‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 120 sur 356 · Bull. Serv. Carte géol., n» 90, p · texte numérisé non relu

Bull. Serv. Carte géol., n» 90, p

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certains noyaux cristallins des Montagnes Rocheuses et reconnu par là que ces noyaux solides avaient soulevé et tordu des couches flexibles dans un plissement*.

Ces méthodes graphiques, sur lesquelles je n'aurai pas l'occasion de revenir, peuvent encore servir, à la fois, à la paléo-géographie et à la tectonique, qui, par bien des côtés, se tiennent de près.

Ainsi, l'on a pu établir une carte des plissements subis par les terrains secondaires et, en particulier, par la craie, avant l'arrivée de la mer tertiaire dans le bassin de Paris-.

Pour dresser une semblable carte, il suffit d'observer les points où le tertiaire repose sur le crétacé et de noter là avec quel étage il se trouve en contact. C'est, évidemment, cet étage-là du crétacé, qui existait, en cet endroit, au fond de la mer tertiaire, avant qu'elle n'eût déposé ses sédiments et, en affectant ce point de la couleur correspondante, on peut, de proche en proche, établir une carte géologique du fond de la mer tertiaire, à la fin du crétacé ; de même du fond de la mer crétacée, à la fin du jurassique. Ces cartes représentent l'état de choses ancien, à la condition cependant qu'il n'y ait pas eu de déplacements horizontaux postérieurs, ayant inégalement déformé les diverses parties des couches. Dans l'hypothèse de l'abrasion complète, que l'on suppose avoir accompagné souvent les transgressions marines, c'està-dire en admettant l'aplanissement du sol sur lequel cette mer s'est étendue ^ de semblables cartes nous donnent des sections horizontales approximatives de la Terre avant le tertiaire ou le crétacé.

Si l'on examine alors, sur une telle carte, la façon dont les terrains de plus en plus récents 1, 2, 3, 4 apparaissent en contact les uns avec les autres, la seule forme des courbes de contact montre le caractère des plis qui affectaient alors ces terrains. Si l'on obtient, par exemple, la carte ci-jointe (fig. 30), il est évident que l'on avait : en ab, un axe anticlinal (une voûte) et, au contraire, en cd, un axe synclinal (une cuvette). Quand une carte du fond de la première mer crétacée accuse ainsi des plissements du jurassique, on peut en conclure que ces plissements se sont formés entre le jurassique et le crétacé.

Enfin, une méthode analogue permet, en prenant des coupes géologiques, où les terrains apparaissent plissés et faisant subir aux courbes une

1. Travaux de Holmes dans les Elk mountains du Colorado [in Suess. loc. cit., l. 213).

2. On trouvera les détails delà méthode dans Marcel Bei\tr\nd. Sur la continuité duphénomène de plissement dans le bassin de Paris (Bul. Soc. géol. 3» sér., t. XX, 1892).

3. Voir, page 260, des exceptions a cette loi trop générale, contre laquelle M. GossELET s'est élevé avec raison (Les assises crétaciques dans les sondages du Nord de la France, 1904, page v).

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correction inverse de la déformation introduite par les derniers plissements, de retracer la coupe géologique, telle qu'elle devait être à une époque quelconque. Toutes les fois que l'on a affaire à des terrains déposés horizontalement, ce procédé est susceptible de quelque exactitude.

Mais ce ne sont là que des modes de représentation ou d'étude géométrique. En ce qui concerne le raisonnement à suivre, il faut, avant tout, partir de cette idée que la tectonique nous amène à étudier les terrains dans des conditions plus ou moins contraires aux règles normales de la stratigraphie et que la stratigraphie paléontologique doit, néanmoins.

Fi?. 30. — Schéma de carte géologique en terrain plissé.

rester satisfaite ; c'est-à-dire que, mis en présence"*"*! un ensemble disloqué, bouleversé, connu seulement par tronçons, on se propose de retrouver la série de mouvements mécaniques, par lesquels cet ensemble, d'abord normal, a pu être amené jusqu'à cet état complexe : l'interprétation graphique des hypothèses permet d'y arriver avec une certitude plus ou moins complète.

Ainsi, la loi la plus élémentaire de la stratigraphie consiste à admettre que les terrains sédimentaires se sont superposés les uns aux autres avec les progrès du temps, de telle sorte qu'en les numérotant aujourd'hui de la base au sommet dans leur ordre de superposition, on a des étages 1, 2, 3, 4 de plus en plus récents. On part également de cette idée que ces sédiments sont, en principe, horizontaux et se retrouvent, par suite, au même niveau dans les diverses entailles résultant de la topographie actuelle.

J'ai déjàindiqué, dans le chapitre relatif à la stratigrapliie', combien ces principes trop absolus étaient contredits par la stratigraphie elle-même, c'est-à-dire par le mode de dépôt, de telle sorte qu une même couche peut être, en divers points de son étendue, de plusieurs âges distincts,

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