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Ibid., 14 mars

3. Voir L. De Lau.nav, Noies sur la théorie des gîtes minéraux. Le rôle du tilane en géologie (Ann. des mines, janvier 1903).

cil A p. X. — ALTÉRATION SUPERFICIELLE DES ROCHES CRISTALLINES 319

Plus souvent cependant, les altérations, (jui s'exercent sur un minéral, ont pour effet de lui substituer progressivement : soit une forme plus stable du même principe chimique ; soit une autre substance plus tixe, qui est souvent la silice. Celte transformation s'opère fréquemment en gardant la structure extérieure du cristal primitif et constitue alors ce qu on appelle une pseudomorphose.

Nous avons déjà vu, par exemple, à diverses reprises, la silice libre former Tabnutissement dernier des silicates, quand la chaleur n'intervient pas pour la remettre en combinaison. De même, les divers sels de fer finissent tous par produire du sesquioxyde de fer, après avoir donné des sels divers de protoxyde, sulfate, carbonate, etc. Le manganèse aboutit au bioxyde. D'autre part, on trouve constamment la silice substituée à de la calcite, à de la barytine, à de la fluorine, etc.

Ces diverses altérations des roches éruptives, qui se produisent audessus de la zone hydrostatique, ne doivent pas être envisagées comme un cas particulier, comme une singularité minéralogique, mais comme la règle normale. Leur degré seul diffère ; mais tous les pétrographes savent à quel point il est difficile — et, pour certaines catégories de roches plus attaquables, impossible — d obtenir un échantillon frais, intact, gardant ses minéraux primitifs et susceptible de fournir, soit un examen microscopique fructueux, soit une analyse chimique utilisable. C'est même, pour le dire en passant, une des raisons qui ne permettent pas de chercher, dans les analyses chimiques, comme principe de la détermination des roches, toute la précision que l'on a parfois voulu leur attribuer. Sans parler de ces transformations kaoliniques, qui, sur 30 ou 40 mètres d épaisseur, ne laissent que du kaolin et du quartz à la place de pegmatitesS ou même de ces réactions intenses, qui, le long de bien des gîtes métallifères et sous liufluence des eaux sulfatées, rendent parfois toutes les roches absolument méconnaissables sur des centaines de mètres de large, on suit, par l examen microscopique d'une roche quelconque, jusque dans l'intimité des minéraux, le processus de l'altération, qui peu à peu transforme d'habitude les feldspaths en kaolin et en séricite, le pyroxène, lamphibole ou le mica noir en calcite, chlorite, etc., l'olivine en goethite et serpentine, qui ailleurs produit des minéraux comme les zéolithes ou 1 épidote, tout à fait caractéristiques des zones altérées et fréquemment accompagnés par des reprécipitations de calcile.

Enfin un phénomène, que nous allons avoir plus spécialement l'occa-

1. J'ai montré (Xoiesmr la théorie des gîtes minéraux, kaolin de Saint-Yrieix. Ann. des Mines, janvier 1903) comment ces observations sappliquaient aux grands gîtes de kaolin du Limousin.

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sion d'étudier pour les terrains, est celui de la silicification, qui ne nécessite nullement, comme on le croyait autrefois, des venues gcyscriennes ou des sources thermales, mais qui peut résulter de simples circulations superficielles au milieu de roches à silicates alcalins. C'est ainsi que le résultat final d'une période d'émersion continentale se traduit souvent par une silicification, un durcissement, — particulièrement caractérisés, quand, à la suite d'un plissement, tous ces phénomènes d'érosion et de circuits hydrauliques ont pris une intensité spéciale — . Il n'y a probablement pas d'autre cause à chercher pour la silicification, que j'ai depuis longtemps signalée aux abords et dans le fond de tous les bassins houillers stéphaniens du Plateau Central, remplissages de lacs creusés après les plissements westphalicns.

b) L'alléralion des terrains sédimenlaires obéit aux mêmes lois que celle des roches cristallines, mais dans des conditions beaucoup plus simples et plus théoriques, parce que les substances en jeu ont déjà subi une première classification, un premier isolement dans les eaux et, en outre, parce que la circulation des eaux souterraines se fait, généralement, avec plus de facilité, sur de grandes épaisseurs, dans les sédiments que dans les roches cristallines. Tandis que, dans les roches, les fissures sont peu nombreuses et tendent vite à s'obstruer par des résidus argileux, les innombrables cassures des calcaires, les interstices entre les grains de sable, les plans de joint des schistes se prêtent à des infiltrations nombreuses et plus éparpillées, d'où peuvent résulter des apparences de niveaux d'eau profonds, des sources volumineuses, ayant même parfois, dans les terrains calcaires, parcouru de véritables rivières souterraines, avec accès presque constant de l'air libre.

Les sédiments, lorsqu'ils n'ont pas subi un métamorphisme de profondeur, qui les a ramenés au cas de roches cristallines, présentent généralement déjà, à l'état d'isolement: d'une part, les carbonates de chaux et de magnésie; de l'autre, la silice; ailleurs, l'alumine ou le silicate d'alumine ; les alcalis y sont rassemblés sur certains points très particuliers et les autres substances, telles que le phosphore, la baryte, la strontiane ont également été soumises déjà à une première concentration. L'action des eaux superficielles peut alors être beaucoup plus complète et aboutir à des termes plus définitifs par disparition de la chaux et par fixation de la silice. La décalcification et la silicification, accompa^ gnées, dans une zone supérieure, par des oxydations ou rubéfactions, sont des phénomènes tout à fait généraux, auxquels vont s'ajouter la dissolution des substances plus solublcs, telles que le sulfate de chaux ou le chlorure de sodium, qui peuvent exister encore el.la concentra-

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