‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 289 sur 356 · Pages 608 et suiv · texte numérisé non relu

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2. Voir, à co sujet, L. De Lacnav, Sur le Râle du phosphore comme minéralisO' leur (G. R. Ac. Se, fév. 1904.)

refusion, puisque le résultat de chaque éruption volcanique est d'en répandre des torrents dans l'atmosphère. Je croirais donc volontiers à une réserve profonde de ces éléments volatils, situés d'abord au-dessous des métaux, silicium, aluminium, etc., qui forment la scorie oxydée et s'élant plus ou moins mélangés avec eux pendant le brassage tourbillonnaire, qui a dû précéder et accompagner la scorification*.

Avec le soufre, le chlore et le phosphore, éléments dominants, il est ogique de placer leurs homologues plus rares, tels que le sélénium et le tellure pour le soufre, le fluor, ou, exceptionnellement, le brome et liode, pour le chlore.

Plus bas encore, je placerais le groupe naturel parfaitement déterminé, des ségrégations basiques, dont les types les plus beaux se trouvent affleurer en Scandinavie et au Canada, ou, plus généralement, dans la zone boréale, la plus anciennement consolidée du Globe et dans la zone analogue plus voisine de l'Equateur (Brésil, etc.)

Ce genre de roches, passant à des minerais proprement dits, manifeste im appauvrissement en oxygène, silicium, aluminium et alcalis, qui les dénote aussitôt comme se rattachant à une formation plus profonde que les silicates acides et légers de la surlace. La géologie montre, en outre, qu'elles se présentent uniquement dans les régions de l'écorce terrestre, où l'érosion paraît avoir enlevé les terrains superficiels sur la plus grande épaisseur. C'est donc par un résultat de l'observation et non par une hypothèse que nous assignons à ces ségrégations basiques une origine profonde.

Dans un chapitre précédent* j'ai indiqué les associations de métaux, qui paraissent avoir coexisté en profondeur dans ces magmas basiques et qui se sont seulement un peu séparés les uns des autres entre les diverses classes de gabbros, dans le phénomène de liquation ou de ségrégation.

D'une façon absolue, ce qui caractérise cette catégorie de minerais, c'est leur oxydation, que nous ne retrouverons plus tout à l'heure dans les métaux filoniens proprement dits ; mais c'est aussi le caractère incomplet de cette oxydation, qui marque immédiatement une différence avec les silicates précédents. 11 est visible que, de l'atmosphère

1. En pétrographie, nous avons vu, page ^ii, que A. Michel Lévv avail été conduit à envisager toutes les roches comme résultant d'un mélange variable entre une scorie acide, à composition feldspathique (silice, alumine, alcalis et chaux) avec intervention des minéralisateurs, et un magma basique ferro-magnésien ferrugineux, que j'envisage ici comme plus profond.

2. Page 588. Cf. Ann. des Mines, janvier 1903 : La Géologie du Titane et, juillet 1903 : L'origine et les caractères des minerais de fer Scandinaves. Voir également : Contribution à l'étude des gisements métallifères (Anu. des Mines, 1900.)

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à la scorie acide, puis aux ségrégations basiques en question, la quantité d'oxygène diminue peu à peu. Nous commençons à pénétrer réellement, au-dessous de la scorie, dans le bain métallique interne. En môme temps, le rôle des minéralisateurs est beaucoup plus restreint, bien qu'il ne soit pas nul, comme je l'ai montré précédemment et se traduise, en particulier, par la présence du soufre (pyrite, pyrrhotine), par celle du phosphore (phosphure de fer, apatite). Nous ne sommes plus en présence de ces minéralisateurs abondants, dont nous observions tout à l'heure la trace conslante. C'est pourquoi il me paraît naturel d'attribuer à ces métaux des ségrégations basiques, une place originellement inférieure à celle des métalloïdes.

Le métal de beaucoup prédominant ici est le fer; avec lui, viennent des métaux qui sont très directement associés au fer et que rapprochent de lui beaucoup de leurs propriétés chimiques, tels que le chrome et le manganèse. Il faut ajouter le titane et le vanadium, que la chimie ne place pas ordinairement ici, mais qui, dans ces gisements, se trouvent constamment unis au fer : l'acide titanique arrive à former 14 p. 100 de certaines magnétiles de Norvège et le vanadium, à un degré moindre, suit toujours le sort du titane'. On peut également noter, dans les mêmes ségrégations, la présence fréquente du cuivre, associé : soit avec le nickel dans les pyrrhotines ; soit avec la magnétite, à l'état de chalcopyrite.

Les caractères des gisements de nickel et de cuivre concordent pourtant, comme je l'ai dit à propos des gîtes de contact^, pour faire de ces métaux des intermédiaires entre ceux qui dominent dans les ségrégations basiques et ceux dont nous allons nous occuper maintenant, qui forment surtout les fdons. Le cuivre se partage entre ces deux catégories de gîtes, bien que ce ne soit pas (comme le fer, par exemple), un métal assez abondant pour ôlre un peu partout disséminé. Il semblerait donc logique d'attribuer au cuivre et au nickel une place spéciale entre les métaux de ségrégation et ceux de filons.

Nous arrivons enfin à cette catégorie de métaux, en somme extrêmement rares à la superficie, ou môme dans les quelques kilomètres d'épaisseur de l'éc.orce silicatée que nous pouvons atteindre par nos travaux et qui nous sont connus, presque exclusivement, par leurs gîtes filoniens : métaux, dont aucun n'entre pour i : 1.000.000' dans la consti-

1. Peut-être aussi conviendrait-il de placer ici le platine à cause de sa présence par traces dans les pyrrhotines nickélifères de Sudbury, au Canada, de Klefva en Suède et dans les péridotites de l'Oural ? D'autre part, le platine présente avec l'or des communautés fréquentes de gisement, qui posent, à son sujet, un problème encore A résoudre.

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