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OU des pôridots nickôlifères clans des péridotites très récentes. Néanmoins les conditions propres à la formation de ces roches basiques et de leurs minerais, en particulier l'atmosphère réductrice, où ils ont dû cristalliser pour la plupart et qui se traduit par la présence d'oxydes incomplets, ont dû se rencontrer plus généralement dans les milieux profonds que dans les minerais superficiels. Cela paraît surtout exact pour les magnétites, ordinairement titanifères, dont il sera question bientôt; on les a trouvées, pour la plupart, jusqu'ici, sur les plus anciens massifs de consolidation du globe, sur ces voussoirs primitifs, dont nous avons envisagé le rôle important en tectonique. Les amas du même genre sont rares le long de la chaîne hercynienne ou sur les rameaux de la chaîne alpine, où ont été d'abord étudiés les gîtes métallifères; aussi les avait-on considérés comme un type exceptionnel, jusqu'au jour où les géologues norvégiens et, en particulier, M. Vogt, ont montré qu'ils dominaient en Scandinavie. En môme temps, on retrouvait des faciès semblables au Canada; puis les géologues américains en ont reconnu la présence dans le Nord-Est des Etats-Unis (monts Adiron- (lacks), le jour où ils ne se sont plus spécialisés dans les gîtes récents de l'Ouest Américain. Enfin l'on signale déjà, dans l'Afrique Centrale, le Brésil ou la Sibérie, des types analogues, qui se multiplieront certainement le jour, où ces pays d'ancienne consolidation seront mieux connus.
Mais, bien plus encore que par cette profondeur originelle, les gîtes de ségrégation basique sont caractérisés par la prédominance très typique d'un certain nombre de métaux : fer, nickel, cobalt, chrome, manganèse, titane et vanadium, quoiqu'on y retrouve également à l'occasion (et, surtout, quand on s'écarte vers la périphérie des massifs, par un commencement de départ hydrothermal) la plupart des métaux filoniens (si ce n'est peut-être les plus volatils ou les plus acidifiables, tels que le mercure ou l'étain) en combinaisons sulfurées. L'associalion si typique de ces métaux est un fait qu'il faut retenir; car nous aurons à nous en servir, quand nous rechercherons la loi de distribution des éléments chimiques dans la Terre.
La ségrégation, dont il s'agit ici, est, parmi toutes les opérations chimiques et métallurgiques, auxquelles ont été soumis les éléments chimiques dans l'écorce terrestre, celle qui paraît reproduire le plus exactement les conditions de notre métallurgie ordinaire, de ses fusions tour à tour réductrices ou oxydantes dans des fours ou dans des creusets. C'est presque une réaction de voie ignée, mais avec brassage possible par la vapeur d'eau et intervention locale de minéralisateurs tels que le soufre et le carbone, qui ont eu pour résultat de prêter aux
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éléments de la mobilité et de faciliter leur concentration, leur localii-ation*.
M. Vogl a trl'S bien montré, pour les minerais norvép^iens, quelles avaient été les lois de cette ségrégation et comment elle avait eu pour résultat final de localiser, dans des conditions tout à fait différentes, les principaux minerais de ségrégation basique ou de départ immédiat : tantôt, au cœur des massifs, comme les oxydes de fer, titane ou chrome; tantôt, à la périphérie, comme les sulfures de fer nickélifères ou cuprifères, ces derniers le plus souvent autour des gabbros à enstatite moins ferrugineux.
Les premiers gisements sont à vrai dire les seuls, auxquels s'applique strictement l'idée d'une ségrégation, telle qu'elle a été généralement comprise, c'est-à-dire avec rôle très subordonné des minéralisateurs. Dans les seconds, que j'ai proposé d'en séparer sous le nom de gîtes de départ et qui feront l'objet d'un paragraphe suivant, on surprend aussitôt, sur le fait, l'action d'un minéralisatcur énergique, le soufre, et, bien que les autres métalloïdes, chlore, fluor, bore, etc., n'apparaissent pas en principe (sauf dans les apatitcs, associées avec les hypérites à olivine), il est visible qu'il y a eu un commencement de départ, facilité par une mobilité déjà en partie hydrothermale. Les éléments sulfurés, qui se concentrent à la périphérie, vont bientôt s'écarter un peu plus et nous aurons des gîtes de contact; puis, un peu plus encore et nous trouverons des imprégnations, éparpillées dans les terrains schisteux. Nous sommes conduits, par des transitions insensibles, au cas de véritables filons hydrothermaux. Dans le cœur des massifs, au contraire, c'est une sorte de liquation, avec vapeur d'eau, qui a dû isoler les oxydes.
Le processus de cette opération métallurgique peut être assez bien suivi, en laissant, tout d'abord, de côté l'intervention des sulfures et se bornant aux combinaisons oxydées. Quand on étudie en détail, comme l'a fait M. Vogt à Andopen, dans les Lofoten, la différenciation d'un magma basique, complexe au début, où les silicates basiques ont commencé par être dissous dans les silicates alcalins, on croit apercevoir la tendance à la séparation de deux roches, qui, finalement, vont aboutir : d'une part, au péridot, c'est-à-dire à un silicate magnésien; de l'autre, à des roches d'anorthose ou de labrador, c'est-à-dire à un silicate alumino-calcaire. Avant d en arriver à ces péridotites et à ces
1. M. Vogt, qui avait d'abord contesté ce rôle des éléments volatils, admet aujourd'hui l'influence essentielle de l'eau profonde, d'après une théorie d'ARRHÉ.vius, qui a montré l'eau à haute température devenant un acide énergique et expulsant la silice des combinaisons pour s'associer aux bases, puis, à plus basse température, expulsée à son tour des hydrates et remise en liberté.
anorthosites, on a : d'une part, des gabbros à olivine^ ; de l'autre, des gabbrosà diallage ou enstatite. Il subsiste, par conséquent: d'un côté, du plagioclase avec l'olivine ; de l'autre, un pyroxène lamellaire ou rhombique avec le plagioclase.
11 est intéressant de noter que les ségrégations métallifères se font très différemment dans les deux cas : avec l'excès de péridot, du côté de la magnésie, partent le chrome, le platine, le nickel et le cobalt ; avec le gabbro à diallage, enstatite ou liypersthène (pouvant contenir de l'olivine accessoire), le titane^. Le fer, élément banal, va d un côté comme de l'autre. Quand la magnésie a complètement disparu du côté gabbro, on arrive, dans les roches exclusivement formées de labrador ou d'anorthose, à des minerais remarquablement titanifères, à des ilmônites contenant 40 p. 100 d'acide titanique.
Maintenant, quelle est l'origine de ces concentrations ? On ne saurait naturellement le dire et la composition initiale du bain de fusion na pu manquer d'intervenir pour rendre telle ou telle roche basique plus xm moins riche en nickel ou en chrome, comme pour rendre, ailleurs, telle ou telle roche acide plus ou moins potassique ou sodique. Mais il est certain qu'ensuite le mode de cristallisation et de très légères variations dans la composition chimique ont entraîné, par contre-coup, la concentration d'un métal ou d'un autre : le titane, le nickel ou le chrome, auxquels nous sommes tentés d'attribuer un rôle spécial, sétant comportés, à cet égard, comme les autres éléments quelconques dans la roche. On remarque, par exemple, que, lorsqu'un gabbro renferme un peu d'olivine, il s'y forme de la titano-magnétite, et, sans olivine, de l'ilménite.
Ces minerais titanifères sont à compter parmi les cas les plus typiques de ségrégations basiques et M. Vogt a montré que, lorsque les analyses étaient bien faites, on reconnaissaitle titane en proportions très sensibles dans toutes les ségrégations de magnétite. Quand on suit le progrès de leur concentration par une série d'analyses, on voit : 1* la silice tomber à 20, tandis que les oxydes de fer et de titane montent à 50 ; puis, 2" la silice tomber à 8, tandis que les oxydes atteignent 80 ; enfin, 3" la silice disparaître. En même temps que la silice, l'alumine décroît, mais moins vite, de manière qu'à la fin, il peut s'isoler exceptionnellement des spi-