Voir, plus haut, page 32 et figure
CilAP. VU. — MÉÏllOUES GRAI'HIQUISS EN TECTONIQUE 235
observations géologiques par une hypothèse mécaniquement admissible. Dans ce travail, qui consiste surtout à imaginer, d'après les afileurcmonts visibles, les parties cachées sous la surface actuelle et les parties disparues par l'érosion au-dessus de cette surface, on se trouve guidé parla nécessité de satisfaire, à la fois, aux exigences de plusieurs profils et les hypothèses inexactes, que l'on peut ôtre tenté d'adopter sur un de ces profds, se trouvent successivement éliminées par les autres. C'est comme le mouvement d'une statue, qui doit rester harmonieux, dans quelque sens qu'on le regarde. La tectonique devient ainsi, de plus en plus, une géométrie descriptive de précision. On emploie, outre les profils, qui sont particulièrement aptes à représenter les déformations des terrains, tous les autres systèmes de représentations, susceptibles de figurer un état de choses réel, ou une conception théorique, sous une forme plastique, où ses particularités, et quelquefois ses incohérences, sautent aux yeux; on s'ingénie à tracer des plans, montrant par courbes de niveau la topographie souterraine d'une couche déterminée, supposée débarrassée de tout ce qui la recouvre ; on dessine également des réseaux de failles avec leur amplitude et leur sens, etc., etc.
C'est ainsi que l'on peut découvrir, en son relief topographique, la surface qui forme actuellement la base d'un terrain ancien existant dans la profondeur, comme M. de Lapparent l'a fait pou« le pays de Bray, M. Marcel Bertrand pour le Boulonnais et comme je 1 ai essayé moimême pour le tertiaire de la vallée du Cher, ou la couche aurifère du Witwatersrand. Si l'on choisit un terrain, qui s'est déposé horizontalement sur un fond de mer nivelé après une transgression marine, les plissements qu'accuse aujourd'hui ce terrain mettent en évidence les mouvements subis par la région depuis son dépôt, à l'exclusion de tous les mouvements antérieurs.
Dans le même ordre didées, en utilisant point par point les intersections des contours géologiques avec les courbes de niveau topographiques, MM. de la Noë et de Margerie ont dressé, par courbes de niveau, l'allure du sommet de l'étage portlandien supposé continu, sur toute l'étendue du Jura Franco-Suisse ; ils ont également, dans tout le Nord-Est de la France, tracé les courbes structurales pour vingt-quatre horizons stratigraphiques différents et mis ainsi en évidence la tiiscordance très marquée du crétacé sur le jurassique au Sud de l'Ardonne *.
On a, par des procédés du même genre, reconstitué une véritable image des déformations que présentent les terrains prolonds autour de