‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 15 sur 356 · vol. Paris, Dunod · texte numérisé non relu

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CHAP. I. — Ml^THODES GÉNlÏRALliS. -TRAVAUX DANS LE LABORATOIRE 31

fait justice de telles opinions, et les résultats de ces synthèses sont parmi les plus précieux que nous ayons pour nous éclairer sur la constitution profonde du globe. Je me propose, en raison de l'importance de la question, de revenir au chapitre v' sur les méthodes de synthèse et leurs résultats ; dès ce moment, nous pouvons remarquer que, pour considérer un minéral comme reproduit synthétiquement, il faut avoir vérifié les conditions suivantes : non seulement le cristal artificiel doit présenter la même composition chimique, le même système cristallin, les mêmes propriétés optiques que le cristal naturel ; il doit encore avoir été obtenu dans les conditions que font prévoir son gisement et ses associations minéralogiques ; l'observation précède donc nécessairement là encore l'expérimentation et la dirige.

Les synthèses des minéraux permettent de reconnaître ceux qui se sont produits dans la nature par fusion ignée et ceux, au contraire, qui ont dû cristalliser dans une circulation d'eau chaude. Elles font voir, en outre, les réactifs chimiques, qui sont probablement intervenus.

Les synthèses de roches ont également mis en évidence ce fait imprévu et bien curieux que la simple fusion, puis le refroidissement dune masse homogène, pouvaient déterminer la cristallisation simultanée de plusieurs minéraux : minéraux parfois variables avec les conditions d'expérience.

b) Reproduction des phénomènes mécaniques. — Dès la fin du xviii* siècle, Hall en Ecosse, Buffon en France, tentaient de premiers essais de géologie expérimentale.

Plus tard, Daubrée s'est efforcé de reproduire par l'expérimentation un grand nombre de phénomènes mécaniques : striage des roches, cassures, failles et diaclases, systèmes de filons, laminages, schistosités et plissements, perforations par des explosions gazeuses, etc. Deux de ces expériences, devenues tout à fait classiques, feront comprendre la méthode suivie : c'est la production, soit par torsion, soit par pression, d'un réseau régulier de cassures.

Prenant une plaque de glace et fixant l'une de ses extrémités dans un étau, on a encastré l'autre dans un tourne-à-gauche, au moyen duquel on a provoqué la rupture (fig. 3). Il en résulte un système de cassures en dents de scie, avec bifurcation en éventail à partir de chaque sommet, qui rappelle, d'une façon frappante, les plans de certains systèmes de filons, ou les « décrochements » de quelques grands massifs anciens, comme notre Plateau Centrale

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