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tution de l'écorce terrestre et dont le total n'en constitue certainement pas 1 : lOO.OOO».
Ces métaux, dont nous venons de voir un premier spécimen avec le cuivre, mais qui comportent surtout, par ordre d'abondance, le plomb, le zinc, l'argent, puis le mercure, le bismuth, le tungstène, l'or, l'ura- "Tiium, etc., ont, presque tous, une assez forte densité et la seule considération de la densité terrestre moyenne, si supérieure à sa densité superficielle, pousserait à admettre qu'ils doivent, dans les parties profondes de la Terre, jouer un rôle de beaucoup supérieure celui qui leur est attribué à la superficie*.
11 faut ajouter que les circonstances, où nous les rencontrons, on peut le dire, à l'état de traces, paraissent être très exceptionnelles et semblent avoir uniquement pour résultat de nous faire connaître, à la faveur de circonstances particulières et sous fornrie d'échantillons, de spécimens, des substances qui seraient beaucoup plus abondantes là où nous ne pouvons pas pénétrer.
Dans un chapitre antérieur, j'ai essayé de montrer comment la présence de ces métaux, en plus ou moins grande quantité, dans les filons concrétionnés, où on les recueille, dépendait, pour une très forte part, des propriétés de leur sulfure ou parfois de leur chlorure, par conséquent de leur affinité pour le soufre ou le chlore et de la solubilité de leur sulfure dansunsulfuroalcalin,accessoirementdeleur allure en présence de l'acide carbonique et comment la communauté de certaines propriétés chimiques avait déterminé leurs associations minéralogiques, qu'elle permet de prévoir*.
1. Je renvoie, pour cette question, à ce qui a été dit chapitre iv, page 95. On a, il est vrai, soutenu, comme je lai rappelé alors, que la densité interne plus élevée pouvait simplement tenir à une condensation des éléments superficiels résultant de la pression. C'est oublier qu'au centre l'attraction de la pesanteur est réduite à zéro. En réalité, nous ne savons à peu près rien sur les états chimiques et physiques que peut prendre la matière au centre de la Terre. Pouvons-nous même affirmer que, dans ces conditions très spéciales, une portion de l'énergie interne employée à condenser les atomes n'est pas susceptible de se transformer en énergie externe calorifique ou lumineuse, que la masse de la matière ne peut pas se muer en phlogistique, comme le supposaient les alchimistes? Dans cet ordre d'idées, qui semblait abandonné depuis Lavoisier, des phénomènes, comme ceux des substances radioactives, autorisent toutes les hypothèses. Le passage de la matière à la force n'est peut-être pas un rêve. Le poids des éléments soumis à des réactions ne reste peut-être pas le même, en dehors des conditions très restreintes, auxquelles on s'était borné jusqu'ici, etc., etc. Mieux vaut donc, sans faire intervenir des considérations encore aussi problématiques, nous en tenir aux faits géologiques, qui prouvent un apport profond de certains métaux, empruntés à une zone, qui, en chiffres absolus, peut être encore très superficielle, tout en étant inférieure à celle de nos silicates.
2. Page 612. — Cf. Formation des gîtes métallifères, passim. Cette cristallisation s'est faite, en milieu réducteur, à l'abri de l'oxygène atmosphérique : oxygène, qui, dans tous les filons de zinc, plomb, argent, antimoine, etc., où on le rencontre
Db Lacsat. — Science géologi'jue. '*
La cristallisation de ces métaux dans leurs filons est donc, à proprement parler, déjà, — au sens du moins où nous pouvons l'entendre ici — un phénomène secondaire; ces métaux ne sont pas, dans ces filons., à leur place originelle; ils y ont été apportés de bas en haut, à la faveur d'une combinaison avec le soufre, le chlore (ou autres éléments analogues), qui leur a prêté de la mobilité; ils viennent de plus bas et, puisque nous ne les trouvons pour ainsi dire pas dans les ségrégations basiques, puisqu'ils n'ont pas été compris dans les oxydations ou dans les liquations, qui ont formé celles-ci, nous sommes conduits à supposer que l'origine première de leur montée filonienne peut être audessous du milieu, essentiellement ferrugineux, qui a produit ces ségrégations basiques.
Ils doivent venir de plus profondément, et cependant, quoiqu'il semble y avoir au premier abord contradiction, c'est, en moyenne, plus haut que nous les rencontrons sous la forme filonienne et que nous les exploitons, en général, pratiquement; les filons métallifères, c'est-à-dire les fentes de l'écorce, où ont cristallisé les métaux en question, me semblent, en principe, appartenir à une zone de cette écorce plus haute que les ségrégations; au niveau des ségrégations, on trouve parfois les mêmes métaux, mais pas à l'état filonien, pas en concentrations aussi localisées. C'est surtout, je crois, le caractère des vides à remplir, qui ne s'est pas prêté, dans ce niveau inférieur, à la forme filonienne; c'est peut-être aussi un peu que les ségrégations proprement dites et les filons métallifères ont, dans un mouvement général du sol, occupé deux aires horizontales différentes : l'une sur les plissements, l'autre sur les dislocations.
Dans les deux cas, il a pu y avoir communication accidentelle entre
a, comme je l'ai montré, été uniquement introduit par un remaniement secondaire. Elle s'est donc faite uniquement à une ceriaine profondeur; ainsi que je l'ai dit plus haut (pages 339 et 623), les filons métallifères, à l'origine, n'ont pas dû être cristallisés jusqu'au jour et, en effet, le volcanisme superficiel ne renferme pour ainsi dire pas trace de minerais, non plus que les eau.x thermales épanchées hors des griffons, quand celles-ci ne se sont pas trouvées en contact avec d'anciens métau.x. qu'elles ont dissous. D'autre part, plus on s'enfonce dans >in champ défilons, plus il paraît se simplifier et se réduire à quelques grandes fractures. Peut-être, à de grandes profondeurs, le phénomène filonien se réduit-il à quelques très importants accidents, dont dériveraient plus haut tous les autres.
Je ne parle, naturellement, pas ici des gîtes métallifères attribuables à des remises en mouvement plus ou moins accentuées, qui arrivent, notamment, à former des gites sédimentaires: je laisse également de côté, dans cet exposé rapide, les très minimes inclusions métalliques, que peuvent contenir les roches silicatées et au.\quelles on a voulu parfois attribuer la formation des filons « per descensum ». Enfin je sépare entièrement, des autres métaux proprement dits restant à étudier, l'élain. qui, dans tous les gisements connus jusqu'ici, se comporte, à la façon du silicium ou de l'aluminium, comme un métal oxydé à toutes profondeurs et, par conséauenf. confiné dans celte croûte silicatée acide.
la zone des métalloïdes et celle dos métaux proprement dits et, par conséquent, formation de minerais par réactions sulfurées, ou peut-être chlorurées ; mais ces métaux ne se sont pas répartis de même et le rôle des minéralisateurs a été moins actif à ce niveau inférieur des ségrégations basiques, qu'au voisinage d.u niveau plus élevé, où ces minéralisateurs eux-mêmes dominaient.
Comme je l'ai déjà fait remarquer dans un autre chapitre, dont je rae contenterai ici de résumer les arguments', le phénomène métallifère filonien présente, lorsqu'on cherche à l'analyser un peu sans se contenter des phrases vagues habituelles, de singulières difficultés. Pourquoi, en tel point, sur telle fracture et à tel moment, ces bouffées de sulfure de plomb, tandis qu'un peu plus loin pouvait se produire, sur la même cassure, du sulfure de fer, et qu'un peu plus tard (comme on témoignent les fdons concrétionnés) on avait, successivement, au point d'abord considéré, d'autres bouffées de sulfure de zinc, puis de sulfure de cuivre, puis encore de sulfure de plomb, etc.? On a vite fait «l'invoquer les fumerolles de quelque roche éruptive. Mais ce milieu rocheux producteur de fumerolles, ce ne sont pas les roches que nous voyons à la surface; car, si quelques-unes peuvent contenir, à l'état résiduel, des traces des métaux les plus communs et les plus disséminés, comme le cuivre, le zinc ou même le plomb, on n'a pas, par exemple, à Almaden, une roche capable de fournir les 175.000 tonnes de mercure qu'on en a déjà extraites (sans compter tout ce qui reste encore), ou, dans les gneiss de Freiberg, de quoi alimenter les 1.900 fdons de plomb, argent, zinc, fer, cobalt, nickel, uranium, bismuth, cuivre, etc., qu'on y exploite depuis trois cents ans-. L'intensité du phé nomène filonien métallifère en quelques régions de prédilection, comme le Mexique ou l'Ouest Américain, la façon dont les remplissages métallifères semblent s'y être reproduits parfois (Saxe, etc.), à une série d'époques géologiques successives très différentes, la localisation même, en de semblables régions, des métaux dominants, qui varient tellement d'un point à l'autre, d'un filon au voisin, dans les mêmes roches encaissantes, forcent absolument, malgré toutes les répugnances qu'on peut éprouver à invoquer des causes inaccessibles et mystérieuses, à admettre, pour ces bouffées métallifères, une cause profonde, infragrani tique, une communication accidentelle établie, à certaines époques de grandes dislocations, entre cette cause profonde et la portion de l'écorce, qui, aujourd'hui, affleure à la superficie et qui