l'état de la science stratigraphique et paléontologique au moment où on les a proposées.

L'un des premiers essais de ce genre est la classilication de de Humboldt, insérée en 1828 par Cuvier dans son « Discours sur les révolutions du globe », qui comprenait environ 25 termes, depuis le granité, considéré comme le soubassement général, jusqu'aux dépôts d'alluvion-.

i. Géologie pratique, pages 296 et 297.

2. De IIumboldt, qui s'inspire visiblement de Werner. divise les formations primitives en granités, gneiss, micaschistes et schistes argileu.\ ; puis viennent les terrains intermédiaires ou de transition (calcaires à orthocératites et trilobites, schistes avec lydiennes, grauwackes, diorites). L'étage équivalent à notre permien et le carbonifère forment un terme suivant; à la place de notre trias, on trouve déjà ses deux divisions inférieures, grés bigarré et rauscheikaik; une seule assise

Tableau chronologiqï

Groupe I.

Systèmes.

Etages,

Sous-

ëtigcs.

Groupe II.

Systèmes.

Etages.

Sousôtuires.

Groupe III.

Systèmes.

Etages.

Sousétages.

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