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CllAP. XI. — MOUVEMENTS VERTICAUX. - HORSTS, ETC. 3li9

Le cas de l'axe érythréen entre la Syrie el les grands lacs africains est très différent. Il y a là, à travers une région de tables presque horizontales, ou ne présentant que des plis à très faible courbure, une fosse d'effondrement linéaire, dont la clef de voûte paraît s'être enfoncée à l'époque pléistocène et suivant laquelle les mouvements se continuent encore.

La notion des fiorsts, telle que la concevait son auteur, supposait une immobilité absolue du pilier solide, autour duquel le reste s'affaissait, en sorte que lo sommet du iiorst con.slituail, pour M. Suess, un point de repère absolu des anciens niveaux marins par rapport au centre de la Terre. Pour lui, il ne pouvait y avoir déplacement de bas en haut. Il semble, cependant, que le soulèvement d'un coin par une pression tangentielle détermine un effet de ce genre et la convergence des failles verticales vers le centre de la Terre ne saurait, à elle seule, manquer d'avoir produit de semblables coins angulaires, qui peuvent, en outre, résulter de circonstances locales. Aussi, au lieu d'un mouvement absolu, est-il plus prudent de ne parler, dans le cas des horsls, que d'un mouvement relatif et nous pouvons imaginer que les horsts eux-mêmes, au lieu de rester immuables, aient subi un déplacement vertical, qui paraît même avoir été souvent oscillatoire*.

Le cas des horsts est ainsi très analogue à celui des dômes de soulèvement, qui constituent un genre de déformation tout à fait distinct des plissements, bien que pouvant s'y relier.

On connaît aujourd'hui d'assez nombreux exemples de dômes, qui paraissent avoir été animés d'un mouvement oscillatoire, par suite duquel ils ont été, tantôt submergés, tantôt émergés. Tel est notamment le dôme du Weald dans le Sud-Est de l'Angleterre. Ces dômes de soulèvement font la contre-partie des fosses d'effondrement^, ou, plus en grand, des cuvettes d affaissement étudiées par M. Suess et, comme eux, ils sont entourés par des ceintures périphériques de fractures, qui ne sont pas nécessairement continues.

Leur zone d'enfoncement peut, d ailleurs, ne pas être absolument la même que leur zone d'exhaussement et il peut ainsi se produire, sur le pourtour du dôme, une sorte de chenal plus ou moins profond. M. Suess s'est attaché à distinguer les effondrements produits en régions plis-

1. J'ai donné en 1895 l'étude détaillée d'un deces horsts, en cherchant à montrer les mouvements oscillatoires qu'il avait subis et les failles périphériques, qui en ont été la conséquence. Voir : Le massif de i<aint-Sanlge (Bull. Serv. Carte Géol., n<» 47).

■i. Je crois que ces fosses d'effondrement ont joué, à fous égards, un rôle très important dans la formation des Glons métallifères. Elles ont pu, en outre, nous conserver en profondeur des gisements tout d'abord altérés à la superficie : notion importante et nouvelle, dont j'ai déjà dit un mot, page 313 et dont il sera également question plus loin. page625.

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sées et, en quelque sorte, comme une conséquence générale de ces plissements, de ceux qui se manifestent en pays de plateaux et dont les contours sont alors tout à fait quelconques ou souvent linéaires.

Nous allons voir bientôt comment on est également ramené à cette notion de dômes et de cuvettes par l'étude des plissements et comment elle tend à se substituer, dans bien des cas, à l'idée ancienne des accidents rectilignes et continus. Notamment quand il s'agit de se représenter les déformations terrestres les plus récentes, les plus gênées par des obstacles antérieurs, on est souvent conduit à envisager de semblables cuvettes elliptiques ou circulaires, des courbes en S plus ou moins fermé, qui contrastent singulièrement avec l'ancienne idée de chaînes rectilignes, que la science géologique a eu quelque peine à abandonner.

C'est ainsi que, dans nos idées actuelles, la structure des Alpes avec leurs rameaux divergents, Apennins, Carpathes, Dinarides, présente une très curieuse forme tourbillonnaire, sur laquelle je reviendrai plus loin, et dans laquelle s'intercalent peut-être des compartiments effondrés.

B) Mouvements tangentiels. 1° Élude des plis en coupe transversale. Renversements. Charriages. — Suivant que l'on examine un système de plissements en coupe verticale et transversalement à sa longueur ou, au contraire, en plan horizontal aux divers points de son parcours, on est conduit à des observations différentes, qui, dans le premier cas, portent principalement sur les déformations subies par un ensemble de couches sous un même effort localisé et, dans le second, sur les conséquences produites par une modification possible de l'effort, en môme temps que varientles terrains auxquels il s'applique. Les coupes transversales nous permettent d'étudier le mécanisme des plis couchés, des charriages, qui paraissent jouer un rôle si essentiel sur les zones extérieures des chaînes montagneuses ; les plans horizontaux (avec comparaison de coupes transversales successives) nous éclairent sur la discontinuité des plis, leur relaiement, leur allure en dômes ou cuvettes, etc.

Un pli complet se compose, comme nous l'avons vu précédemment', d'une saillie anticlinale accompagnée d'une dépression synclinale^

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