C. R. Ac. Se, 1" févr
Dt Lad5at. — Science géologique. 39
amblygonitc, wawellite, montebrasite, wagnérite) dans les gîtes stannifères, ainsi qu'avec l'uranium, le zirconium et les terres rares (xenotime, monazite, etc...)*.
Le groupe de ïarsenic, de Y antimoine, du soufre, du sélénium et du tellure correspond déjà à une minéralisation moins active; son influence devient dominante dans les fumerolles moins chaudes et, par suite, la présence de ces métalloïdes dans un gisement, ou leur intervention probable d'après les synthèses, n'implique plus de môme l'acidité du magma. En fait, on trouve tous ces éléments rassemblés dans les mêmes fractures filoniennes, et souvent avec des combinaisons réciproques, telles que les sulfures d'arsenic ou d'antimoine (réalgar, orpiment-, stibine), les sulfo-antimoniures ou sulfo-arséniures de cuivre et d'argent (cuivre gris, argent noir et argent rouge), les sulfo-antimoniures de plomb (boulangérite et bournonite), les sulfo-séléniures de bismuth, etc. ; ils font, tous ensemble, partie des mômes remplissages complexes, dont on a de beaux exemples sur les rameaux secondaires des Alpes, dans les Apennins, les Alpes illyriennes, l'Atlas, la Sierra Nevada, etc., avec association de toute une série de métaux, qui caractérisent essentiellement les liions concrétionnés du groupe sulfuré (plomb, zinc, fer, cuivre, argent, mercure, etc. ^ Cependant, l'arsenic et l'antimoine, peut-être aussi le tellure, semblent parfois se distinguer du groupe soufre-sélénium, pour se rapprocher davantage des agents actifs précédemment étudiés.
Ainsi le mispickel, qui est la forme sous laquelle l'arsenic constitue un véritable minerai (sulfo-arséniurede fer), est un élément normal du groupe stannifère ; la stibine (sulfure d'antimoine), tout en pouvant intervenir dans les liions sulfurés complexes, s'isole le plus souvent, pour former, avec association de quartz et de mispickel, des filons, tout à fait analogues à ceux d'étain et, comme eux, en relation extrêmement intime avec des roches acides du type granulitique ou microgranulitique. On la retrouve, comme le mispickel lui-même, associée avec l'or dans un genre de gisements, où l'or est à rapprocher de létain. Enfin le tellururc d'or se rencontre surtout dans les régionséruptivesrécentes,
1. Il ne faut pas confondre ces phosphates de cristallisation profonde avec les phosphates de production superficielle (pyromorphile, lébéthénite, hopéite) concentrés sur les parties hautes de filons métallifères qui paraissent avoir emprunté leur phosphore aux terrains encaissants. Le vanadium se concentre en môme temps {Gîtes métallif'ères, t. I, p. 643).
2. Le réalgar et l'orpiment sont des produits actuels de sources thermales dans les régions volcaniques.
3. Les associations de l'antimoine jouent, dans les minerais, un rôle important, souvent dissimulé par les dénominations minéralogiqucs, où le nom de l'antimoine n'apparaît pas. Il suffit de signaler les stibines avec cinabre et cuivre gris, ou les groupements: anlimoine-cuivre-argent; antimoine-argent; antimoine-plomb, etc.
CIIAP. XIV. — GITES D'INCRUSTATION. — MINFÎRALISATEURS 611
comme la Hongrie ou le Colorado, et souvent en association avec des minéraux dérivés des roches acides, comme la fluorine.
Le soufre (généralement accompagné, en petites proportions, par le sélénium) est un élément beaucoup plus banal, qui peut se trouver aussi bien et presque aussi abondamment avec les roches basiques /qu'avec les roches acides.
Il apparaît déjà, à l'occasion, avec le groupe fluoré, en amenant la cristallisation de quelques sulfures (chaicopyrite, etc..) dans les filons d'étain, de môme que les fumerolles chaudes chlorurées des volcans actuels sont accompagnées de sulfures, en général masqués par leur prépondérance. Et, d'autre part, j'ai déjà dit* l'importance que prennent les ségrégations sulfurées de pyrrhotine, pyrite ou chaicopyrite sur la périphérie des roches basiques, dont elles dérivent directement.
Le soufre a été l'élément essentiel des grandes cristallisations hydrothermales qui constituent les filons concrétionnés, bien que l'on y retrouve encore parfois de la fluorine, comme on observait déjà du soufre avec le groupe stannifère. C'est par la combinaison avec le soufre que les métaux les plus abondants, les plus vulgaires et les plus utilisés en pratique ont dû être dissous et apportés dans les filons à l'état, soit de sulfures doubles alcalins, soit de sulfures solubles dans un excès d'hydrogène sulfuré sous pression, soit peut-être de chlorures, que le sulfure aurait reprécipité, soit, quand il s'agit d'altérations superficielles, à l'état de sulfates, réduits plus tard par un agent carburé.
Enfin le carbone me paraît, contrairement à une théorie souvent exprimée, avoir joué un rôle important dans la métallurgie interne-. J'ai soutenu, à diverses reprises, cette idée qu'il y avait pétition de principe à admettre l'intervention nécessaire de l'activité organique pour expliquer la présence du carbone dans une roche et à prétendre que tout le carbone rencontré en géologie avait nécessairement dû passer par la forme de la vie. Je crois, au contraire, que certains bains métalliques internes doivent présenter des carbures, être de véritables fontes et que ce carbone joue un rôle dans la dissociation profonde de l'eau : dissociation, par suite de laquelle il se combine, d'abord, avec l'hydrogène, tandis que l'oxygène scorifîe les métaux; après quoi, ce carbure d'hydrogène doit se dégager dans les manifestations internes, en donnant rapidement, dès que l'air peut intervenir, de l'acide carbonique et des carbonates alcalins.