‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 317 sur 356 · CHAP. XVII. — ORIGINES DE LHISTOIRE GEOLOGIQUE · texte numérisé non relu

CHAP. XVII. — ORIGINES DE LHISTOIRE GEOLOGIQUE

raient été tordues dans le sens de la rotation. J'ai déjà fait allusion* à ces théories, dont la vérification est rendue impossible par la complexité extrême des mouvements ultérieurs, superposés à cette première déformation et souvent dans un sens discordant. Quelques vagues coïncidences ont fait attribuer une certaine faveur à l'hypotlièse |,étra Jdrique émise par Lowthian Green*.

Si nous laissons de côté ces questions géométriques et si nous revenons à la distribution chimique, on peut se demander quelle a été la nature de la première croûte solidifiée à la surface de la Terre. H est logique de supposer que cette enveloppe scoriacée a dû se constituer sous pression, ou, du moins, être soumise rapidement à une pression considérable. En admettant que toute l'eau actuelle des mers ait été un moment répartie en vapeurs dans l'atmosphère et que son poids se soit, dès lors, appliqué sur la première scorie, on arrive au chiffre de 250 atmosphères et, par conséquent, à l'idée que cette scorie a dû présenter un de ces types cristallins, que nous rapportons aujourd'hui à des formations profondes, réalisées sous pression, le type granitique par exemple.

Je n'ai pas besoin d'ajouter que tout, dans une telle opération, échappe à notre physique et à notre chimie ordinaires, parce que nous n'avons aucun droit de prolonger des lois, établies pour des températures et des pressions très faibles, jusquau cas totalement différent d'un astre incandescent. Nous ne pouvons même pas affirmer que la première croûte terrestre ait été, comme la croûte actuelle, formée de silicates d'alumine alcalins ou alcalino-terreux. En effet, les éléments fondamentaux de cette croûte actuelle, oxygène, silicium, aluminium, apparaissent à peine, ou pas, dans la zone extérieure du Soleil, à laquelle s'applique l'analyse spectrale. Comme il est peu vraisemblable que le Soleil ait une composition très différente de la composition terrestre, on peut se demander si ces éléments ne sont pas, dans son état d'incandescence actuel, repoussés, diffusés au delà de la zone analysable par nos spectroscopes et si la première scorification d'un tel astre ne se ferait pas, d'abord, avec les éléments qui dominent dans la chromosphère, à l'état d'un alliage ferrugineux, analogue à certains météorites métalliques. Après quoi, seulement, se produirait la combinaison extérieure de l'oxygène avec l'hydrogène ou les autres éléments, suivie d'une refusion silicatée. Je me contente d'indiquer cette objection

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