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3. On a fait, récemment, des expériences ingénieuses, mais qui me semblent bien discutables, pour montrer que, lorsque les laves volcaniques d'Auvergne se sont solidifiées, leurs éléments ferrugineux ont, en quelque sorte, fixé la direction de la force magnétique à l'époque corr-spondante, a-nsi qu'on avait cru également l'observer dans des débris de poteries antiques iB. Brcxhes et P. David.C.H. l'J04.8)
D» Lai'hat. — Science géologique. 8
appareil d'investigation merveilleusennent subtil, qui, en décomposant la lumière émanée des corps, pénètre dans leur constitution moléculaire plus loin que la chimie et atteint jusqu'à lindividualité de certaines parties inconnues, qui composent nos éléments simples, en manifestant les doubles, triples ou quadruples raies de leur spectre, que lélec- Iricité ou la pression influencent difîéremment. Il est probable que c'est un des instruments, dont la Science a encore le plus à attendre.
La géologie invoque le secours du spectroscope pour connaître l'ensemble de l'Univers et assimiler la composition chimique de la Terre à celle des astres divers, que le ciel nous présente à des degrés plus ou moins avancés de leur évolution. En observant ainsi un soleil incandescent, une étoile qui s'éteint, une autre déjà solidifiée, qui ne fait plus que refléter la lumière extérieure, nous voyons les phases successives, par lesquelles a passé notre Terre dans la phase cosmique de son passé. Le moment particulièrement intéressant, pendant lequel une étoile s'enflamme ou se meurt, moment qu'il a été donné quelquefois de surprendre, nous fait, en quelque sorte, toucher du doigt ces états primitifs de notre planète, à la suite desquels a pu y apparaître la vie. Et, lorsqu'on y réfléchit, il est bien étrange de penser que, lorsque nous voyons s'opérer devant nous, dans l'instant présent, cette extinction d'un astre lointain, elle a déjà eu lieu, en réalité, depuis plusieurs milliers d'années, tant la lumière qu'il nous envoie met de temps à nous parvenir; en sorte que, s'il existait aujourd'hui sur d'autres astres disséminés dans l'espace, des observateurs munis d'instruments assez perfectionnés, ils pourraient, au moment même où nous essayons de reconstituer la géologie de la Terre, en cette même seconde où nous sommes, assister à l'une ou l'autre de ses phases anciennes, voir se produire : l'un, la consolidation de sa croûte; l'autre, les mouvements des temps primaires ; un troisième, le soulèvement des Pyrénées ou des Alpes.
En outre de son application astronomique, la spectroscopie permet encore au géologue de pénétrer le mystère de ces groupements minéralogiques, où apparaissent, à l'état de traces presque infinitésimales, certains métaux rares, certaines formes de la condensation matérielle, qui, pour être exceptionnelles sur la superficie terrestre, n'en jouent pas moins peut-être un rôle important dans sa constitution plus profonde. C'est la géologie, il ne faut pas l'oublier, qui a charge d'étudier et de scruter ces associations de minerais dans leurs gisements S où apparaît l'effet d'une métallurgie naturelle, ayant disposé de forces,
1. M. À. DE Grauont a montré (Thèse devant la Faculté de Paris, 1895) que l'on