Voir la planche V, page 43'J
ClIAP. XH. — ÉVOLUTION DE LA STRUCTURE TERRESTRE 4bl
rapport au pôle géométrique, du côté américain. Les variations des climats, de plus en plus accentuées et multipliées avec l'avancement des périodes géologiques, sont donc le dernier point de la géographie physique actuelle, qui s'est fixé seulement, pour une durée probablement courte, à une époque récente après l'apparition de l'homme.
Ainsi paraît s'être établie progressivement la structure de la Terre (dont les traits constitutifs sont, on le voit, plus ou moins anciens), par une longue évolution, que sont venues compliquer sans cesse des sortes de flux et reflux marins généraux, dont il n'a pas été question jusqu'ici. Ces flux et reflux, tout à fait comparables dans leurs effets, mais avec des proportions démesurées, à nos marées journalières, ont tour à tour avancé sur les continents ou reculé, aplanissant les saillies dans leur transgression, abandonnant les sédiments dans leur recul. Les périodes de haute et de basse mer, où le sens de ces mouvements a changé, sont, dans notre chronologie géologique, des dates caractéristiques, qui nous serviront bientôt à séparer les principales périodes de l'histoire, mais dont il ne faut pas, bien entendu, oublier le caractère tout à fait local. Nous verrons, par exemple, en Europe, la mer dévonienne déborder en tous sens, puis la marée reculer pendant le carbonifère. Elle est basse au début du permien, remonte pendant le trias, arrive à son apogée vers le milieu du jurassique et redescend pendant le jurassique supérieur. Le début du crélacique commence une nouvelle période de flux, qui se développe pendant l'albien, atteint son maximum pendant le cénomanien et redescend jusqu'au tertiaire.
A chacune de ces marées correspondent naturellement des changements dans la faune marine : des êtres nouveaux étant apportés par la mer montante ; des espèces disparaissant, quand la marée basse les laisse à sec sur un continent. Et, comme ces marées doivent être, en grande partie, provoquées par les mouvements de l'écorce, qui se traduisent en changements de reliefs, par suite en modifications du climat et de la flore, il en résulte, suivant une remarque antérieure S entre les diverses variations tectoniques et paléontologiques, entre nos deux moyens de diviser le temps, certains rapprochements approximatifs, permettant de faire concorder à peu près les périodes établies par des moyens distincts, sans qu'il faille espérer une exactitude absolue.
Ce simple exposé permet, du reste, de voir à quel point les périodes géologiques successives, fondées sur des variations à peu près équivalentes de faune ou de flore, ont dû être inégales de durée entre elles : ces variations ayant dû être très rapides au moment des mouvements