‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 66 sur 356 · VII. — Température du Soleil · texte numérisé non relu

VII. — Température du Soleil

Le Soleil est la source principale d'énergie, de chaleur, de force et l'un des plus puissants facteurs de la vie à la surface de la Terre '. Toutes les modifications, qui ont pu se produire dans l'astre central, ont eu nécessairement leur contre-coup dans notre planète, comme,

1. Voir, plus loin, page 703. On avait cru également pouvoir mesurer ainsi le mouvement des masses gazeuses dans l'enveloppe solaire et l'on était arrivé à leur attribuer des vitesses énormes ; mais on a reconnu récemment que la pression exerçait une action pertubatrice importante sur le déplacement des raies.

i. Dans la température superGcielle du globe, on peut négliger l'apport interne,

qui ne co.itribue pas pour plus de jjj de degré et qui, dès le début des périodes

géologiques, a dû être insignifiant, en raison de la très faible conductibilité des roches. Le rayonnement stellaire serait, au contraire. a"après Pocillet. capable délever la température à ISl» au-dessus du zéro absolu (273» au-dessous de zéro) soit — 142". L'effet thermique du Soleil est à peine plus considérable puisqu'en élevant la température en moyenne à 15», il contribue pour (142» + IS»), ou 137» : ce qui s'e.xplique par la très faible surface qu'il occupe dans la voûte céleste (à

P*^'"^ lôûëôô j ' "*^'* ^ ^®* variable, tandis que le rayonnement stellaire est constant et c'est, par suite, son influence, qui nous intéresse spécialement ici.

aujourd'hui encore, la moindre tache, apparaissant sur la photosphère solaire, influe sur notre régime météorologique. Il y a donc lieu, pour le géologue, d'étudier avec soin les phénomènes relatifs à la température et au mode de rayonnement solaires, qui sont peut-être les seuls capables de lui fournir, un jour, une base d'évaluation en années pour les périodes géologiques.

Parmi les questions que nous nous posons à ce sujet, les plus importantes concernent le rayonnement de la chaleur solaire, la température actuelle du Soleil et l'origine de cette énergie solaire, qui se dépense à chaque instant dans l'espace. Si nous pouvions répondre à ces questions, nous arriverions peut-être à calculer depuis combien d'années dure ce rayonnement et combien d'années il durera encore, permettant à la vie de subsister sur la Terre. Ces chiffres d'années, si grands qu'ils puissent être, sont presque nécessairement finis; car, à moins d'être alimenté en énergie par l'espace sous une forme qui nous échappe, le Soleil, source d'énergie limitée, ne peut dépenser celle-ci que pendant un temps lui-même limité.

Nous avons deux manières principales d'apprécier la température solaire : la mesure de la chaleur rayonnée par le Soleil, supposée faite en dehors de l'atmosphère terrestre et la détermination de l'intensité lumineuse dans le spectre.

Ces deux méthodes ont un semblable défaut : celui d'admettre, entre la température et un autre phénomène, soit calorifique, soit lumineux, une relation, qui a pu être observée très empiriquement dans des conditions toutes différentes, mais qui n'est, en aucune façon, démontrée pour les températures très élevées qu'atteint, en tout cas, le Soleil. C'est pourquoi les chiffres obtenus sont tellement discordants, depuis plusieurs millions de degrés jusqu'à 2.000. Cependant tous les travaux récents, entrepris par des voies différentes, ont eu pour résultat commun de rapprocher la température solaire de celle de nos foyers industriels.

Prenons d'abord les mesures de la chaleur rayonnée par le Soleil, telles qu'elles ont été appliquées par Pouillet, de Saussure, L. Soret, Crova, Michelson, AngstrOm, Fery, Violle, Dupaigne, etc....

Le procédé rudimentaire de Pouillet consistait à exposer normalement aux rayons solaires un vase cylindrique, rempli d'eau et recouvert de noir de fumée sur sa base isolée. On appréciait la vitesse d'échauffement.

Dans la méthode de l'actinomctre, beaucoup plus précise et perfectionnée surtout par M. Violle, on expose à la radiation solaire une boule thermométrique enfermée dans une enceinte sphérique de Dewar ; on laisse le thermomètre atteindre son maximum de tempéra-

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