‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 288 sur 356 · Traité des Sources thermominérales ; page · texte numérisé non relu

Traité des Sources thermominérales ; page

2. C. R. Ac. Se, iOOl, notes diverses: — cf. L. De L.\cnay. Notes sur la théorie des gîtes minéraux. La géologie du graphite. (Ann. des Mines, janvier 19CÎ).

3. En parlant ici de superficie et de profondeur, je n'entends nullement distinfçuer les roches d'épanchement des magmas grenus à structure granitique, qui peuvent, les uns et les autres, présenter toute la série des mômes termes acides et basiques; mais je fais seulement allusion à la profondeur plus ou moins grande des seuls magmas grenus, c'est-à-dire, suivant toute vraisemblance, des magmas cristallisés en moyenne à peu près dans leur zone d'origine. Quand on est tenté de donner trop d'extension générale au.\ résultats de la pétrographie, il ne faut, d'ailleurs, jamais oublier quelle zone extrêmement restreinte de la Terre ils concernent : 30 ou 40 kilomètres d'épaisseur maxima sur 6.400.

à l'atmosphlTC périphérique, dans la grande scorification, qui a constitué la première croûte terrestre, ou dans les refusions postérieures), on voit que les métaux de cette écorce doivent être, de haut en bas : d'abord le silicium, l'aluminium, le sodium, le potassium et le magnési^jn; puis le calcium et le fer. Mais ce dernier métal, en raison de son extrême diffusion dans toutes les parties de l'écorce terrestre et de sa prédominance si vraisemblable à une certaine profondeur (prouvée par les ségrégations basiques, par la densité terrestre, par les météorites, parla composition solaire, etc.), doit être très probablement considéré ici comme un produit adventif, emprunté à une zone plus profonde.

Il est évident, en effet, que, dans un phénomène tel que celui auquel nous nous attaquons, un ordre de succession théorique n'a pu être strictement réalisé et le seul examen des tourbillons accusés par la chromosphcre solaire montre bien que certains éléments, dominants dans une zone profonde, ont dû se trouver représentés également, d'une façon plus accidentelle, un peu plus haut.

A cette liste d'éléments essentiels constituant la scorie silicatée, il conviendrait d'ajouter également des éléments plus rares, mais ordinairement associés aux roches acides, tels que le baryum et le strontium des feldspaths, le lithium et le glucinium, le zirconium (si fréquent en inclusions microscopiques) et, peut-être même, hypothétiqucment, l'étain, qui se sépare des autres métaux pour se rapprocher du silicium ou de l'aluminium par sa combinaison avec l'oxygène, comme par son gisement en veines directement dérivées des roches acides.

Enfin les roches acides de certaines zones, probablement profondes, telles que la Norvège, le Brésil ou les États-Unis, renferment, en abondance assez notable, les métaux, autrefois considérés comme rares, du groupe du thorium, cérium, lanthane, etc.

Quand nous essayons de franchir par la pensée cette zone de la scorie silicatée, qui est, en somme, la seule directement accessible à nos recherches minières, nous sommes forcés de faire une part plus grande à l'hypothèse. Nous ne connaissons, en effet, les milieux plus profonds que par certains de leurs produits montés accidentellement dans les parties plus hautes de l'écorce à la faveur de quelque grand mouvement de dislocation, soit directement à l'état de roche basique avec ségrégations métallifères, soit, plus indirectement, à l'état (ilonien. Et ce qui complique les choses, c'est que les divers produits ainsi obtenus et étudiables pour nous ont été formés, à des époques géologiques très différentes, alors que l'épaisseur môme de l'écorce terrestre avait pu varier, par des bains ignés, qui ne provenaient peut-être pas du

tout des parties centrales et encore fluides du globe (en admettant qu'il en subsiste), mais de certaines lentilles fluides (ou fluidifiées), emprisonnées entre des roches solides et subissant une seconde ou troisième fusion.

Néanmoins il apparaît aussitôt, par toutes les observations de la métallogénie, qu'il doit exister, au-dessous de cette écorcesilicatée, au moins trois groupes d'éléments chimiques, rapprochés les uns des autres, dans chaque groupe, par leur mode de gisements, aussi bien que par la profondeur originelle attribuable à ceux-ci et difl'érents, pour la môme raison, d'un groupe à l'autre.

Ce sont : 1° les métalloïdes, chlore, soufre, etc., dits minéralisateurs ; 2** les métaux des ségrégations basiques, fer, manganèse, nickel, chrome, etc. ; 3° les métaux des filons concrétionnés, zinc, plomb, argent, etc.

On peut aller plus loin et tenter de concevoir l'ordre de superposition initiale de ces trois groupes, mais sans se dissimuler les chances d'erreur inévitables dans un tel raisonnement.

C'est, d'abord, directement au-dessous des métaux constituant la scorie silicatée, que je placerais la série des métalloïdes minéralisateurs susceptibles de donner de la mobilité aux métaux profonds : à savoir le chlore, le soufre, le phosphore, le bore, le fluor.

Il est, en effet, bien manifeste que ces minéralisateurs ont joué un rôle essentiel dans la cristallisation de toutes les roches silicalées acides étudiées tout à l'heure, auxquelles ils ont été visiblement mélangés pendant leur fusion et à la périphérie desquelles ils semblent surtout s'être concentrés par volatilisation. Ainsi que je l'ai déjà fait remarquer plus hautS on trouve constamment leur trace dans ce genre de roches : minéraux chlorurés ou cristallisés par l'intervention du chlore et du fluor; minerais sulfurés si souvent rassemblés autour des magmas ignés les plus profonds dans leurs ségrégations basiques et si largement représentés aussi dans les départs des roches acides; phosphates et fluophosphates cristallisés en inclusions d'apatite ou associés aux gîtes stannifères des roches acides (wawellite, amblygonite)^; minéraux borates (tourmaline, etc.). Toutes les fusions ou refusions de ces silicates, y compris celles qui alimentent le volcanisme contemporain, ont, sans cesse, été accompagnées très abondamment de ces métalloïdes et il ne me semble pas que ce soient toujours les mômes métalloïdes, qui aient passé d'une roche à l'autre, par simple

Page 1