CHAP. XI. — CHAINE ALP-HIMALAYENNC (AMERIQUE
Un premier plissement, posiérieur au jurassique (31) et antérieur au cénomanien (36), paraît avoir afTeclé, d'une façon générale, tout l'Ouest américain, quoique, dans les Monlap^nos Rocheuses des États-Unis, son importance soit secondaire ; on en trouve l'empreinte : dans les chaînes côtiéres de Californie ; dans la Sierra Nevada, où il a joué un rôle essentiel ; puis dans les lîasin Ranimes, qui, plus lard, n'ont guère fait que se tronçonner; enfin, dans les Montagnes Rocheuses, où, comme je viens de le dire, il n'a fait que précéder les mouvements plus importants post-crétacés. Un second grand mouvement s'est produit vers la fin du tertiaire et a commencé une ère de dislocations, qui se prolongent peut-être encore et qui, du moins, passent pour avoir affecté le pléistocène (57) dans l'Utah et le Colorado*.
Dans VAméi'iqtie du Sud, la chaîne plissée est également le long du Pacifique, contre lequel elle semble s'être écrasée ; c'est la Sierra de la Côte et la chaîne des Andes, avec quelques plis couchés à l'Ouest; puis on soupçonne des tronçons d'une chaîne plissée plus ancienne, sans doute hercynienne, qui partirait de la Guyane Anglaise pour aboutir au Cap Corientes au Sud du Brésil et, à l'intérieur de cette très problématique chaîne hercynienne, on arrive au massif brésilien, coupé à l'Est par l'effondrement tertiaire de 1 Atlantique.
De même que dans l'Amérique du Nord, où un mouvement important s'est fait des le début du crétacé, le mouvement principal des Andes, celui qui a amené la sortie des roches éruptives appelées les « Andésites », paraît être plus ancien que celui des Alpes, avec lequel on ne peut donc assimiler que d'une façon très relative ces plissements récents américains. Il paraît s'être produit à la fin du crétacé (40) et, peut-être même, dans le Chili, à la fin du néocomien (32).
Enfin, entre le Massif Brésilien et le Bouclier Canadien, la zone de la mer des Antilles et du golfe du Mexique, qui forme le prolongement si net de notre Méditerranée, s'est trouvée, comme elle, resserrée, dans le sens Nord-Sud, par ces deux grands massifs et il en résulte une incurvation des plis, qui se sont écrasés. La mer des Antilles a été alors enveloppée par une inflexion des plis dans le sens Est-Ouest, formant la courbe des Antilles, comme la Méditerranée Occidentale par la Cordillère Bétique et l'Atlas, tandis que le golfe du Mexique s'affaissait sous les eaux, comme les portions de massifs primitifs, d'Avant-Pays, dont la mer Egée est, en Europe, un type caractéristique.
11 est vrai que, si l'on envisage le sens apparent des mouvements,
^. Il n'est pourtant pas établi que les déformations des terrains pléistocënes (berges du lac Bonneville) soient du même ordre que le plissement antérieur de la môme région.
certaines des assimilations précédentes peuvent sembler inexactes. Ce qui a joué le rôle d'Avant-Pays pour les chaînes à l'Ouest des deux Amériques, c'est l'hypothétique continent pacifique; c est contre lui, c'est dans le sens de l'Ouest que les plis se dressent jusqu'à se renverser. Et cependant c'est de ce côté, qui serait alors le côté externe de la courbe, que se trouvent les alignements volcaniques, habituellement situés du côté interne : alignements, il est vrai, placés dans une situation anormale, puisque les volcans des Andes occupent l'axe même de la chaîne et souvent des cimes très élevées, au lieu de se trouver à son pied. Mais j'ai déjà dit que ce sens au mouvement paraissait avoir une importance secondaire : les deux versants d'une chaîne ayant pu commencer par être relativement analogues l'un à l'autre, jusqu'au jour où les effondrements, les réactions latérales postérieures, de l'un ou de l'autre côté, y ont introduit l'ordinaire dissymétrie.