‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 177 sur 356 · Page · texte numérisé non relu

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2. Il semble difficile de concevoir un anticlinal sans aucun synclinal accolé et réciproquement, bien 'que M. Léo.n Beutu.vxi) ait parlé d'aires synclinales indépendantes de tout anticlinal (Bull. Carte Géol. n» 56, p. 203). En principe, il suffit de tenter l'expérience pour voir qu'une lame élastique ne se plisse pas dans un sens, sans qu'il y ait à côté plissement inverse. L'anticlinal et le synclinal sont connexes. Et

CIIAP. XI. — MOUVEMENTS TANGENTIELS. — CHARRIAGES 36t

Ce pli n'a pas, en général, son plan de symétrie vertical, mais peut, suivant une remarque antérieure, s'incliner de plus en plus et arriver à se coucher. La superposition de plusieurs plis couchés, comprenant chacun deux ou trois terrains, peut alors donner des empilements de ces deux ou trois terrains, se répétant par séries superposées les unes aux autres, tantôt dans l'ordre de la stratigraphie naturelle, tantôt dans Tordre inverse. Ces plis couchés, qui prennent ainsi l'allure de nappes, parfois replissées postérieurement, peuvent s'être étendus, dans les régions montagneuses, sur des dizaines de kilomètres, probablement même, comme on la supposé en Suède, sur une centaine, ou, comme M. P.Termierl'a fait admettre pour les Alpes Orientales, sur une zone égale à la largeur des Alpes, des Hohe Tauern au Nord des Alpes calcaires, où, d'après lui, il n'y aurait absolument rien en place*. Leur racine peut de plus avoir disparu, ou être tellement écartée qu'on ne la reconnaît plus, de sorte que, par suite d'un semblable charriage, l'on retrouve, très loin de leur point de départ, soit à l'état de nappes couchées, soit à létal d'écaillés arrachées, des terrains exotiques sans aucun lien avec ce qui existe au-dessous.

Les exemples de tels charriages, ayant emporté des masses de terrains horizontalement à plus de 30 kilomètres, sont aujourd'hui connus dans une foule de régions, dans les Alpes, la Provence, les Pyrénées, l'Himalaya, le bassin houiller du Nord, la chaîne Scandinave, en Ecosse, dans les Appalaches, etc., et l'on parle aujourd'hui couramment d'un transport opéré à loO ou 200 kilomètres de son origine.

C'est sous cette dernière forme surtout que les phénomènes tectoniques prennent un intérêt géologique considérable.

Voici dans quels termes Marcel Bertrand, qui a été à cet égard un initiateur, définissait, dès 1898, ces manifestations extraordinaires sur un de leurs types les plus classiques •

« Le massif de l'Ardenne est un massif charrié, qui, dans son mouvement vers le Nord, a entraîné à sa base des lambeaux de terrains renversés (lambeaux de poussée). Il a, de plus, entraîné, aux points où, pour une raison ou pour une autre, la pression et l'adhérence se sont trouvées augmentées, un morceau du substratum, constituant, audessous du lambeau de poussée, ce qu'on peut appeler une lame de charriage, un lambeau non renversé au-dessous des lambeaux ren-

je ne crois pas qu'on soit en droit d'attribuer, comme on l'a fait, plus de simplicité au synclinal ni plus d'importance à l'anticlinal. (Voir Ziikcheu. Sur les lois de formalion des plissements de Vécorce terrestre. Feuille des jeunes naturalistes, l"sepl. 1801). On considère souvent les anticlinau.\ comme positifs, les synclinau.x comme négatifs.

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