‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 51 sur 356 · Voir, page · texte numérisé non relu

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résister à l'accumulation des preuves expérimentales concordantes. Les constatations multipliées dans les travaux de mines, les puits artésiens, les sondages (Spcrenberg, Schladebach, Riom, etc.), les tunnels (mont Cenis,Saint-Gothard)', les observations du môme ordre, mais peutêtre encore plus frappantes pour l'esprit, qui, en Sibérie, montrent l'eau liquide existant à 125 mètres sous une croûte de glace dont la température extérieure atteint 10° au-dessous de zéro, prouvent, en effet, d'une façon uniforme, que la Terre estchaudeenprofondeur et rayonne constamment de la chaleur dans l'atmosphère. On a pu discuter sur la loi d'accroissement de cette température, qui, surtout dans les conditions, en réalité très superficielles, où nous pouvons l'observer, a des chances pour ôtre extrêmement variable suivant les points^. Mais il n'en est pas moins incontestable que, partout, sans exception, la température augmente à mesure que l'on s'enfonce dans le sol, c'est-à-dire que, des couches profondes et chaudes aux couches superficielles plus froides, il y a, nécessairement, flux de chaleur continuel, aboutissant à une déperdition dans l'espace. La Terre perd ainsi, dans chaque seconde, un certain nombre de calories, ou une certaine quantité de force vive équivalente*, qu'on pourrait songer à calculer, et le réchauffement

1. Les tunnels alpins permettent de pénétrer, au-dessous de la surface,àdes profondeurs qu'il serait impossible d'atteindre par un travail vertical. Pour l'accroissement de température, c'est alors la distance à la surface, et non la profondeur verticale, qu'il faut considérer. Mais nous verrons (p. 103) que le refroidissement par la surface couverte de neige ou de glaciers peut alors exercer une influence prédominante jusqu'à une profondeur de plusieurs centaines de mètres.

2. Les circulations des eaux souterraines froides ou chaudes, qui se font par des fissures, produisent des effets locaux. La température s'accroît moins vite dans les couches verticales (Saint-Golhard) que dans les strates horizontales (Simplon), etc. Mais surtout la constitution tectonique de la région a une inlluence prédominante. A Sperenberg (41 kilomètres Sud de Berlin), un sondage de 1.260 mètres est resté constamment dans la môme masse de sel : ce qui a permis de calculer, avec une précision spéciale, un degré géothermique moyen de 33 mètres, c'est-à-dire une élévation de 1" par 33 mètres. A Schladebach (Saxe Prussienne), on a, sur 1.748 mètres de haut, à travers des terrains variables, trouvé 3a», 70. A Paruschowitz (llaute- Silésie), sur 2.000 mètres, on a trouvé 34 mètres. Enfin, en l'JiO. on a poussé â 2.240 mètres le sondage de Gzuchow en Silésie, et l'on a constaté, d'une façon particulièrement précise, les discontinuités locales d'un accroissement qui, dans l'ensemble, aboutit néanmoins à une moyenne de 31», 80 par degré [La Nature. 24 déc. 1910) Ce sont là des résultats concordants rencontrés dans une même zone où les plissements ont cessé depuis la phase hercynienne. Près du massif volcanique de l'Auvergne, le sondage de Macholles, près Riom, a, au contraire, donné 14», 16; de même, le puits artésien de Neuffen, en Wurtemberg, a donné 10», 50 près d'un épanchement volcanique et le puits de Monte-.Massi, en Toscane, également dans une région volcanique, 13 mètres. Dans un cas inverse, sur une plateforme précambrionne, au Lac Supérieur, le degré géothermique monte à 124 mètres et, dans le plateau silurien de Bohème, à Przibram, il est de 60 mètres.

3. Cette observation est presque indépendante de la nature et de la forme du foyer, qui peut ôlre simple ou multiple, profond ou superficiel, influencé ou non par des transformations d'énergie radioactive. On a calculé que la teneur en radium des grunitescorrespondailà un dégagement de chaleur 74 foissupérieup à celui observé.

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