‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 275 sur 356 · Voir péiges 303 et · texte numérisé non relu

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CIIAP. XIV. — GITES D'INCRUSTATION. - REMPLISSAGE 605

Dans le métamorphisme de contact, ii est naturel d'attribuer un rôle important à l'eau chargée d'alcalis et de sels en dissolution. Même sans aucune intervention déroche ignée, des eaux chaudes sous pression avec fluorures, chlorures, borates, ou simplement sulfures dissous, n'ont pu manquer d'exercer parfois un métamorphisme direct sur les roches encaissantes, qui, à leur tour, par la nature de leurs éléments chimiques agissant comme réactifs, ont pu contribuer plus ou moins énergiquementà la précipitation. Une faudrait pas croire, cependant, que ces réactions, très étudiées dans les derniers temps parles Américains sous le nom de « métasomatisme », constituent un fait général. Dans bien des gisements, les épontes du filon sont, au contraire, restées à peu près intactes*, ainsi que leurs débris englobés dans la fracture et c'est naturellement surtout le cas dans les fdons concrétionnés, où un premier enduit incrustant, déposé d'abord sur les parois, a dû ensuite leur servir de protecteur. On est conduit à penser que la substitution a dû spécialement s'effectuer avec des fumerolles très chaudes et très actives, circulant, non pas dans quelques grandes cassures bien définies, mais dans un réseau de fissuration compliqué.

B) Nature du remplissage. 1° Origine des minerais et des gangues. %" Rôle des minéralisateurs. 3° Classification des métaux par types de gisement. Associations minérales. 4° Influence de la roche encaissante. — La nature du remplissage filonien dépend des principes métallifères fournis par le phénomène interne aux circulations hydrothermales, des agents dissolvants renfermés dans ces eaux et, enfin, des circonstances, qui ont pu amener la précipitation.

1° Origine des éléments précipités [minerais et gangues). — En ce qui concerne les éléments dissous, j'ai déjà dit comment les principaux d'entre eux me paraissent avoir une origine profonde, cest-à-dire être montés, pour la première fois, jusqu'à la superficie, dans le phéno-

1. Cette observation n'est qu'approximative. Il y a toujours, en effet, le long des filons, une certaine altération, préparée par les mouvements mécaniques qui ont produit la fracture, déterminée ensuite par le contact des solutions thermales mélallisantes et surtout accentuée plus récemment par le circuit des eaux à origine superficielle.

Certaines a altérations de contact», qui ont été étudiées par M. Lindgrkx et dont on trouvera un résumé dans mes Gites minéraux, tome I, p. 148, peuvent rentrer dans ce dernier cas : développement de séricite ou de kaolin, départ de silice, etc. Mais il n'en est pas de même pour d'autres phénomènes parfois décrits simultanément avec ceux-là et qui semblent reliés à la formation métallifère elle-même, tels que les apports de tourmaline ou de topaze le long des gttes sfannifères, les silicifications fréquentes et surtout les introductions de minerais, et l'on doit, en outre, admettre, comme nous le verrons, que le lessivage des parois par l'eau thermale filonienne a contribué, dès l'origine, à la formation des gangues, avec appauvrissement correspondant sur les parois.

mène filonien, qui a amené kur dépôt. Il est inutile de revenir sur ce point. Mais toutes les substances, qu'on trouve cristallisées dans un filon, n'ont pas cette origine profonde; quelques-unes d'entre elles sont le simple résultat d'une remise en mouvement et il est parfois difficile de distinguer, dans la pratique, quelle origine doit être atlribuable à tel ou tel minéral.

Qu'il y ait dans les liions, en dehors des éléments profonds, d'autres éléments empruntés aux parois, dissous et reprécipités, c'est ce que l'observation montre de toutes façons.

En premier lieu, l'analyse des sources thermales fait voir aussitôt que ces eaux chaudes, iissimilables à tant d'égards aux anciennes circ*K lations filoniennes, mais d'ordinaire sans apport interne, ont dissous, dans leurstrajets souterrains, un certain nombre de substances, parmi lesquelles dominent les corps les plus solubles et les plus abondamment répandus dans la nature (alcalis, chaux, magnésie, fer, silice, etc.), dont il est souvent facile de retrouver l'origine au voisinage; les incrustations, qui se manifestent dans les fissures hydrothermales, en les obstruant peu à peu, font voir également comment ces éléments dissous peuvent se reprécipiter par croûtes concrétionnées, tout en laissant longtemps un passage à l'eau ascendante sous pression.

On constate, d'autre part, dans bien des filons qui traversent des terrains divers, un changement de la minéralisation avec la nature des terrains au contact : par exemple, une gangue de quartz, là où ils sont siliceux et de la calcite, là où ils sont calcaires.

Enfin l'observation des épontes filoniennes montre parfois directement, comme je l'ai rappelé plus haut, une altération, qui ne peut pas nous étonner et qui indique immédiatement la source principale de ces éléments dissous.

On réserve, en général, le nom de gangues à ces produits pierreux et stériles, qui accompagnent les minerais dans leurs iilons et qui peuvent ainsi avoir une origine toute différente de la leur (quartz, calcite, dolomie, barytine, etc.).

Mais il serait tout à fait inexact d'établir, entre les gangues et les minerais, une démarcation théorique, qui ne serait point fondée et de poser en principe que les unes viennent de la surface et les autres de la profondeur.

Tout au contraire, il est des cas, où l'origine des gangues les plus caractérisées a bien des chances pour être profonde et je citerai, en premier lieu, le quartz, qui est la gangue par excellence. J'ai déjà dit comment certains grands filons quartzeux semblaient le terme extrême, l'aboutissement de magmas granitiques, par l'intermédiaire

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