‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 282 sur 356 · Voir Gites métallifères, t. III · texte numérisé non relu

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Ces réserves faites, si nous revenons aux influences primitives, qui ont pu se manifester dès l'ouverture et le remplissage du filon, on voit aussitôt qu'elles ont pu être de deux natures différentes.

Il y a, d'abord, l'influence mécanique, que je rappelle pour mémoire. On conçoit aisément qu'un même effort de fracture, rencontrant des terrains divers, ait dû les disloquer d'une façon différente, suivant qu'ils étaient plus au moins souples, plus ou moins compacts, plus ou moins friables et que la direction de leurs joints naturels était plus ou moins oblique sur le plan de cassure. On a reconnu qu'il y avait avantage à ce que la roche encaissante fût assez dure pour former des parois nettes et ne pas obstruer la fracture de ses débris, sans être trop dure et résister alors à la dislocation : autrement dit les terrains de compacité moyenne se prêtent davantage à l'ouverture de grands liions. Mais, contrairement à une opinion répandue autrefois, ce côté de la question est assez secondaire, ou du moins d'une valeur locale et l'on peut rencontrer des filons très riches dans les terrains les plus variés, comme je le signalais tout à l'heure dans le cas de Linarès.

Une autre influence, que j'ai mentionnée à propos des altérations, joue un rôle enrichissant très net : c'est le contact des roches imperméables ou l'intersection des filons croiseurs, zones mieux ouvertes où, plus ou moins anciennement, a dû se produire un drainage, une circulation active des eaux. On pourrait citer de très nombreux exemples de gîtes développés entre un porphyre et un calcaire (Leadville, Bulgar Dagh, etc.), ou entre un calcaire et un schiste (Laurion), ou le long de filons éruptifs, au Laurion également, La plupart des gîtes sulfurés de Toscane se trouvent ainsi sur une faille de contact.

C'est peut-être une simple influence de ce genre, qui se manifeste dans le cas souvent cité de Freiberg, où, d'après H. Mûller, les filons sont riches dans le gneiss et s'appauvrissent dans le micaschiste, mais en subissant une concentration remarquable au-dessous du micaschiste, qui est très peu fissuré ».

Ailleurs l'influence a pu être réellement chimique, ou, si l'on veut, électrique. Ce genre de phénomènes a joué un grand rôle, soit dans les anciennes théories, où l'on faisait volontiers intervenir des actions galvaniques* pour expliquer la métallisation, soit dans les théories

1. Voir Gîtes minéraux et métallifères, t. I, p. 113 à 115. On a voulu également attribuer un rôle problématique au mica noir des gneiss, à cause de sa teneur en fer oxydulé (Scueerer) ; mais celte théorie n'est plus soutenable en changeant de région.

2. Il est évident que les minerais métalliques et leurs solutions thermales ont drt produire des courants électriques, puisqu'il s'en manifeste toutes les fois qu'on a un contact hétérogène; Fox et Henwood autrefois, plus récemment Barus ont insisté sur ce genre de considérations. Le contact de deux cristaux de pyrite peut, à lui

CIIAP. XIV. — TYPES RKGIONAUX DE GITES METALLIFERES C21

modernes des Américains, où 1 on attribue une part essentielle à la substitution chimique, au « métasomatisme ». Il est évident, en effet, que, là où il y a substitution réelle, celle-ci dépend du terrain préexistant, auquel le minéral peut se substituer. Ainsi que je l'ai dit plus haut', tout en faisant une place à ce genre de phénomènes dans le tlépôt primitif, je crois cependant qu'on ne doit pas l'exagérer et que ces substitutions se sont surtout étendues lors des remises en mouvement secondaires, avecdes solutions renouvelées en circuit constant et pouvant entraîner, au fur et à mesure, les sels secondaires produits par la réaction ; en profondeur, le phénomène me paraît avoir été, bien plus souvent, celui de la tache d'huile, c'est-à-dire celui de l'imprégnation. Dans d'autres cas, certains éléments du terrain encaissant paraissent avoir agi comme réactifs précipitants. C'est ce qui a dû se produire pour les hydrocarbures de schistes bitumineux, qu'on appelle des « Indicators » à Ballarat, en Australie, parce que les filons s'y enrichissent en or. C'est peut-être aussi le cas des « faLlbandes » pyriteuses, ou zones de broyage sulfurées, à l'intersection desquelles s'enrichissent tant de filons -(Kongsberg en Norvège, Dobsina en Hongrie, Schladming en Styrie, val d'Anniviers dans le Valais), mais avec possibilité à retenir que des « sécrétions latérales », ou des remises en mouvement secondaires, aient joué là un grand rôle.

V. — Age des gîtes métallifères'. Types régionaux. Relations avec la tectonique générale.

La métallogénie a passé, en ce qui concerne les notions d'âge, par les mêmes phases que la pétrographie. On a commencé par confondre toutes les roches et les minerais dans une même formation printitive ; puis, lorsqu'on a découvert que leur âge pouvait varier, on a attribué à chacun d'eux une époque strictement déterminée; un peu plus tard, on a constaté une, puis deux récurrences de métaux semblables et l'on est enfin arrivé à la théorie actuelle, que j'ai déjà eu l'occasion d'e.xposer plusieurs fois, d'après laquelle chaque période de plissements ou

seul, développer un courant électrique; un même cristal peut présenter deux parties chargées d'électricité de signe contraire; à plus forte raison, le contact de deux minéraux différents. Il serait intéressant detudier en détail, dans cet ordre d'idées, et en ce qui concerne la radioactivité, les associations minérales filoniennes.

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