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CIIAP. X. — METAMORPIIISMi: CHIMIQUE EN PROFONDEUR 3W
donc, en résumé : a) suivant la nature du terrain influencé; b) suivant la nature de la roche active, et l'abondance de ses principes volatils ; c) suivant le mode d'action (en profondeur ou à la surface, à distance ou au voisinage, etc.).
a) La nature du terrain influencé a une grande importance. Un grès, ou un sable quartzeu.v, qui ne fournissent par eux-mêmes aux réactions métamorpliisantes que de la silice, seront, en moyenne, peu transformés; il pourra seulement y avoir agglutination par de la silice nouvelle et recrislallisation des grains primitifs avec le ciment, ou, si le grès était argileux, développement d'un peu de mica par apport alcalin, plus rarement injection feldspathique. Les phénomènes deviennent, au contraire, bien plus intenses dans une argile, ou surtout dans un calcaire, qui fournissent, avec la silice, de l'alumine, de la chaux, parfois de la magnésie ou de l'oxyde de fer, en môme temps que l'apport du métamorphisme se traduit surtout par des alcalis et des métalloïdes. Dans largile transformée en schiste, on trouvera donc, outre le mica et le feldspath, des minéraux, tels que le grenat, la cordiérite, l'andalousite, la staurotide, le disthène, etc. Dans le calcaire passé à l'état de cornéenne calcaire ou de marbre à minéraux, on aura, outre des feldspaths, des grenats calcaires, des pyroxènes, des amphiboles, de la zoïzite, de la wollastonite, de l'idocrase, de la couséranite, de la chondrodite, du sphène, du spinelle, etc..
Les zones de contact métallifères des roches dioritiques du Banal avec des calcaires sont tout à fait classiques.
Quand on s'éloigne de la roche éruptive, on voit les réactions s'aflaiblir, les apports se réduire. Au début, les alcalis en abondance produisent, surtout dans les schistes (silicates d'alumine) un tel développement de feldspaths que l'on passe à des gneiss ; avec les calcaires ou les dolomies, on obtient alors des diorites, amphibolites, pyroxénites, probablement des leptynites par silicification. Plus loin, le mica se développe encore, dans toutes les fissures et les plans de schistosité, par des apports plus subtils. Enfin, à distance, il n'y a souvent qu'une cristallisation des éléments mêmes du terrain : la roche éruptive donnant seulement alors la chaleur nécessaire aux dissociations ou au.x volatilisations de l'eau souterraine et peut-être les fumerolles minéralisatrices ; on voit, dans ces conditions, le calcaire passer au marbre, et la matière organique au graphite, etc.
b) La nature de la roche active, c'est-à-dire la composition du magma en fusion, qui se trouve en contact plus ou moins direct avec le terrain à métamorphiscr, intervient, elle aussi, dans l'allure du phénomène. Les magmas basiques, à simple fusion ignée, sont généralement moins
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actifs que les magmas acides, dont les granités représentent le type le plus normal en profondeur. C'est que, dans le métamorphisme, la plus grande part doit être attribuée aux départs hydrothermaux et aux lumerolles, qui sont rares avec les premiers, abondants avec les seconds. Quand nous reviendrons plus tard sur ces phénomènes*, nous choisirons les granités comme donnant les plus beaux exemples do métamorphisme : 1° endomorphe, 2° exomorphe ; c'est-à-dire : 1* de variation dans leur propre composition par l'absorption des terrains traversés ; 2° d'influence sur les terrains en contact; mais nous verrons alors que, même des roches basiques, comme les Iherzolithes, et, à un degré moindre, les ophites, donnent quelque chose d'analogue cl l'observation est d'autant plus frappante, dans ce cas, que la Iherzolite, dont émane ainsi un apport d'alcalis, n'en contient pas elle-même.
Naturellement, l'apport chimique du métamorphisme dépend de la composition du magma actif; cela se traduit surtout par la prédominance de l'un ou l'autre alcali, ces alcalis tenant une part essentielle dans cet apport.
c) Enfin, pour ce qui concerne le mode d'action, l'intensité du métamorphisme croît très rapidement et change d'allure, à mesure que l'on se rapproche de son point de départ et surtout à mesure que l'on atteint des zones plus profondes : cette notion de profondeur étant, ici comme partout en géologie, indispensable à considérer. Il est visible que la vapeur d'eau et les minéralisateurs, auxquels nous attribuons la plus grande part dans ces phénomènes, se sont dégagés et dissipés en montant vers la surface, tandis que, concentrés sous pression en profondeur, ils y ont exercé leur maximum d'action. Dans les régions profondément décapées, comme le Plateau Central, où comniencent à apparaître, au jour, en grandes taches dispersées, les masses de granités, peut-être reliées entre elles en profondeur, le métamorphisme prend alors une telle extension que l'on risque d'en méconnaître la véritable nature. Tous les sédiments primaires disparus se montrent sous l'apparence de gneiss, micaschistes, amphibolites, etc., confondus avec les mêmes terrains d'âge archéen, qui peuvent coexister auprès deux. Une région moins profondément entamée, comme la Bretagne, présente les réactions métamorphiques sous une forme plus instructive, parce que le phénomène plus restreint a ici une limite, au delà de laquelle on retrouve les mêmes sédiments restés fossilifères : ce qui permet d'établir le passage. Quand on suit les mêmes plissements de la Bretagne au Plateau Central (en les voyant seulement émerger de plus