‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 2 sur 356 · L. DE LAUNAY · texte numérisé non relu

L. DE LAUNAY

Membre de l'Inslitut, Professeur à l'École Supérieure des Mines et à rÉcole des Ponts et Chaussées.

Deuxième Edition

revue et augmentée d'un index alphabétique

Librairie Armand Colin

Rue de Mézières, 5, PARIS

Taos droiti de reprodactioa, de tradaetioa et d'adaptation réserTés pour tous pa;a.

QE

PRÉFACE DE LA SECONDE ÉDlTIOiN

La première édition de ce livre en 1905 a, il faut le reconnaître, causé un certain élonnement parmi les partisans convaincus de la géologie traditionnelle, et m'a attiré de leur part quelques reproches. Cette Science géologique se présentait, en effet, dans une toilette inusitée, avec une liberté de jugement et un esprit de critique qui leur semblaient devoir troubler le silencieux recueillement du Temple. La Science est volontiers affirmative. Tout l'y invite : la nécessité de classer ses résultats en formules, l'exagération enthousiaste des inventeurs, la hiérarchie sacerdotale des grades et des dignités, plus encore le besoin de foi des disciples, qui devient l'impérieuse exigence de dogmes à révérer pour le public friand de savoir. N'était-il pas imprudent de combattre, au moins dans la forme, une tendance aussi générale !

L'homme n'aime pas à douter. Il n'en a pas le temps. Même les lecteurs un peu curieux demandent, pour la plupart, des catéchismes scientifiques, simples, courts, précis, définitifs, qui leur fournissent une solution immédiate à toutes les questions suggérées par le monde extérieur, afin de retourner vite à leurs plaisirs ou à leurs affaires. Beaucoup d'autres se contentent plus aisément encore de répondre aux interrogations mieux prévues d'un examen. Le monopole universitaire, comme jadis le monopole ecclésiastique, paraît à quelques esprits qui se qualifient eux-mêmes de libres, un moyen très pratique de satisfaire à ce besoin. Les mêmes affirmations pourraient ainsi être prêchées à la même heure dans tous les lycées de France sans que personne osât se lever pour contester et répondre. La Science serait définitivement fixée ; oui, sans doute, elle serait

Page 1