‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 195 sur 356 · CHAP. XI. — MASSIFS PRIMITIFS (AFRIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — MASSIFS PRIMITIFS (AFRIQUE

au dévonien (9), comme dans le Tassili des Azdjer ou dans le bas bassin du Congo (Niari, etc.).

En Egypte, au Sinaï et en Palestine, sur les terrains cristallins reposent en discordance ce qu'on a appelé les grès du désert (westphaliens 12etpermiens 14), par-dessus lesquels sont venus, après une longue émersion continentale, des grès crétacés de Nubie offrant une extension beaucoup plus grande. Ailleurs, en Afrique Australe, quand on ne voit pas trace de la transgression dévonienne, on trouve directement, sur le socle primitif, les épaisses formations du Karoo, assimilables à celles du Gondwana hindou, qui commencent par les conglomérats glaciaires de Dwyka, probablement carbonifères (13), et les couches d'Ecca, permiennes (14).

Enfin l'Amérique du Sud présente également, avec une parfaite netteté, dans le Brésil et la Guyane, un grand faîte primitif, recouvert, comme tous ceux que nous venons d'examiner, d'abord par des terrains paléozoïques horizontaux, puis par des dépôts lacustres mésozoïques avec charbon, également horizontaux, analogues à ceu:: du Karoo, du Gondwana et de l'Angara, enfin par des transgressions crétacées et tertiaires (ces dernières localisées dans deux bassins principaux de l'Amazone et du Paraguay).

A l'Ouest, ce massif Sud-Américain est remarquablement enveloppé par trois chaînes de plissement concentriques, de plus en plus récentes : la première, la plus orientale, que l'on peut envisager comme calédonienne, où le silurien (4), discordant sur le gneiss et plissé, a été recouvert directement derhétien(20) ou de supra-jurassique pétrolifères (29) ; la seconde, assimilable à notre chaîne hercynienne ; enfin, la troisième, tertiaire, se recourbant elle aussi d'une façon très caractéristique autour du noyau primitif, pour raccorder au Nord la chaîne des Andes, par la cordillère de Colombie, la cordillère Caraïbe et la Trinidad, avec les Antilles et pour suivre, au Sud, l'inflexion si marquée de la côte occidentale vers le Cap Horn.

B) Tronçons calédoniens (post-siluriens). — On constate, dans bien des régions et, par exemple, en France, dans la Bretagne, le Plateau Central ou les Alpes, la trace de mouvements intermédiaires entre le silurien (4) et le dévonien (5), qu'a suivis, dans d'autres régions, une très généraletransgression dévonienne. Mais, dansl'Europecentraleouméridionale, ces plissements se sont trouvés masqués par des mouvements postérieurs. 11 faut, pour les étudier, se rapprocher des faîtes primitifs septentrionaux, le long desquels ils ont pu former des rides, soustraites dans la suite aux plissements et devenues, en quelque sorte, partie

intégrante des massifs primitifs, qu'elles ont agrandis en s'y accolant.

Parmi les régions où ce phénomène se produit, l'une des principales est l'Ecosse, l'antique Calédonie, ce qui a fait appeler cette série de plissements calédoniens ; on en retrouve la suite en Norvège et la continuité tectonique des deux pays montre avec évidence que la mer du Nord est un accident postérieur, sur la place future duquel la chaîne montagneuse post-silurienne a passé.

, J'ai déjà signalé * les remarquables renversements, que présente cette chaîne : soit en Norvège, vers le Sud-Est; soit en Ecosse, vers le Nord- Ouest. L'une des mâchoires de l'étau, dans lequel se sont faits cette compression et ce plissement, nous est connue : c'est, au Sud-Est, le massif Scandinave, étudié plus haut. Dans l'autre sens, nous trouvons aujourd'hui l'Océan Atlantique du Nord, jusqu'au lointain continent du Groenland ; il est bien vraisemblable que ce continent du Groenland, dont les bords, jalonnés de roches éruptives tertiaires, montrent le fractionnement récent, devait se prolonger, à l'époque silurienne, beaucoup plus près de l'Ecosse, au delà même de l'Islande et que la couronne de massifs primitifs polaires, aujourd'hui séparée par de larges coupures, devait être plus continue ^. C'est une des nombreuses raisons, qui mènent à imaginer un ancien continent Atlantique, dont nous verrons d'ailleurs, en paléogéographie, que l'effondrement à hauteur de l'Ecosse a dû se faire à une époque récente.

Le tronçon calédonien, que nous sommes ainsi conduits à tracer, de l'Irlande au cap Nord et au Spitzberg, se présente avec une direction presque méridienne, fréquente pour ces tronçons calédoniens de la zone boréale et que nous retrouverons aussi pour lOural, dans une chaîne hercynienne, tandis que les chaînes tertiaires de l'Eurasie sont plus généralement Est-Ouest.

Tel est encore le cas pour le tronçon analogue, qui forme, au Nord- Est des États-Unis, les Montagnes Vertes et qui arrive presque à l'embouchure du Saint-Laurent^. Plus au Nord, du Saint-Laurent à la terre de Grinnel, les côtes Est du continent américain (Labrador, Presqu'île de Cumberland, Terre de Baffin), sont bordées par une chaîne montagneuse de gneiss plissé, assimilable aux curieuses cimes des Lofoten

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