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mentaires, peut-être dépourvus de parties dures susceptibles de se conserver.
Mais — et c'est ici la remarque qu'il me parait essentiel de faire — il ne résulte pas du tout de l'observation précédente que les couches antérieures au précambrien, ou algonkien](1), doiventprésenter partout cette apparence archéenne cristalline. Tout porte à penser qu'avant le précambrien il a dû se passer des périodes extrêmement longues, pendant lesquelles se sont produites les premières sédimentations et manifestés les premiers essais de vie. Ces sédiments, presque partout recristallisés, ont pu échapper, quelque part, à ce métamorphisme et conserver leurs organismes. Du précambrien lui-même, on doit supposer que nous connaissons à peine, sous ce nom, de rares témoins échappés à l'altération ; la très grande majorité du précambrien, comme du cambrien, a dû aller se confondre par métamorphisme avec notre archéen et c'est pourquoi nous ne possédons de la faune précambrienne que des types si rares. Il est possible et même vraisemblable que des témoins d'une faune anté-primordiale, ou même seulement primordiale, ont dû nous échapper, qu'un jour ou l'autre ils nous livreront leur secret, et nous permettront, par exemple, de remonter d'un échelon dans l'histoire des crustacés et des brachiopodes cambriens sans approcher pour cela d'une origine qui demeurera sans doute toujours infiniment lointaine.
Cet espoir restreint est d'autant plus fondé qu'en somme l'exploration paléontologique de la Terre est relativement peu avancée, en ce qui concerne surtout des organismes difficiles à reconnaître, n'attirant pas l'attention, comme ceux de ces terrains anciens; il faut être déjà du métier pour savoir trouver même des graptolithes siluriens ; or d'immenses régions de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique ont été à peine traversées rapidement par les explorateurs. Le jour, où on les aura étudiées avec la même minutie que nos terrains d'Europe, on pourra être amené à établir, avant le précambrien, de nombreuses divisions chronologiques. Les régions, où de semblables découvertes ont le plus de chances d'être faites, sont évidemment celles, qui, depuis les temps les plus anciens, semblent avoir été consolidées, avoir formé des zones stables de l'écorce et, par suite, avoir échappé aux mouvements ultérieurs, causes du métamorphisme. Parmi ces régions stables, qui ont été plissées les premières et qui, depuis, ont moins bougé que les autres, nous sommes, dans l'état actuel de la science, portés à compter, d'abord, la couronne du pôle boréal, les territoires du Nord du Canada, par exemple. C'est déjà dans ces régions que l'on a fait, sur les terrains archéens, les études les plus approfondies ; peut-être.