‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 276 sur 356 · CHAP. XIV. — GÎTES D'INCRUSTATION. — REMPLISSAGE · texte numérisé non relu

CHAP. XIV. — GÎTES D'INCRUSTATION. — REMPLISSAGE

de granités à mica blanc et de pegmatites. Ici la silice doit avoir, dans ces filons, la même orig-ine que dans la roche éruptive elle-môme. Les filons stannifères, en particulier, paraissent bien rentrer dans ce cas et il semble que la cassilérite vienne s'y associer au quartz et au mica blanc, comme peut le faire ailleurs le feldspath, auquel elle se substitue. On arrive donc, dans ce cas particulier de la silice, à concevoir que toutes les réactions, par lesquelles la silice entre en dissolution, sont h retenir comme explication possible de sa présence à l'état cristallisé dans les fdoQS et on sait qu'il en est de très nombreuses, depuis la seule réaction de l'eau chaude sous pression sur un sHicate jusqu'à l'influence superficielle plus lente de l'eau chargée d'acide carbonique'. C'est assurément la raison pour laquelle la silice est, dans les filons hydrotliermaux, l'élément le plus répandu et le plus banal.

Un problème analogue sc|>ose pour des corps plus rares, 4els que la barytine et la fluorine. Nous savons parfaitement que ces deux minéraux se forment par des réactions superficielles. La barytine, malgré son insolubilité, peut venir CTislalliser sur des fossiles ou dans des eaux thermales actuelles; le fluor s'introduit constamment dans les os, qu'il transforme peu à peu, comme l'a montre M. Carnot, en apatite, et ailleurs il produit directement de la fluorine par pseudomorphose-. Dès lors, la mise en mouvement de grandes masses de terrains érodés dans des plateaux anciens comme le Plateau Central ou la Bohême, a pu suffire, par la dissolution des feldspaths ixarytiques et des éléments chlorurés ou fluorés des roches, pour amener le dépôt de barytine et de fluorine dans des fissures de la superficie, comme elle a produit des dépôts de bioxyde de manganèse, ou des concentrations de manganèse barytique (psilomelane) dans des résidus argileux. On expliquerait ainsi la disparition fréquente de la baiytiiie quand on s'enfonce dans les filons. Mais une telle explication est, surtout i/our la fluorine, impossible à admettre dans certains cas. On a de.'> exemples de fluorures abondants, associés à des venues profondes; il en est qui semblent directement émanés de roches éruptives, comme les fluorines avec tellurures d'or de Cripple Creek, au Colorado, etc. On ne peut donc contester qu'il y ait eu souvent apport fluoré venant des roches éruptives en fusion, et c'est un point sur lequel nous allons insister en parlant des minérali&ateurs. La chaux seule, associée à ce fluor dans la fluorine, pourrait alors avoir été empruntée aux roches.

l.Il faut penser aux silicifications de fossiles, au.x productions de plaques de silex dans les diaclases de la craie, aux cristaux de quartz sur des stries glaciaires.

2. Il s'est produit de -véritables stalactites de fluorine avec galène à Bhie John, en Derbyshire. (E.-A. Martel, Irlande et Cavernes anglaises, 1897. page 303.)

2° Miner alisaleurs. — La dissolution des éléments métalliques clans les eaux thermales filoniennes a été facilitée par l'intervention de certains réactifs chimiques, dont les minéraux filoniens gardent parfois l'empreinte visible sous la forme d'inclusions microscopiques et dont les procédés de synthèse font également ressortir l'intervention.

Ces réactifs n'ont pas eu besoin d'être bien compliqués ni bien énergiques. Ainsi l'eau chaude sous pression est déjà, à elle seule, un agent puissant, surtout lorsqu'elle contient, comme cela a dû se produire à peu près toujours dans les manifestations éruptives ou fdoniennes, un peu de carbonates alcalins. Par cette seule influence, on peut dissoudre la silice, qui existe dans les roches éruptives à l'état de silicate et la reprécipiter sous la forme isolée, qui est caractéristique des filons ou des terrains sédimentaires. Cette réaction si simple paraît être puissamment intervenue dans la cristallisation des roches éruptives et dans le métamorphisme profond, ou même superficiel, des terrains. Les synthèses de Sénarmont, Daubrée, Friedel, etc., en ont démontré la puissance, et nous pouvons considérer l'eau chaude comme le minéralisateur par excellence.

Mais d'autres réactifs ont eu également un rôle et la seule élude des fumerolles volcaniques actuelles* suffit aussitôt à nous montrer l'action de quelques métalloïdes, dont la trace se retrouve aisément dans les gîtes métallifères, comme en pétrographie : le chlore, le fluor, le bore, le phosphore, l'arsenic, l'antimoine, le soufre, le sélénium, le tellure, le carbone, etc. : métalloïdes, qui semblent, avec la température décroissante des fumerolles, avoir dominé dans l'ordre suivant : 1° groupe du chlore ; 2° groupe du soufre ; 3° carbone.

Le rôle du chlore et du fluor est bien visible. Nombre de minéraux cristallisés contiennent encore des inclusions de chlorure de sodium, qui sont une des formes simples, sous lesquelles peut se manifester cette activité du chlore (quartz, topaze, etc.). Ailleurs c'est le minéral même, qui renferme, dans sa composition : tantôt du chlore dominant, comme les apatites norvégiennes; tantôt du fluor plus abondant, comme les apatites du Canada. Et, dans ce cas, on saisit sur le vif l'intervention des agents chlorurants dans la minéralisation ; car la production d'apatite lilonienne a été accompagnée par lintroduclion de chlorures sodique et calcique dans les plagioclases des gabbros voisins, avec transformation en wernérite-. Le fluor entre aussi dans

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